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Iraq. Des efforts sont actuellement en cours pour libérer le diplomate égyptien enlevé vendredi en Iraq

Nouvel otage égyptien

Quatre jours après l'enlèvement du diplomate égyptien Mohamad Mamdouh Qotb en Iraq, son sort n'est pas encore déterminé. Les ministres du gouvernement provisoire iraqien se sont déclarés mobilisés depuis samedi pour tenter de trouver les moyens de libérer le diplomate. Tout a commencé lorsque l'ambassade égyptienne en Iraq a annoncé l'enlèvement de Qotb, le troisième homme de la mission égyptienne à Bagdad. Les ravisseurs du diplomate qui se présentaient comme le groupe « Les lions d'Allah (Dieu) », ont affirmé qu'ils l'ont enlevé en réponse à l'offre faite par le premier ministre égyptien, Ahmad Nazif, d'aider l'Iraq avec l'expertise sécuritaire. En fait, l'Egypte avait affirmé sa disposition à participer à la formation de la police iraqienne et à la reconstruction en Iraq, à l'occasion de la visite mercredi au Caire du premier ministre iraqien, Iyad Allaoui. Ce dernier avait déclaré souhaiter la participation de troupes arabes pour assurer la protection de la mission de l'Onu à Bagdad. Or, l'Egypte avait annoncé qu'elle n'enverrait pas de troupes en Iraq, mais qu'elle était prête à former des policiers iraqiens sur son sol. Les modalités de cette coopération sont actuellement à l'étude.

Les détails de la disparition de l'otage n'ont pas été officiellement annoncés. Pourtant, des sources anonymes de la mission égyptienne en Iraq ont affirmé que Qotb avait disparu après s'être rendu à la prière du soir dans le quartier de Harthiya à Bagdad, où il vit, et qu'il n'est plus revenu depuis. Mohamad Qotb, qui a été qualifié de diplomate expérimenté, se déplaçait parfois seul dans une voiture blindée. La section d'intérêts égyptienne a affirmé ne rien savoir sur le lieu de détention du diplomate et n'avoir reçu aucune demande de rançon.

L'enlèvement de Qotb est survenu 48 heures après celui de sept chauffeurs de camions, dont un Egyptien, employés d'une société koweïtienne. Qotb est ainsi l'otage égyptien numéro quatre. Il est pourtant le premier diplomate à être kidnappé. Qotb était lui-même présent à l'ambassade lors de la libération, lundi, d'un chauffeur de camion égyptien, Sayed Mohamad Al-Gharbawi, relâché après plus de deux semaines de captivité en Iraq. A la suite des deux derniers enlèvements, le ministre des Affaires étrangères, Ahmad Aboul-Gheit, a réaffirmé vendredi soir que l'Egypte n'envisageait « absolument pas » d'envoyer des forces ou de militaires en Iraq. « Le diplomate enlevé travaillait pour bâtir les relations de fraternité liant les peuples iraqien et égyptien », a souligné Aboul-Gheit. Il a également assuré que les tentatives de libération concernent les deux otages en question. « Nous n'allons pas laisser les deux citoyens égyptiens dans cette situation ». Il a pourtant ajouté que la question de l'enlèvement d'un diplomate égyptien est sensible et nécessite « beaucoup de contacts ».

Pour sa part, le premier ministre iraqien, Iyad Allaoui, a pressé samedi l'Egypte de ne pas céder aux demandes des ravisseurs. « Il ne faut pas accéder aux demandes des terroristes. Il est regrettable que les Philippines l'aient fait. Il est temps pour nous de serrer les rangs. Toutes les sociétés civilisées doivent combattre le terrorisme », a déclaré M. Allaoui lors d'une conférence de presse à Damas où il effectue une visite depuis vendredi. Et d'ajouter : « J'espère que l'otage sera libéré. Nous n'allons pas renoncer à lutter contre le terrorisme. Le gouvernement iraqien fera de son mieux, nous allons gagner ».

Selon Hassan Abou-Taleb, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d'Al-Ahram, l'Egypte se trouve dans une situation difficile. Car l'enlèvement d'un diplomate est un signe d'escalade de la part des groupes de ravisseurs iraqiens. « L'Egypte peut ne pas déclarer clairement sa position vis-à-vis du gouvernement iraqien provisoire. Mais ceci ne peut pas durer longtemps. Tôt ou tard, l'Egypte doit annoncer son soutien à ce gouvernement. Ce qui pour les ravisseurs est une sorte de soutien à l'occupation américaine », conclut Abou-Taleb.

Sabah Sabet

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Les otages étrangers en Iraq
Les insurgés en Iraq ont enlevé en un mois près de 70 personnes en vue de chasser les forces de la coalition et de perturber les efforts de reconstruction. Voici quelques données sur certains d'entre eux :
Otages détenus :

— Raad Adnane, directeur général de la société de travaux publics Al-Mansour Contracting travaillant pour le gouvernement. Enlevé le 24 juillet, cet ingénieur ayant appartenu au Baas avait contribué à la construction de palais de Saddam Hussein.

— Mohamad Mamdouh Helmi Qotb, diplomate égyptien enlevé le 23 juillet. Le groupe l'ayant enlevé a expliqué que l'Egypte voulait détacher des experts en sécurité auprès du gouvernement iraqien.

— Les Kenyans Ibrahim Khamis, Salm Faiz Khamis et Jalal Awadh, les Indiens Antaryami, Tilak Raj et Sukdev Singh, l'Egyptien Mohamad Ali Sanad. Enlevés le 21 juillet. Leurs ravisseurs ont menacé de décapiter ces chauffeurs de camions si leur employeur koweïtien ne cesse pas ses activités en Iraq et si leurs pays respectifs ne rapatrient pas leurs ressortissants.

— Rifaat Mohamad Rifaat : ce personnel pénitentiaire canadien a été enlevé le 8 avril.

— Aban Elias : cet Iraqo-américain âgé de 41 ans est détenu depuis le 3 mai.

— Ivaïlo Kepov : ce camionneur bulgare enlevé le 9 juillet est peut-être mort. Un corps décapité retrouvé dans les eaux du Tigre est en cours d'identification.

Otages exécutés :

— Georgi Lazov : ce camionneur bulgare de 30 ans a été enlevé le 9 juillet. Son corps décapité a été retrouvé le 14 juillet dans le Tigre.

— Le soldat américain Keith Maupin, 20 ans : une chaîne arabe a annoncé sa mort le 29 juin. L'armée américaine ne l'a pas confirmé.

— Kim Sun-il, un traducteur sud-coréen de 33 ans. Décapité le 22 juin par un groupe proche d'Al-Qaëda.

— Hussein Ali Alyan, un ouvrier du bâtiment libanais âgé de 26 ans. Retrouvé abattu le 12 juin.

— Fabrizio Quattrocchi, un vigile italien de 35 ans. Tué le 14 avril après avoir été enlevé avec trois compatriotes deux jours plus tôt par un groupe inconnu, le « Bataillon vert ».

— Nicholas Berg, un spécialiste en télécommunications américain âgé de 26 ans. Décapité par un groupe proche d'Al-Qaëda après son enlèvement en avril.

Otages évadés :

— Thomas Hamill, un camionneur américain de 44 ans. Il a échappé à ses ravisseurs le 2 mai après avoir été blessé dans une embuscade le 9 avril.

— Radoslaw Kadri, homme d'affaires polonais. A échappé à ses ravisseurs en se jetant de la voiture qui l'emmenait après son enlèvement le 1er juin.

Otages libérés ou secourus :

— Treize Turcs, cinq Japonais, trois Tchèques, trois Italiens, deux Libanais, deux Russes, un Egyptien, un Pakistanais, un Français, un Chinois, un Polonais, un Canado-syrien et un Arabe chrétien de Jérusalem-Est.

Disparus :

— Les camionneurs américains William Bradley et Timothy Bell, vus la dernière fois le 9 avril lors de l'attaque de leur convoi.

— Le Jordanien Waël Mamdouh, disparu depuis le 12 avril.

AP
 

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