Aucune
question n'a bénéficié d'autant d'attention dans le monde,
en Occident comme en Orient, comme il en a été avec le terrorisme.
A tel point que ce phénomène est devenu la principale force
motrice pour bien de politiques dans le monde d'aujourd'hui.
La vision occidentale
a géographiquement cantonné le terrorisme à la région du Moyen-Orient
en le liant aux positions politiques et économiques dominantes
dans cette région. Les tenants de cette vision y voient dans
la pauvreté, le chômage et la faiblesse de participation politique,
des motifs alimentant le terrorisme.
C'est de ces
analyses que proviennent les idées prônant une réforme politique,
économique et sociale dans notre région. De là, l'attention
des Occidentaux s'est tournée vers les programmes d'enseignement,
qu'ils ont considérés comme un champ fertile aux idées extrémistes.
D'où leurs appels à les changer.
Cette vision
occidentale ne s'est pourtant pas arrêtée devant de nouvelles
données : ceux qui ont dernièrement commis les actes
terroristes, comme à Madrid le 11 mars, ont suivi leurs études
dans des universités occidentales. Certains d'entre eux ont
obtenu le titre de doctorat dans ces universités. D'autres
ont vécu pendant de longues années à l'ombre de la démocratie
occidentale et ses valeurs, et appartiennent à des classes
sociales aisées.
Les rares Occidentaux
qui ont reconnu et parlé du rôle de l'Occident lui-même dans
le renforcement et la prolifération de ce phénomène, ne l'ont
fait que lorsque le terrorisme a menacé leurs intérêts et
leur sécurité. L'Occident a visiblement voulu se disculper
et s'innocenter de ce phénomène périlleux pour faire endosser
à la région du Moyen-Orient toutes ses raisons. Bien plus
que les facteurs locaux, l'Occident a été et continue d'être
le principal acteur au Moyen-Orient dès la fin de la seconde
guerre mondiale, et même avant.
Il existe actuellement
en Occident des tentatives sérieuses en vue d'intégrer les
minorités qui y vivent à la culture occidentale pour se défendre
contre l'extrémisme et le terrorisme. Et ce sans demander
l'introduction de réformes dans les systèmes politiques ou
économiques occidentaux.
Si la réforme
dans les pays moyen-orientaux est un impératif exigeant une
véritable coopération entre les différentes parties, elle
doit toutefois émaner des populations de la région. Il est
inacceptable qu'elle provienne des initiatives occidentales
ignorant la réalité de la région, et qui se soucient peu des
valeurs, des habitudes et des traditions de ses populations.