| Tebtynis
. Cette localité du Fayoum
est connue pour ses papyrus qui témoignent de la vie officielle
et intime des habitants, notamment au cours de l'époque
gréco-romaine. |
| Récits
de vie sur papyrus |
| C'est
sous un soleil ardent que se déroule la visite de Tebtynis,
l'actuelle Oum Al-Boraïgat au sud du Fayoum. Après un
kilomètre de marche sur une colline dans le vaste désert
qui entoure le site, on aperçoit beaucoup de bâtiments
antiques qui revêtent pour la plupart un aspect gréco-romain.
Mais ce n'est qu'une impression, puisque la ville de Tebtynis
rassemble trois époques différentes qui vont du IIIe siècle
jusqu'à l'époque islamique. Ce qui a été vérifié lorsque
les archéologues travaillant sur le site ont découvert
une maison dont la date de construction remonte à l'époque
fatimide.
Le site nous
révèle aussi des tas de fragments de papyrus et de petits
morceaux de poterie. « Tebtynis, c'est le site
où l'on découvre le plus de papyrus en Egypte. Ces milliers
de papyrus qu'ils soient complets ou fragmentés sont effectivement
une mine d'informations sur l'Egypte Ancienne puisqu'on
y trouve des documents écrits dans toutes les langues :
hiéroglyphique, hiératique, démotique, grecque et même
arabe », explique Saïd Hilal, inspecteur archéologique
travaillant sur le site. La plupart des papyrus de Tebtynis
révèlent les différentes phases de la vie quotidienne
des Tebtynisiens. Une grande partie de ces papyrus sont
des demandes et des exhortations d'officiers de Tebtynis,
de simples citoyens ou de commerçants qui venaient vendre
ou acheter à cet endroit. Des militaires demandaient des
permis pour prendre des congés, pour visiter leurs parents
qui se sont installés ailleurs ou pour se diriger vers
Ahnassia, la capitale de cette époque. Le nombre excessivement
grand de ce genre de papyrus témoigne que cette ville
jouait le rôle de garnison. Elle était d'ailleurs située
à un carrefour géographique et économique important pour
l'exportation de denrées vers Rome. C'est pour cette raison
que les tours cylindriques et rectangulaires y sont répandus.
Les tours cylindriques étaient occupées par les gendarmes
qui surveillaient les frontières. Quant aux tours rectangulaires,
elles étaient utilisées par les douaniers pour contrôler
les allées et venues des citoyens et des commerçants qui
venaient de villes proches comme Minya et Assiout. Ceci
dit, personne ne pouvait entrer ou sortir de Tebtynis
sans permission écrite. « Ces petits morceaux
de papyrus reflètent donc une image claire de la vie militaire
et commerciale à l'époque gréco-romaine », reprend
Hilal.
Mais les
textes nous renseignent aussi sur les aspects intimes
de la vie quotidienne. Dans un papyrus, une jeune fille
livre ses pensées : « Sera-t-elle heureuse
si elle se marie avec le prétendant qu'elle a reçu dernièrement ? ».
Un jeune homme se demande : « S'il vaut mieux
rester en Egypte ou rentrer à Rome ? ».
Une femme se plaint car son mari aime une autre, une épouse
crie son désespoir parce qu'elle est mariée depuis longtemps
et elle n'a pas eu d'enfants et bien d'autres histoires
pathétiques inscrites sur les papyrus. La plupart était
des exhortations au dieu de la cité qui lui étaient transmises
à travers les prêtres qui rapportaient aussi les réponses.
Des traditions
que l'on peut retrouver aujourd'hui avec tous les vœux
que font les Egyptiens lors de la visite des mausolées
de Hussein ou de Sayeda Zeinab.
« Une
fois le papyrus découvert, il est restauré et conservé
dans des plaques en verre. Le contenu du papyrus est traduit
et on en fait un sommaire. Tous les papyrus ainsi restaurés
sont mis dans le nouveau dépôt-musée de Kom Ochim, aussi
au Fayoum », explique l'inspecteur archéologique.
Les morceaux
de poterie éparpillés partout sur le site s'expliquent
par l'existence tout à fait au bout du site de deux fours
gréco-romains. Le premier est consacré à la fabrication
de la poterie pour faire les ustensiles et les tuyaux
des citernes d'eau, des bains publics, car la poterie
conserve la chaleur pour longtemps. L'autre four était
utilisé pour la fabrication des briques rouges servant
dans la construction des bâtiments de la ville. Des centaines
de chef-d'œuvres et d'ustensiles en poterie de toutes
les couleurs sont rassemblées, restaurées et déposées
aussi à Kom Ochim. Oum Al-Boraïgat « la mère des
tourelles » est une ville antique qui se révèle
progressivement aux archéologues.
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Dalia
Farouk |
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Un site gréco-romain inspiré
des pharaons |
| A
75 kilomètres au sud de Fayoum se trouve la ville de Tebtynis,
l'actuelle Oum Al-Boraïgat. C'est une véritable ville
gréco-romaine. Elle s'étale sur 300 feddans. Parfaitement
aménagée, elle est divisée en quartiers d'habitation.
Les immeubles de trois étages, parfaitement alignés sur
la rue, furent habités pendant 400 ans au moins. Et les
rues, tracées au cordeau, sont encore visibles de nos
jours, de même que les bains attenant à la salle de cérémonie.
A l'entrée de la ville, une grande statue du dieu du mal,
Sobek, dieu du Fayoum incarné par un crocodile, nous accueille
avant d'atteindre le grand temple en calcaire dédié à
ce même dieu. Plus d'une dizaine de belles statues de
lions en calcaire aussi, qui conservaient le temple de
tout mal, bordaient une allée de 200 m qui précède le
portail du temple. Ceci laisse imaginer que les Romains
se sont inspirés des pharaons dans la construction de
leur temple. Malheureusement, de ces belles statues il
ne reste que deux : celles du portail.
Ce temple
était entouré aussi d'un mur en pierre de 3 mètres de
hauteur qui avait pour but de protéger ce lieu sacré contre
toute intrusion.
A 500 m du
temple, il y a deux bains publics de l'époque gréco-romaine
et leurs annexes qui s'étendent sur 1 250 m2. Chaque
bain se compose de quatre salles bâties en brique rouge.
Celui du sud est consacré aux hommes tandis que celui
du nord est destiné aux femmes. On croyait avant ça que
les bains publics à l'époque gréco-romaine étaient mixtes.
Malgré l'absence de toute décoration, ces bains restent
des vestiges rares puisqu'ils sont quasiment intacts.
En fait,
une missions conjointe franco-italienne travaille sur
le site depuis 1972. Elle a mis au jour dans les dernières
années plusieurs bâtiments antiques comme le temple de
Sobek, des bains, de grands dépôts de graines et de denrées,
des écuries avec des squelettes de chevaux et d'autres
mammifères. Cette saison, la mission a découvert une salle
de réunion qui fut apparemment consacrée aux réunions
des prêtres vu qu'elle existe tout près du grand temple
de Sobek, le dieu crocodile. Les archéologues de cette
mission ont découvert aussi deux maisons entières avec
leurs dépôts, et leurs écuries. Après la découverte de
chaque bâtiment, la mission adopte un programmes de restauration.
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Dalia
Farouk |
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