Débat.
La presse égyptienne a largement évoqué cette semaine
les rumeurs sur une éventuelle implication du ministre
de l'Habitat dans une affaire de corruption. |
Un
ministre « au banc des accusés » |
L'affaire
du ministre de l'Habitat, Ibrahim Soliman, a fait couler
beaucoup d'encre dans la presse. « Qui protège
le ministre de l'Habitat ? », « Où
est la vérité dans l'affaire du ministre de l'Habitat ? »,
« Il est probable que l'immunité parlementaire
du ministre de l'Habitat soit levée », « Mystère
sur le destin du ministre de l'Habitat ! »,
« L'énigme de l'affaire Soliman »,
titraient les journaux égyptiens.
Le
bureau du ministre de l'Habitat a-t-il réellement été
fouillé par les autorités égyptiennes, comme l'ont suggéré
certaines rumeurs ? L'éditorial de l'hebdomadaire
Al-Osboue avance deux thèses : « Soit
c'est vrai, et c'est alors une instance qui a voulu
obtenir des preuves démontrant l'implication du ministre
dans une affaire de corruption d'entrepreneurs dans
laquelle est cité le nom du frère de sa femme, Diaa
Al-Moneiri. La deuxième hypothèse, c'est qu'il y ait
des personnalités en désaccord avec le ministre et qui
veulent se venger de lui ».
Plusieurs
journaux ont cependant privilégié la première hypothèse.
Hossam Soliman affirme dans le quotidien Al-Ahrar :
« Le coût des projets d'habitations réalises
sous Ibrahim Soliman s'élève à 14 milliards de L.E.,
dont la majorité est attribuée au frère de sa femme.
L'homme de la rue a toujours eu une aversion envers
ceux qu'il appelle les ministres des riches et des hommes
d'affaires ! ». Et d'ajouter : « Le
taux d'occupation des villes nouvelles s'établit entre
4 % à 7 % seulement, et ce, pour deux raisons :
d'abord à cause du manque d'intérêt que porte le ministre
de l'Habitat aux pauvres, puis à cause de la vente de
ces terres aux investisseurs et hommes d'affaires, qui
transforment tout en affaire de business. Ainsi se perdent
les droits des habitants, et se ferment les portes devant
les pauvres », dit Hossam Soliman dans Al-Ahrar.
La
presse s'est également levée contre l'attitude du gouvernement
dans cette affaire, qualifiée d'ambiguë et manquant
de clarté. « Pourquoi donc le porte-parole du
gouvernement est sorti avec un communiqué officiel pour
démentir l'information selon laquelle les activités
du ministre ont été gelées, et a poursuivi en niant
totalement les rumeurs sur des fouilles qui auraient
été effectuées dans son bureau ? Pourquoi donc
ce silence médiatique, en se contentant de publier ce
fameux communiqué ! Le silence n'est pas un moyen
de défense, surtout devant l'opinion publique »,
a expliqué Sabri Ghoneim dans l'hebdomadaire Sawt
Al-Oumma. Pour sa part, Abdallah Al-Sennawi écrit
dans Al-Arabi sous le titre : « Qui
protège le ministre de l'Habitat ? ».
« Si le gouvernement respectait la presse, l'opinion
publique, ainsi que la loi et la Constitution, il aurait
fallu publier un communiqué niant catégoriquement le
fait des fouilles, et demandant d'ouvrir une enquête ».
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Hoda
Ghali |
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La
bataille démographique
de Sharon |
En
dépit du camouflet que lui a infligé son parti, le premier
ministre israélien se dit déterminé à mettre en œuvre
son plan de retrait de la bande de Gaza à la fin 2005.
La convention du Likoud a voté contre l'entrée dans
le gouvernement de l'opposition travailliste, une condition
jugée indispensable par Ariel Sharon pour réaliser son
« plan de séparation » d'avec les Palestiniens.
Les
raisons de cette détermination à mener à bien le retrait
de Gaza — qu'attendent d'ailleurs les Palestiniens —
sont à rechercher du côté de la hantise démographique
israélienne. « Nous ne pouvons pas ignorer les
considérations démographiques », a récemment
indiqué Sharon en allusion au fait que les Palestiniens
sont en passe de devenir majoritaires entre la Méditerranée
et le Jourdain. Si les juifs représentent environ 81 %
de la population de l'Etat d'Israël (6,7 millions d'habitants),
ils ne sont qu'un peu plus de la moitié de la population
du territoire s'étendant de la Méditerranée au Jourdain
englobant Israël et les territoires occupés. Selon les
projections démographiques, les juifs, actuellement
5,2 millions, seront en minorité d'ici à la fin de la
décennie sur le territoire qui comprend Israël, la Cisjordanie
et la bande de Gaza. Pour Sharon, garder et élargir
les colonies de la Cisjordanie impliquent la renonciation
par Israël à celles de la bande de Gaza, conformément
à son plan de retrait de Gaza qui prévoit le démantèlement
de ses 21 colonies d'ici l'automne 2005.
Le
retrait de Gaza est donc la réponse de Sharon au « danger
démographique » palestinien, au moment où l'autre
solution à la plus forte natalité chez les Palestiniens,
l'immigration des juifs en Israël, marque le pas. Seulement
quelque 24 000 immigrants, dont la moitié venant
de l'ex-URSS, sont arrivés en Israël en 2003. La baisse
s'est encore accentuée cette année où l'on a enregistré
uniquement le venue de 9 000 immigrants au cours
des six premiers mois.
L'opposition
travailliste estime depuis longtemps qu'au bout du compte,
l'occupation constitue une menace, l'Etat hébreu ne
pouvant préserver son caractère « juif »
si les juifs deviennent une minorité. Ariel Sharon,
le leader de la droite, a longtemps rejeté cet argument,
faisant miroiter la venue d'un « million d'immigrants »
en dix ans. Mais la chute libre de l'immigration depuis
quelques années, fait apparaître très improbable cet
objectif. Du coup, Sharon s'est vu obligé de s'aligner
sur l'avis des Travaillistes, considérant en juillet
qu'un retrait de la bande de Gaza où vivent 1,3 million
de Palestiniens devenait impératif pour qu'Israël conserve
son caractère juif.
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