Le
problème iraqien et la détérioration de la situation dans les
territoires palestiniens ont été au centre des discussions cette
semaine entre le président Moubarak et plusieurs dirigeants
arabes et européens. Le chef de l'Etat a reçu tout d'abord jeudi
le premier ministre iraqien Iyad Allaoui et le chef de la diplomatie
syrienne Farouq Al-Chareh. Dimanche, il s'est entretenu avec
le roi de Bahreïn, cheikh Hamad bin Issa Al Khalifa. Mardi,
ce fut autour du président syrien, Bachar Al-Assad, et du chef
de la diplomatie espagnole, Miguel Moratinos, de s'entretenir
avec le chef de l'Etat. Quant au secrétaire d'Etat américain,
Colin Powell, il est attendu ce mercredi au Caire.
Iyad Allaoui, qui
effectuait sa première visite officielle au Proche-Orient, a
demandé au président Moubarak d'intervenir auprès des autres
pays arabes pour qu'ils envoient des troupes à Bagdad afin de
protéger la mission de l'Onu. « Cette mission a un rôle
important et il faut qu'elle soit protégée », a indiqué
le premier ministre iraqien au terme de son entretien avec le
chef de l'Etat. L'Egypte et l'Iraq étudient les modalités d'une
participation égyptienne à la formation de la police iraqienne
et à la reconstruction en Iraq. La visite au Caire d'Iyad Allaoui
a coïncidé avec l'enlèvement à Bagdad d'un diplomate égyptien
(voir encadré). Cet incident a incité les responsables égyptiens
à une certaine réserve. Le Caire a annoncé qu'il n'enverrait
pas de troupes en Iraq, mais qu'il était prêt à former des policiers
iraqiens sur son sol en vue de prendre en charge la sécurité
dans le pays. Les modalités de cette coopération seraient actuellement
à l'étude. C'est ce qu'a affirmé le ministre des Affaires étrangères,
Ahmad Aboul-Gheit. « L'Egypte réaffirme que l'envoi
de forces ou de militaires égyptiens en Iraq est une question
nullement envisagée », a déclaré Aboul-Gheit. Le chef
de la diplomatie a plaidé pour une non-ingérence dans les affaires
intérieures de l'Iraq et a appelé à une condamnation des actes
terroristes contre les civils iraqiens, des prises d'otages,
des attentats contre les organismes gouvernementaux et religieux
et les missions diplomatiques. L'Egypte, qui a accueilli cette
semaine une réunion des pays frontaliers de l'Iraq destinée
à examiner la situation dans ce pays, appelle à l'évacuation
des troupes étrangères stationnées à Bagdad.
L'autre grand sujet
qui a fait l'objet de discussions cette semaine entre le président
Moubarak et les dirigeants arabes est la situation dans les
territoires palestiniens occupés. Cette question a été notamment
au menu des entretiens entre le chef de l'Etat et cheikh Hamad
bin Issa Al Khalifa ainsi qu'avec le président syrien Bachar
Al-Assad. L'Egypte a proposé d'envoyer des instructeurs pour
former des policiers palestiniens capables de prendre en charge
la sécurité à Gaza après un éventuel retrait unilatéral israélien.
Elle a conditionné cette initiative à l'accord des Palestiniens
et des Israéliens et à leur engagement à ne pas prendre pour
cibles ses officiers instructeurs. Magued Abdel-Fattah, porte-parole
de la présidence de la République, a indiqué cette semaine que
Le Caire était en contact avec le premier ministre palestinien
Ahmad Qorei et le président Yasser Arafat pour tenter de contenir
la crise palestinienne et de trouver une solution à l'impasse
actuelle. « Le problème ne réside pas dans la confiance
accordée au président Arafat. Cette confiance existe, parce
qu'Arafat est un président élu et qu'il ne peut y avoir de solution
politique sans le président Arafat, seul capable de réaliser
un accord de paix entre Israël et les Palestiniens »,
a ajouté le porte-parole. L'Egypte a affirmé qu'Ahmad Qorei
doit avoir un rôle accru dans la supervision de la police palestinienne
parallèle à celui de Yasser Arafat. « Nous avons demandé
l'unification des organes de sécurité palestiniens et que le
premier ministre soit doté d'une autorité sur ces organes, parallèle
à celle exercée par le président Yasser Arafat », a
déclaré Magued Abdel-Fattah. « L'Egypte ne veut isoler
personne, ni donner plus d'autorité aux uns par rapport aux
autres, mais il est nécessaire de donner au premier ministre
le pouvoir lui permettant de superviser les différents organes
de la sécurité palestinienne », a-t-il ajouté, en soulignant
toutefois que c'est aux Palestiniens de décider eux-mêmes.
Le secrétaire d'Etat
américain, Colin Powell, est attendu cette semaine au Caire
pour discuter de la situation en Iraq et du processus de paix
au Proche-Orient. Ahmad Aboul-Gheit avait déclaré dans un premier
temps qu'un dialogue entre Palestiniens, Américains, Israéliens
et Egyptiens est nécessaire pour l'application de l'initiative
égyptienne prévoyant l'envoi d'officiers instructeurs à Gaza
pour former des policiers palestiniens qui prendraient en charge
la sécurité dans ce territoire après un éventuel retrait israélien.
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