Pour
tenter de résorber le chômage, les autorités ont également
pris des mesures « politiques ». Il s'agit
de réintégrer les anciens du parti Baas et des
enseignants licenciés pour des raisons politiques. Des
mesures similaires ont été adoptées par les ministères
de l'Electricité, de la Reconstruction, de l'Habitat et
des Ressources hydrauliques, ainsi qu'à la mairie de Bagdad.
Les
autorités comptent aussi sur le secteur du bâtiment pour
faire face au chômage. Le ministre de la Reconstruction
et de l'Habitat, Omar Al-Farouq Al-Damlougui, a déclaré
que le plan du ministère œuvrait à employer dans les nouvelles
agglomérations urbaines plus de 10 000 ouvriers iraqiens
que des compagnies étrangères se sont engagées à employer.
Cependant, ces compagnies se sont désengagées de leurs
contrats et n'ont pas commencé les travaux aux dates déterminées.
Ce qui a poussé le ministère à charger des entrepreneurs
et des compagnies nationales à exécuter la première partie
du plan qui consiste à construire des agglomérations urbaines
à Bagdad, Kirkouk, Kerbala, Najaf, Missane et Qadessiya.
Le
ministère de la Planification a élaboré, en coopération
avec le ministère de l'Urbanisation, une étude montrant
que l'Iraq a besoin de 2 millions de nouvelles unités
de logements pour résoudre le problème du logement. Le
ministère vise à les construire avant 2007. D'autre part,
des organisations humanitaires ont déclaré leur intention
de construire 7 000 unités de logements à Baaqouba
et ont annoncé leur besoin de recruter 3 000 ouvriers.
D'autre
part, le porte-parole du ministère des Ressources hydrauliques
a déclaré que son ministère avait lancé une campagne pour
le recrutement saisonnier — de trois mois —
de plus de 20 000 personnes. Il en est de même avec
les ministères de l'Electricité, de la Santé et autres
qui ont nommé un nombre de chômeurs pour une période limitée.
Cependant, le ministère de l'Electricité a fini par embaucher
1 000 d'entre eux après l'approbation du ministère
des Finances.
Selon
Karim Al-Chérifi, chercheur à l'Université de Bagdad,
ces emplois ressemblent à des tactiques temporaires car
ils sont le fruit d'un besoin politique et non économique,
d'autant plus que les travaux dans ces secteurs sont actuellement
couverts par les dons américains et les sommes promises
par la conférence des donateurs de Madrid, dont le montant
s'élève à 35 milliards de dollars, mais dont une petite
somme seulement a été déboursée.
Et
d'ajouter que le don américain de 18 milliards de dollars
est régi par un centre en Iraq dirigé par des fonctionnaires
américains. Appelé Centre de reconstruction de l'Iraq,
c’est un centre de coordination des dépenses sur les projets
des différents ministères. Ces ministères dépensent ces
sommes en vertu d'accords avec des compagnies étrangères
comme les projets d'électricité, d'irrigation et de santé.
Cependant, le problème réside dans le fait que ces compagnies
n'ont pas tenu leurs promesses et les projets se sont
limités à ceux pouvant être exécutés par une main-d'œuvre
iraqienne, puisque celle venant de l'étranger craint pour
sa vie en raison de la situation sécuritaire dans le pays.
Face
à la lenteur et l'incapacité des autorités à traiter le
problème du chômage, les sans-emploi se sont regroupés
en une Union des chômeurs. Selon son président, Abdel-Hamid
Al-Chouély, cette union est née en réaction à la négligence
de l'Etat et en réponse à la nécessité de créer une institution
qui s'occupe de trouver des emplois aux jeunes. Cette
union organise de temps en temps des manifestations pacifiques
devant les sièges du gouvernement provisoire. |