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Football . Entretien exclusif avec les frères Hossam et Ibrahim Hassan, ex-joueurs de Zamalek, qui évolueront à partir de la prochaine saison sous les couleurs d'Al-Masri (D1).

« Notre mission à Al-Masri ne sera pas facile »

Al-Ahram Hebdo : Vous avez quitté Zamalek après 4 saisons. Pourtant, les responsables du club avaient formulé le souhait de vous garder, mais vous n'avez pas voulu rester. Avez-vous bien étudié votre décision ?

Hossam et Ibrahim : Oui, bien sûr, nous avons bien étudié cette décision, d'autant plus que nous n'avions pas d'autre alternative. Nous voulons bien clarifier aux lecteurs que la décision de quitter Zamalek était très difficile pour nous deux, mais nous n'avions pas d'autre solution. Nous avions l'intention de rester, mais c'est le club qui n'a pas voulu. Nous avions déployé tous les efforts possibles pour pouvoir rester, finalement, nous n'avons pas réussi.

— Tout le monde sait que vous aviez des problèmes avec le directeur technique Vingada, qui ne voulait pas vous aligner aux matchs, mais Vingada est parti ...

— La question est beaucoup plus grave. Nous n'avons pas quitté Zamalek pour des différends avec le directeur technique, le problème est plus grand. Depuis plusieurs semaines, avant notre départ, les membres du conseil d'administration du club se réunissaient fréquemment et discutaient à chaque fois de tous les sujets, sauf nos contrats, qui ont pris fin. Ils ont également pris des décisions relatives au renouvellement des contrats des joueurs qui se terminent en 2005 ; ils ont conclu des contrats avec de nouveaux joueurs égyptiens et étrangers, comme le nouveau joueur iraqien. Ils ont même approuvé le contrat d'un joueur suspendu par la Fédération égyptienne de football, Ibrahim Saïd. Et ils ont totalement ignoré nos contrats. Nous ignorions ce qui allait advenir de nous au club.

— Pourquoi n'avez-vous pas demandé à en savoir plus ?

— C'est difficile pour nous. Nous respectons notre histoire. Nous évoluons depuis 17 ans en D1 avec les deux clubs phares du football égyptien, Ahli et Zamalek. Nous défendons les couleurs de Zamalek depuis 4 ans et nous avons contribué à remporter 11 titres en 4 saisons, un record pour les Blancs. Depuis une saison et demie, nous avions déjà des problèmes avec les responsables du club, avec le staff technique qui ne voulait pas nous titulariser.

Franchement, nous avions pensé, à plusieurs reprises, aborder le sujet avec le président du club pour qu'il mette les points sur les i. Mais c'est lui-même qui est venu nous parler avant que l'équipe ne parte au Liban pour les derniers matchs de la Ligue arabe. Il nous a dit que Zamalek ne pouvait plus nous laisser et que le sujet du renouvellement de nos contrats était indiscutable. Nous n'avions aucun doute sur ses propos, mais nous avons compris par la suite que ce n'étaient que des paroles. Quelques jours plus tard, un membre du conseil d'administration du club a déclaré à la presse que le conseil n'allait pas renouveler nos contrats. Il a également fait des déclarations qui portaient préjudice à notre image. Nous étions vraiment vexés par ses paroles, car si le club ne voulait pas que nous restions, les membres du conseil d'administration auraient pu nous le dire directement, sans affecter notre image et sans qu'on apprenne leur décision par les journaux.

Donc, rien n'a été fait et la presse a écrit que les responsables du club agissaient de la sorte pour nous faire quitter le club, c'est-à-dire que les responsables du club veulent que notre départ vienne de nous et pas d'eux, pour que les supporters du club ne les attaquent pas, d'autant plus que les élections du club auront lieu dans quelques mois.

— Donc, vous aviez pris la décision de quitter le club ?

— Non. Nous avons décidé d'attendre et de voir ce qui allait se passer. Entre-temps, nous avons reçu la proposition du club Al-Masri. Al-Hag Sayed Métoualli, président de ce club, nous a contactés et a été même très gentil avec nous. Nous sommes très sensibles, nous respectons les gens et nous aimerions que les gens eux aussi nous respectent. Métoualli nous a dit qu'il nous observait depuis 3 ans et qu'il comptait sur nous pour que le club franchisse une nouvelle ère. Nous hésitions vu la relation très spéciale qui nous lie aux supporters de Zamalek. Nous ne voulions pas les quitter. Nous avons expliqué aux responsables de Zamalek ce qui s'était passé avec Métoualli. Ils ont cru que nous avions inventé des histoires pour faire pression sur eux. Lorsque Kamal Darwich, président de Zamalek, a su que c'était vrai et que la presse avait commencé à parler de notre transfert à Al-Masri, il nous a invités à venir au siège du club pour discuter. En arrivant, nous avons remarqué qu'il avait invité la presse et la télévision pour nous photographier, comme si nous avions accepté d'abandonner la proposition de Métoualli et que nous allions rester à Zamalek. C'était un moyen destiné à calmer la colère des supporters de Zamalek. Ils ont aussi déclaré que nous avions signé pour Zamalek, ce qui n'était pas vrai. Durant les négociations, les membres du conseil d'administration du club ont dans un premier temps refusé de nous payer la somme proposée par Al-Masri, car ils avaient la certitude que nous n'allions pas laisser le club, quelles qu'en soient les raisons. Lorsqu'ils ont senti que nous étions vraiment capables de partir, ils ont accepté de nous verser le même montant proposé par Al-Masri, mais sans payer les taxes, qui peuvent atteindre 30 ou 40 %. Evidemment, nous avons refusé. Alors, nous avons lu dans la presse des déclarations selon lesquelles si les frères Hassan veulent rester à Zamalek, ils ne doivent pas poser de conditions, sinon qu'ils partent. En d'autres termes, ils ont une deuxième fois porté atteinte à notre image dans la presse. Nous avons donc immédiatement accepté le transfert à Al-Masri. Darwich a également déclaré que nous avions posé une condition pour signer, à savoir que nous soyons titulaires, ce que nous n'avions pas demandé.

— A votre avis, pourquoi les responsables de Zamalek s'acharnent-ils à ce point contre vous ?

— C'est à cause d'une personne dont nous ne voulons pas citer le nom. Elle pense qu'elle peut tout faire avec son argent. Et parce que nous ne la flattons pas comme le font les autres joueurs, et que nous ne prenons pas son avis dans les moindres détails de notre vie. Ainsi, cette personne nous déteste et a joué un grand rôle dans tout ce qui s'est passé pour nous deux à Zamalek avec le Brésilien Capral, puis Vingada. Elle était aussi la raison pour laquelle le sélectionneur italien Tardelli a écarté Hossam de la sélection face au Soudan, bien qu'il soit l'auteur d'un doublé au dernier match amical contre le Gabon. Cette personne a réussi avec son argent et son pouvoir à devenir membre du conseil d'administration provisoire de la Fédération égyptienne de football. Elle est la responsable de notre départ de Zamalek.

— Certains ont dit que vous vouliez retourner à Ahli …

— Oui, bien sûr. Nous ne cachons pas cela. On s'attendait à ce qu'Ahli essaye de nous recruter après notre départ de Zamalek, d'autant plus que c'était le désir des supporters d'Ahli. Malheureusement, les responsables du sport égyptien ne s'intéressent pas au désir des supporters. Nous sommes conscients que notre transfert à Ahli en ce moment est presque impossible puisque la personne qui fut la cause de notre départ d'Ahli fait partie du staff technique actuellement.

— Pour en revenir au club Al-Masri, Métoualli vous a proposé un contrat de deux ans, mais vous avez refusé ...

— Nous n'avons pas refusé, mais nous avons préféré signer pour une seule année. Cela ne veut pas dire que nous ne voulons pas continuer avec Al-Masri, mais nous estimons que penser année par année serait mieux pour nous. Nous ferons de notre mieux pour qu'Al-Masri réalise une bonne performance cette année. Avec une bonne administration de club comme celle d'Al-Masri, un grand entraîneur comme Farouq Gaafar et de bons joueurs comme ceux de l'équipe, les Verts ont le droit de rêver de remporter des titres. Nous ne faisons pas de promesses de remporter des titres avec les Verts, mais nous ferons de notre pour réaliser une bonne performance au début, et si nous remportions des titres, ce serait mieux. Mais, nous savons bien que notre mission à Al-Masri ne sera pas facile.

— Vous avez aujourd'hui 38 ans, alors que vos coéquipiers, comme Ahmad Ramzi et Aymane Mansour, sont devenus entraîneurs. Quand les frères Hassan arrêteront-ils leur carrière de footballeurs ?

— (Réponse immédiate). Lorsque nous nous sentirons incapables de donner sur le terrain. Jusqu'à maintenant, et à l'âge de 38 ans, nous sentons que nous réalisons la même performance que celle des jeunes qui ont 22 ans et cela selon la presse, pas seulement selon nous. Lorsque notre effort baissera ou lorsque nous nous sentirons incapables de garder notre haut niveau et notre vivacité sur le terrain, nous arrêterons immédiatement le football.

Propos recueillis par
Amr Moheb

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