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Réorganiser
les rangs palestiniens :
Une nécessité urgente |
Par
Ibrahim Nafie |
Les
territoires palestiniens ont été dernièrement témoins de nombreux
événements et évolutions négatives qui se sont répercutés
sur la lutte nationale palestinienne. D'où des répercussions
néfastes sur les efforts internationaux et régionaux visant
à tirer profit du jugement historique de la Cour Internationale
de Justice (CIJ) relatif à l’illégitimité du mur de séparation.
Ces événements ont commencé avec l’enlèvement du colonel Ghazi
Al-Guébali, directeur de la police générale en Cisjordanie,
suivi par un autre enlèvement, celui d'un responsable de la
sécurité nationale. Ceci sans oublier l'enlèvement de 4 volontaires
français venus dans les territoires palestiniens en mission
humanitaire.
La situation s'est vite dégradée, ce qui a poussé le premier
ministre Ahmad Qorei à présenter la démission de son gouvernement.
Cette démission est selon lui justifiée étant donné la dégradation
sans précédent de la situation sécuritaire et le chaos qui
sévit dans les territoires palestiniens, sans compter l’incapacité
du gouvernement palestinien à introduire des changements dans
de telles circonstances.
En fait, les derniers événements survenus sur la scène
palestinienne ont pris un tournant dangereux. Car cette fois-ci,
le défi est lancé par les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa,
aile militaire du mouvement Fatah présidé par le président Arafat.
Ce sont des éléments appartenant à ce mouvement qui ont commis
les enlèvements et attaqué les membres de la sécurité nationale,
ce qui a largement porté atteinte à l’image de la lutte palestinienne.
C'est la raison pour laquelle Arafat a décidé de regrouper
les services de sécurité palestiniens en trois appareils,
à savoir la sécurité générale sous la direction du colonel
Moussa Arafat, la police présidée par le colonel Saëb Al-Agez
et les services de renseignements présidés par le colonel
Amin Al-Hendi. Mais une fois de plus, la situation a explosé,
et des membres des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa ont protesté
contre la nomination de Moussa Arafat.
Des attaques armées ont eu lieu et les sièges de la sécurité
palestinienne ont été incendiés. Et là encore, Arafat a cédé
aux pressions en désignant Abdel-Razeq Al-Mogayda comme directeur
général de la sécurité nationale à Gaza et en Cisjordanie.
Arafat a tout de même nommé Moussa Arafat responsable de la
sécurité à Gaza et Ismaïl Gabr en Cisjordanie. Mais le premier
ministre s'en est tenu à sa démission. Il a déclaré qu’il
était grand temps d’activer les services de sécurité sur des
bases correctes. Les événements qui ont eu lieu la semaine dernière sont
dus en premier lieu à une mauvaise organisation sécuritaire
et à l’absence d’une vision palestinienne commune. Ces événements
confirment les prévisions de l'Egypte, qui a réclamé dès le
début la création d'un appareil de sécurité palestinien uni
et solide capable de garantir la stabilité des territoires
palestiniens après le retrait israélien de Gaza. L'Egypte
estimait que l’absence d’un tel pas aboutirait à de graves
problèmes et porterait atteinte à l’image de l’Autorité palestinienne
qui paraîtrait affaiblie et incapable de gérer un petit territoire.
Ce qui donnera un excellent prétexte aux Israéliens pour ne
pas se retirer de la Cisjordanie. Et c’est en effet ce qui
s'est produit. Sharon a saisi cette opportunité pour justifier
son affirmation qu'il n'y a pas de partenaire palestinien.
Selon lui, « les derniers événements prouvent l’absence d’un partenaire palestinien
dans le processus politique ». Dans ce même contexte,
le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul-Gheit,
a affirmé que les enlèvements qui ont eu lieu la semaine dernière
ont affaibli la position palestinienne. Il a appelé les Palestiniens
à unir les rangs afin de prouver au monde entier qu'ils sont
aptes à assumer leurs responsabilités et à établir un Etat
fondé sur le respect du droit et des institutions.En
ce qui concerne l'Egypte, notre pays a déployé des efforts
louables afin d'investir le retrait unilatéral d’Israël de
la bande de Gaza en tant que mesure marquant le début de la
mise à exécution de la Feuille de route. L'Egypte était tout
à fait consciente des risques liés à ce plan de retrait israélien.
Malgré toutes les difficultés, Le Caire a poursuivi ses efforts
en mettant en application son plan qui consiste à consacrer
les mois d'août et septembre au dialogue avec les factions
palestiniennes.
Il reste à dire qu'il est grand temps que nous déployions
le maximum d'efforts et que nous tenions à nos engagements
pour éviter que le monde nous considère comme la région des
chances perdues.D’autre part, il est indispensable
de prouver que nous sommes sérieux dans notre quête de la
paix et que notre première priorité est de préserver les intérêts
de notre nation. Ceci oblige donc le président Arafat, ainsi
que l'Autorité palestinienne, à entamer les réformes requises,
en commençant par la réforme des services sécuritaires. Il
incombe de même à l'Autorité palestinienne de mettre en place
un agenda d'action nationale en coopération avec toutes les
factions et les organismes palestiniens pour être en mesure
de traiter toute initiative, suggestion ou plan, quels que
soient les risques. En l'absence d'une telle mesure, nous
risquons de perdre toute opportunité de règlement politique
de la cause palestinienne. Plus encore, le monde ne nous prendra
jamais au sérieux et nos chances de voir émerger un Etat palestinien
vivant aux côtés de l'Etat hébreu se dissiperont.
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