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Une recette pour éradiquer le terrorisme

Par Ibrahim Nafie

Aucune question n'a bénéficié d'autant d'attention dans le monde, en Occident comme en Orient, comme il en a été avec le terrorisme. A tel point que ce phénomène est devenu la principale force motrice pour bien de politiques dans le monde d'aujourd'hui.

La vision occidentale a géographiquement cantonné le terrorisme à la région du Moyen-Orient en le liant aux positions politiques et économiques dominantes dans cette région. Les tenants de cette vision y voient dans la pauvreté, le chômage et la faiblesse de participation politique, des motifs alimentant le terrorisme.

C'est de ces analyses que proviennent les idées prônant une réforme politique, économique et sociale dans notre région. De là, l'attention des Occidentaux s'est tournée vers les programmes d'enseignement, qu'ils ont considérés comme un champ fertile aux idées extrémistes. D'où leurs appels à les changer.

Cette vision occidentale ne s'est pourtant pas arrêtée devant de nouvelles données : ceux qui ont dernièrement commis les actes terroristes, comme à Madrid le 11 mars, ont suivi leurs études dans des universités occidentales. Certains d'entre eux ont obtenu le titre de doctorat dans ces universités. D'autres ont vécu pendant de longues années à l'ombre de la démocratie occidentale et ses valeurs, et appartiennent à des classes sociales aisées.

Les rares Occidentaux qui ont reconnu et parlé du rôle de l'Occident lui-même dans le renforcement et la prolifération de ce phénomène, ne l'ont fait que lorsque le terrorisme a menacé leurs intérêts et leur sécurité. L'Occident a visiblement voulu se disculper et s'innocenter de ce phénomène périlleux pour faire endosser à la région du Moyen-Orient toutes ses raisons. Bien plus que les facteurs locaux, l'Occident a été et continue d'être le principal acteur au Moyen-Orient dès la fin de la seconde guerre mondiale, et même avant.

Il existe actuellement en Occident des tentatives sérieuses en vue d'intégrer les minorités qui y vivent à la culture occidentale pour se défendre contre l'extrémisme et le terrorisme. Et ce sans demander l'introduction de réformes dans les systèmes politiques ou économiques occidentaux.

Si la réforme dans les pays moyen-orientaux est un impératif exigeant une véritable coopération entre les différentes parties, elle doit toutefois émaner des populations de la région. Il est inacceptable qu'elle provienne des initiatives occidentales ignorant la réalité de la région, et qui se soucient peu des valeurs, des habitudes et des traditions de ses populations.


Une conférence contre le terrorisme

Dans ce contexte, qui peut craindre la tenue d'une conférence internationale pour lutte contre le terrorisme ? Il est dans l'intérêt de qui d'empêcher la tenue d'une telle conférence ? La réponse claire et nette est que ceux qui refusent la coopération internationale pour la lutte contre le terrorisme sont précisément ceux qui veulent faire croire au choc des civilisations et des cultures. Voire, ceux qui possèdent des plans pour la liquidation des causes mondiales les plus équitables, telle la question palestinienne.

Depuis plus de quinze ans, le président Hosni Moubarak a souligné la nécessité de tenir une conférence internationale pour lutter contre le terrorisme. Mais les puissances internationales, du moins certaines d'entre elles, ont ignoré cet appel précoce et ont cru que l'Egypte vivait une crise interne avec les groupes de violence. Une conviction démentie par la réalité des faits ces dernières années.

Cependant, certaines puissances occidentales ont réalisé l'importance de cet appel et réclamé la tenue de cette conférence après les attaques terroristes de Madrid et la tension qui existe dans certaines grandes capitales européennes.

Le président Moubarak a toutefois pris soin de mettre en garde contre une éventuelle confusion entre « terrorisme » et « résistance » légitime. Le terrorisme n'a de foi ou de motifs que dans la terreur qu'il sème, et l'assassinat pour des objectifs obscurs. Par contre, la résistance est soutenue par le droit et la légitimité internationale, comme c'est le cas de la question palestinienne.

Les puissances internationales ne doivent pas ignorer cette vérité et emboîter le pas à certains groupes de pression qui ont formulé l'idée du « choc » plutôt que du « dialogue » et de « coopération » entre les cultures. Parce que tout simplement, le résultat d'un tel concept ne sera jamais à l'avantage de quiconque. Depuis les événements terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis, les promoteurs de cette vision ne manquent pas l'occasion de prouver l'exactitude de leurs périlleuses théories.

 

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