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| Iraq .
La poursuite des bombardements américains sur Najaf risque de
faire capoter l'accord conclu à l'arraché avec le chef chiite
radical Moqtada Sadr. |
| Confusion
à Najaf |
La
situation reste toujours tendue à Najaf où, après quelques
jours d'accalmie, la violence a repris de plus belle. Lundi,
l'aviation américaine a bombardé le cimetière de Najaf, place
forte des partisans de Moqtada Sadr, alors que des affrontements
se déroulaient autour du mausolée d'Ali que les miliciens
contrôlent toujours. Une colonne de fumée noire s'est élevée
au-dessus du cimetière, l'un des plus grands au monde, quelques
secondes après une explosion de forte puissance, alors qu'un
avion américain survolait la zone. Parallèlement, des accrochages
sporadiques se sont déroulés autour du mausolée de l'imam
Ali, où sont également retranchés les partisans de M. Sadr.
« Deux roquettes ont été tirées par un hélicoptère
Apache. Une roquette a touché le mur occidental du
mausolée, et l'autre un hôtel tout proche », a déclaré
un proche de M. Sadr, Ali Hussein Ali. Cet hôtel est connu
pour loger des responsables de l'Armée du Mehdi, la milice
de M. Sadr.
Un
porte-parole de l'armée américaine a démenti ces affirmations,
déclarant que les « troupes américaines avaient riposté
à un tir hostile, mais n'avaient pas visé le mausolée ni touché
un mur ou aucun autre site saint ».
Ces
affrontements risquent de compliquer encore la procédure de
transfert du mausolée au grand ayatollah Ali Sistani qui,
selon le mouvement de M. Sadr, a été suspendue dimanche en
raison notamment d'un différend sur l'estimation des biens
du mausolée, qui sont d'une très grande valeur. Ils risquent
aussi de retarder la mission de la délégation de la Conférence
nationale iraqienne, qui s'était rendue la semaine dernière
à Najaf pour rencontrer Moqtada Sadr, et qui espère toujours
une issue pacifique à ce conflit et attend l'engagement écrit
du chef radical sur le désarmement de sa milice et le retrait
du mausolée. « Nous lui avons lancé un appel pour
lui demander de s'engager par écrit, avec sa signature, sur
les trois points votés lors de la Conférence nationale, à
savoir le retrait du mausolée (de l'imam Ali), le désarmement
de sa milice et sa transformation en parti politique »,
a indiqué cheikh Mohamad Mohamad Ali, membre de la délégation.
« Nous attendons sa réponse et quand nous la recevrons,
nous nous rendrons à nouveau là-bas », a ajouté ce
membre, qui appartient au Congrès national iraqien. Moqtada
Sadr avait accepté les conditions de la conférence nationale,
mais a exigé un cessez-le-feu pour la mise en application
des mesures décidées. Or, la poursuite des bombardements américains
risque de compromettre l'application de l'accord.
Mais
quelle que soit l'issue de la bataille du Najaf, la révolte
des chiites, ainsi que celle des autres composantes de la
résistance iraqienne, sont loin d'être terminées. Selon le
chef du Centre sur les menaces et les opportunités dépendant
du corps des Marines, Randolph Gangle, cité lundi par le quotidien
USA Today, vaincre l'insurrection iraqienne pourrait
prendre jusqu'à dix ans pour l'armée américaine.
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Poursuite
des enlèvements
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Ajoutant
à la confusion et à la situation sécuritaire chaotique en
Iraq, l'enlèvement d'étrangers se poursuit sans distinction.
A ce sujet, le Comité des oulémas musulmans, principale organisation
religieuse sunnite, s'est déclaré convaincu lundi qu'il ne
sera fait aucun mal aux deux journalistes français disparus
depuis vendredi s'ils ont été capturés par la guérilla sunnite
ou des miliciens chiites. « La position de la France
est plus honorable que celle du gouvernement iraqien concernant
la résistance (à l'occupation américaine) et ce pays
a beaucoup d'influence sur la société européenne. C'est pourquoi
je crois qu'il ne leur sera fait aucun mal si c'est une action
des moudjahidins (sunnites) », a affirmé cheikh Abdel-Salam
Al-Kobeissi, un haut responsable du Comité. Georges Malbrunot
et Christian Chesnot, journalistes au Figaro et à Radio
France Internationale (RFI), ont disparu après avoir informé
leur rédaction qu'ils entendaient se rendre à Najaf.
De
son côté, Katmandou a souligné lundi que les Népalais présents
en Iraq n'étaient pas des soldats, mais des travailleurs,
au lendemain de la publication par un groupe islamiste de
photos de 12 hommes présentés comme des otages et accusés
de collaborer avec les forces américaines. Le chef de la diplomatie
népalaise, Prakash Sharan Mahat, est intervenu sur la chaîne
de télévision Al-Jazeera au sujet des 12 hommes, pour
expliquer aux ravisseurs que le Népal ne faisait pas partie
de la coalition menée par les Etats-Unis en Iraq.
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Hicham
Mourad |
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