Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Patrimoine

La Une
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Tebtynis . Cette localité du Fayoum est connue pour ses papyrus qui témoignent de la vie officielle et intime des habitants, notamment au cours de l'époque gréco-romaine.

Récits de vie sur papyrus

C'est sous un soleil ardent que se déroule la visite de Tebtynis, l'actuelle Oum Al-Boraïgat au sud du Fayoum. Après un kilomètre de marche sur une colline dans le vaste désert qui entoure le site, on aperçoit beaucoup de bâtiments antiques qui revêtent pour la plupart un aspect gréco-romain. Mais ce n'est qu'une impression, puisque la ville de Tebtynis rassemble trois époques différentes qui vont du IIIe siècle jusqu'à l'époque islamique. Ce qui a été vérifié lorsque les archéologues travaillant sur le site ont découvert une maison dont la date de construction remonte à l'époque fatimide.

Le site nous révèle aussi des tas de fragments de papyrus et de petits morceaux de poterie. « Tebtynis, c'est le site où l'on découvre le plus de papyrus en Egypte. Ces milliers de papyrus qu'ils soient complets ou fragmentés sont effectivement une mine d'informations sur l'Egypte Ancienne puisqu'on y trouve des documents écrits dans toutes les langues : hiéroglyphique, hiératique, démotique, grecque et même arabe », explique Saïd Hilal, inspecteur archéologique travaillant sur le site. La plupart des papyrus de Tebtynis révèlent les différentes phases de la vie quotidienne des Tebtynisiens. Une grande partie de ces papyrus sont des demandes et des exhortations d'officiers de Tebtynis, de simples citoyens ou de commerçants qui venaient vendre ou acheter à cet endroit. Des militaires demandaient des permis pour prendre des congés, pour visiter leurs parents qui se sont installés ailleurs ou pour se diriger vers Ahnassia, la capitale de cette époque. Le nombre excessivement grand de ce genre de papyrus témoigne que cette ville jouait le rôle de garnison. Elle était d'ailleurs située à un carrefour géographique et économique important pour l'exportation de denrées vers Rome. C'est pour cette raison que les tours cylindriques et rectangulaires y sont répandus. Les tours cylindriques étaient occupées par les gendarmes qui surveillaient les frontières. Quant aux tours rectangulaires, elles étaient utilisées par les douaniers pour contrôler les allées et venues des citoyens et des commerçants qui venaient de villes proches comme Minya et Assiout. Ceci dit, personne ne pouvait entrer ou sortir de Tebtynis sans permission écrite. « Ces petits morceaux de papyrus reflètent donc une image claire de la vie militaire et commerciale à l'époque gréco-romaine », reprend Hilal.

Mais les textes nous renseignent aussi sur les aspects intimes de la vie quotidienne. Dans un papyrus, une jeune fille livre ses pensées : « Sera-t-elle heureuse si elle se marie avec le prétendant qu'elle a reçu dernièrement ? ». Un jeune homme se demande : « S'il vaut mieux rester en Egypte ou rentrer à Rome ? ». Une femme se plaint car son mari aime une autre, une épouse crie son désespoir parce qu'elle est mariée depuis longtemps et elle n'a pas eu d'enfants et bien d'autres histoires pathétiques inscrites sur les papyrus. La plupart était des exhortations au dieu de la cité qui lui étaient transmises à travers les prêtres qui rapportaient aussi les réponses.

Des traditions que l'on peut retrouver aujourd'hui avec tous les vœux que font les Egyptiens lors de la visite des mausolées de Hussein ou de Sayeda Zeinab.

« Une fois le papyrus découvert, il est restauré et conservé dans des plaques en verre. Le contenu du papyrus est traduit et on en fait un sommaire. Tous les papyrus ainsi restaurés sont mis dans le nouveau dépôt-musée de Kom Ochim, aussi au Fayoum », explique l'inspecteur archéologique.

Les morceaux de poterie éparpillés partout sur le site s'expliquent par l'existence tout à fait au bout du site de deux fours gréco-romains. Le premier est consacré à la fabrication de la poterie pour faire les ustensiles et les tuyaux des citernes d'eau, des bains publics, car la poterie conserve la chaleur pour longtemps. L'autre four était utilisé pour la fabrication des briques rouges servant dans la construction des bâtiments de la ville. Des centaines de chef-d'œuvres et d'ustensiles en poterie de toutes les couleurs sont rassemblées, restaurées et déposées aussi à Kom Ochim. Oum Al-Boraïgat « la mère des tourelles » est une ville antique qui se révèle progressivement aux archéologues.

Dalia Farouk
Un site gréco-romain inspiré des pharaons

A 75 kilomètres au sud de Fayoum se trouve la ville de Tebtynis, l'actuelle Oum Al-Boraïgat. C'est une véritable ville gréco-romaine. Elle s'étale sur 300 feddans. Parfaitement aménagée, elle est divisée en quartiers d'habitation. Les immeubles de trois étages, parfaitement alignés sur la rue, furent habités pendant 400 ans au moins. Et les rues, tracées au cordeau, sont encore visibles de nos jours, de même que les bains attenant à la salle de cérémonie. A l'entrée de la ville, une grande statue du dieu du mal, Sobek, dieu du Fayoum incarné par un crocodile, nous accueille avant d'atteindre le grand temple en calcaire dédié à ce même dieu. Plus d'une dizaine de belles statues de lions en calcaire aussi, qui conservaient le temple de tout mal, bordaient une allée de 200 m qui précède le portail du temple. Ceci laisse imaginer que les Romains se sont inspirés des pharaons dans la construction de leur temple. Malheureusement, de ces belles statues il ne reste que deux : celles du portail.

Ce temple était entouré aussi d'un mur en pierre de 3 mètres de hauteur qui avait pour but de protéger ce lieu sacré contre toute intrusion.

A 500 m du temple, il y a deux bains publics de l'époque gréco-romaine et leurs annexes qui s'étendent sur 1 250 m2. Chaque bain se compose de quatre salles bâties en brique rouge. Celui du sud est consacré aux hommes tandis que celui du nord est destiné aux femmes. On croyait avant ça que les bains publics à l'époque gréco-romaine étaient mixtes. Malgré l'absence de toute décoration, ces bains restent des vestiges rares puisqu'ils sont quasiment intacts.

En fait, une missions conjointe franco-italienne travaille sur le site depuis 1972. Elle a mis au jour dans les dernières années plusieurs bâtiments antiques comme le temple de Sobek, des bains, de grands dépôts de graines et de denrées, des écuries avec des squelettes de chevaux et d'autres mammifères. Cette saison, la mission a découvert une salle de réunion qui fut apparemment consacrée aux réunions des prêtres vu qu'elle existe tout près du grand temple de Sobek, le dieu crocodile. Les archéologues de cette mission ont découvert aussi deux maisons entières avec leurs dépôts, et leurs écuries. Après la découverte de chaque bâtiment, la mission adopte un programmes de restauration.

Dalia Farouk
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631