Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Kiosque

La Une
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie
Carrefour
de Mohamed Salmawy
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Presse. L'actualité au Proche-Orient a fait la Une de la presse égyptienne et arabe de cette semaine. Mais cette fois-ci, il n'était pas question du conflit israélo-palestinien mais de la confusion qui règne au sein de l'Autorité elle-même.

Sauver l'unité palestinienne

L'anarchie qui règne au sein de l'Autorité palestinienne depuis plus d'une semaine a suscité de nombreux commentaires dans la presse égyptienne et arabe, qui n'a pas ménagé ses mots. « Arafat, changez au lieu d'être changé », « Palestine, le conflit du pouvoir », « Anarchie et conflit, la catastrophe approche », « Arafat, il est temps de partir », « La poursuite des réformes et la lutte contre les querelles intestines doivent être la préoccupation première de la direction palestinienne », « La réforme est la réponse immédiate à la pagaille sécuritaire à Gaza », « L'ordre et la paix sociale doivent régner », tels ont été les titres de la presse de cette semaine.

« Si Arafat prenait en considération les conseils et entamait immédiatement un véritable changement dans le but de mettre en place des réformes démocratiques, sécuritaires et matérielles, il pourrait regagner la confiance de ses proches. Les choses changeraient, et il y aurait alors une ouverture politique dans les négociations pour la Feuille de route au lieu du gel actuel. Le peuple palestinien pourrait alors respirer », a expliqué Ragab Al-Banna dans son éditorial de l'hebdomadaire Octobar.

La plupart des éditorialistes ont expliqué cet état « chaotique » dans lequel se trouvent les Palestiniens par la corruption qui y règne. A commencer par Bilal Al-Hassan, qui explique dans le quotidien arabe Al-Charq Al-Awsat : « Combattre la corruption est devenu une urgence ». « L'explosion actuelle de la situation dans les Territoires n'est pas une surprise. Ce qui étonne, c’est que cette explosion ait autant tardé. Il est clair que la corruption règne. Le fait qu'Arafat reporte la bataille contre la corruption, en attendant que se termine la bataille politique contre l'occupant, est un point faible dans sa politique. Ce dont profitent de nombreux corrompus », poursuit Al-Hassan. L'hebdomadaire Al-Osboue souligne pour sa part que « la corruption s'est propagée comme le cancer dans le corps palestinien ».

Mais Al-Ahram, quant à lui, insiste sur le fait que « l'unité palestinienne est nécessaire pour tirer profit de la position internationale au sujet du mur de séparation ». « La direction palestinienne doit être pleinement consciente de la tension et du malaise de la rue palestinienne. Il est urgent de faire face aux tentatives des clivages et à la scission dans les rangs palestiniens », a souligné de son côté le quotidien Al-Gomhouriya.

« Réaliser d'abord l'unité du Fatah, et celle des appareils de sécurité, puis mettre au point un programme d'unité nationale. Tel est le seul but des Palestiniens », écrit Salwa Abou-Seada dans le magazine hebdomadaire Al-Moussawar.

Mais tout le monde n'est pas du même avis. Certains pensent que la corruption est un faux problème. C'est ce qui amène Gihane Fawzi à écrire dans l'hebdomadaire nassérien Al-Arabi : « Les Etats-Unis et Israël sont les vrais parrains de la corruption au sein de l'Autorité, car la plupart des affaires louches sont conclues avec la participation israélienne et une protection américaine. Ensuite, les Palestiniens qui réclament des réformes sont les premiers accusés de corruption ». Corruption ou pas, l'urgence des réformes s'impose.

Hoda Ghali
Retour au sommaire
L'Autorité en manque d'autorité

Les désordres et l'incertitude se poursuivent dans les territoires palestiniens où l'autorité de Yasser Arafat semble de plus en plus contestée, du moins prise à la légère. Saccager et incendier ou même enlever pour exiger le départ de l'un ou de l'autre, rien ne pouvait convenir autant Israël qui mène depuis toujours une campagne pour discréditer les Palestiniens et considérer qu'il n'a pas de partenaire pour des négociations sur le processus de paix.

Pourtant, l'Etat hébreu s'était trouvé en butte aux critiques de la communauté internationale après l'avis de la Cour Internationale de la Justice (CIJ) déclarant illégale la construction par Israël du mur de séparation et un vote de l'Assemblée générale de l'Onu en faveur de ce texte qui a été soutenu par une écrasante majorité, notamment l'Union Européenne (UE). On avait assisté alors à des accusations israéliennes lancées à tort et à travers contre les pays de l'UE pour ce vote. La France était en tête de liste et s'est vue taxer une fois de plus d'antisémitisme. Voire c'était l'occasion pour Sharon de répéter qu'il sera difficile de coopérer avec l'Europe vu ses positions unilatérales contre Israël, argument ressassé à plus d'une reprise et témoignant de cette même logique israélienne hostile à tout règlement.

D'où le désarroi que l'on ressent à voir les Palestiniens donner des arguments à Tel-Aviv. L'unité des rangs palestiniens est une obligation à la fois politique et morale. Politique parce qu'à l'heure où le monde arabe est dans une situation des plus instables et des plus critiques, il n'est pas admissible de contribuer encore à sa désunion. Morale, parce que l'Autorité palestinienne et les différentes factions toutes tendances confondues ont la responsabilité de gérer au mieux les affaires d'un peuple qui subit souffrances et injustices depuis plus d'un demi-siècle. Ce n'est pas à ses défenseurs officiels de compromettre encore plus les chances évanescentes de voire naître un Etat palestinien.

Il faut balayer devant sa porte, dit le dicton, et ce n'est pas en entretenant l'anarchie que les Palestiniens pourront obtenir gain de cause. Voire, ils donneront raison à toutes les forces hostiles et aussi aux Etats-Unis qui ne voient pas d'un œil favorable le maintien d'Arafat à la tête de l'Autorité palestinienne.

Certes, Israël assume une grande part de responsabilité dans la situation actuelle. Il est clair qu'avec la persistance de l'occupation, des attentats ciblés, des incursions et autres formes de répression, il n'est pas facile aux Palestiniens de mener à bien des projets de réforme démocratique et de lutte contre la corruption.

Mais il ne faut guère rejeter sur un ennemi dont on connaît bien les intentions le seul tort. Il faut d'ores et déjà agir dans un sens d'une plus grande démocratisation et transparence, envisager des changements profonds. Autrement les Palestiniens perdront toute crédibilité à l'heure où le monde arabe est l'objet de visées, voire d'un nouveau partage colonial. Et dans ce contexte et les Palestiniens et de nombreux dirigeants arabes ne sont pas encore arrivés à trouver la moindre parade. Faut-il verser des larmes sur une nouvelle nakba (catastrophe) ?

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631