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Société civile . Un rassemblement indépendant regroupant 14 organisations de défense des droits de l'homme, formé en mai dernier, a commencé ses activités ce mois-ci. Il aborde des questions très controversées et s'attend à des confrontations avec le Conseil national pour les droits de l'homme.
Le front des activistes des droits de l'homme
« En solidarité avec le Centre Al-Nadim contre les restrictions imposées à la société civile ». C'est sous ce titre que le Rassemblement national des organisations de défense des droits de l'homme a tenu, la semaine dernière au Caire, une conférence de soutien au Centre Al-Nadim pour la réhabilitation psychologique des victimes de la torture qui risque d'être fermé. Il s'agit de la deuxième mission prise en charge par ce rassemblement regroupant 14 organisations de défense des droits de l'homme. En fait, depuis l'annonce de sa création en mai dernier, ce dernier a formé une commission pour la défense des responsables de la production du film controversé Baheb al-cima, qui ont été traduits en justice par des avocats et des hommes de religion chrétiens qualifiant ce film d'insulte contre le christianisme. Une activité remarquable qui annonce donc un rassemblement fort et déterminé à relancer le statut des droits de l'homme en Egypte. C'est ce qui a été annoncé dans la déclaration de création du Rassemblement national des organisations de défense des droits de l'homme. Selon ce document, le rassemblement a pour objectif de devenir : « un cadre pour le dialogue, la consultation, la complémentarité et la solidarité entre les organisations égyptiennes de défense des droits de l'homme ». Toujours selon le document d'inauguration du rassemblement, celui-ci vise à : « coordonner entre les organisations pour répandre les principes des droits de l'homme, y sensibiliser les gens à travers les médias et faire face aux infractions aux droits de l'homme en Egypte ».

L'idée de la création de ce rassemblement a commencé en 2003 à la suite d'une crise par a touché l'Organisation Egyptienne pour les Droits de l'Homme (OEDH). En fait, à cette époque, le secrétaire général de l'OEDH, Hafez Abou-Seada, avait été arrêté parce que son organisation avait émis un rapport sur les incidents interconfessionnels d'Al-Kocheh (Haute-Egypte). Mais l'idée a été mise en sourdine avec la fin de cette crise puis a revu le jour à la suite de la création du Conseil national pour les droits de l'homme. C'est effectivement grâce à ce dernier que le rassemblement a vu le jour. « Ce Conseil gouvernemental a réussi à nous réunir malgré les divergences qui existent entre les organisations car nous avons ressenti qu'il s'agissait d'un véritable danger face à nos associations », affirme Amir Salem, secrétaire général du Rassemblement national pour les droits de l'homme. Salem était pourtant pour l'idée de la création d'un conseil pareil. Il avait déclaré à plusieurs reprises, avant la formation du conseil, qu'il s'agissait d'un changement dans l'attitude du gouvernement vis-à-vis des droits de l'homme. « Le fait qu'il y ait un Conseil national connu officiellement pour être chargé des affaires des droits de l'homme est un grand acquis. C'est déjà une reconnaissance que ce domaine est légal. Et donc la personne qui travaille dans ce domaine ne sera plus suspecte », c'est ce qu'espérait Salem.

Or, 5 mois après la création du Conseil national pour les droits de l'homme, par un décret présidentiel et dont les membres ont été nommés par le Conseil consultatif, les activistes ont constaté qu'il s'agissait d'une nouvelle contrainte mise par le gouvernement à l'action des droits de l'homme en Egypte. C'est dans ce contexte que le Rassemblement national pour les droits de l'homme a donc été créé. « Je suis optimiste de la création de ce rassemblement. Ce dernier a ouvert la voie à l'action collective dans le domaine des droits de l'homme », estime Ahmad Seiffel-Islam, directeur du Centre juridique Hicham Moubarak qui fait partie du nouveau rassemblement. Et d'ajouter : « Jusqu'à présent, le conseil n'a pas fait d'erreur flagrante. Il s'est annoncé pourtant trop pro-gouvernemental lorsqu'il il est revenu sur sa décision après avoir mis à la tête de ses intérêts l'annulation de la loi d'urgence. Il a finalement repris ce projet à la suite des critiques qui lui ont été adressées. Tout ceci n'est pas prometteur bien que les responsables de cette instance insistent à dire qu'il s'agit d'une formation indépendante ».

Du côté du conseil, on affirme bien accueillir la création du Rassemblement national pour les droits de l'homme. « Nous sommes prêts à coopérer avec ce rassemblement, car notre rôle est de coopérer avec toutes les associations des droits de l'homme », affirme Hafez Abou-Seada, secrétaire général de l'OEDH qui ne fait pas partie du rassemblement, et président de la commission des plaintes et porte-parole du Conseil national pour les droits de l'homme. Abou-Seada ne s'attend pas à des affrontements entre les deux instances. Pourtant, il affirme qu'en cas de problèmes « le Conseil se réunira pour prendre les mesures nécessaires » sans définir la nature de ces mesures.

Ola Hamdi
Yolande Youssef

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