Presse.
L'actualité au Proche-Orient a fait la Une de la presse
égyptienne et arabe de cette semaine. Mais cette fois-ci,
il n'était pas question du conflit israélo-palestinien
mais de la confusion qui règne au sein de l'Autorité elle-même. |
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Sauver
l'unité palestinienne
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L'anarchie
qui règne au sein de l'Autorité palestinienne depuis plus
d'une semaine a suscité de nombreux commentaires dans
la presse égyptienne et arabe, qui n'a pas ménagé ses
mots. « Arafat, changez au lieu d'être changé »,
« Palestine, le conflit du pouvoir », « Anarchie
et conflit, la catastrophe approche », « Arafat,
il est temps de partir », « La poursuite des
réformes et la lutte contre les querelles intestines doivent
être la préoccupation première de la direction palestinienne »,
« La réforme est la réponse immédiate à la pagaille
sécuritaire à Gaza », « L'ordre et la paix sociale
doivent régner », tels ont été les titres de la presse
de cette semaine.
« Si
Arafat prenait en considération les conseils et entamait
immédiatement un véritable changement dans le but de
mettre en place des réformes démocratiques, sécuritaires
et matérielles, il pourrait regagner la confiance de
ses proches. Les choses changeraient, et il y aurait
alors une ouverture politique dans les négociations
pour la Feuille de route au lieu du gel actuel. Le peuple
palestinien pourrait alors respirer », a expliqué
Ragab Al-Banna dans son éditorial de l'hebdomadaire
Octobar.
La plupart
des éditorialistes ont expliqué cet état « chaotique »
dans lequel se trouvent les Palestiniens par la corruption
qui y règne. A commencer par Bilal Al-Hassan, qui explique
dans le quotidien arabe Al-Charq Al-Awsat : « Combattre
la corruption est devenu une urgence ». « L'explosion
actuelle de la situation dans les Territoires n'est
pas une surprise. Ce qui étonne, c’est que cette explosion
ait autant tardé. Il est clair que la corruption règne.
Le fait qu'Arafat reporte la bataille contre la corruption,
en attendant que se termine la bataille politique contre
l'occupant, est un point faible dans sa politique. Ce
dont profitent de nombreux corrompus », poursuit
Al-Hassan. L'hebdomadaire Al-Osboue souligne pour sa
part que « la corruption s'est propagée comme le
cancer dans le corps palestinien ».
Mais Al-Ahram,
quant à lui, insiste sur le fait que « l'unité
palestinienne est nécessaire pour tirer profit de la
position internationale au sujet du mur de séparation ».
« La direction palestinienne doit être pleinement
consciente de la tension et du malaise de la rue palestinienne.
Il est urgent de faire face aux tentatives des clivages
et à la scission dans les rangs palestiniens »,
a souligné de son côté le quotidien Al-Gomhouriya.
« Réaliser
d'abord l'unité du Fatah, et celle des appareils de
sécurité, puis mettre au point un programme d'unité
nationale. Tel est le seul but des Palestiniens »,
écrit Salwa Abou-Seada dans le magazine hebdomadaire
Al-Moussawar.
Mais tout
le monde n'est pas du même avis. Certains pensent que
la corruption est un faux problème. C'est ce qui amène
Gihane Fawzi à écrire dans l'hebdomadaire nassérien
Al-Arabi : « Les Etats-Unis et Israël sont
les vrais parrains de la corruption au sein de l'Autorité,
car la plupart des affaires louches sont conclues avec
la participation israélienne et une protection américaine.
Ensuite, les Palestiniens qui réclament des réformes
sont les premiers accusés de corruption ». Corruption
ou pas, l'urgence des réformes s'impose.
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Hoda Ghali |
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L'Autorité en manque d'autorité |
Les désordres et l'incertitude se poursuivent
dans les territoires palestiniens où l'autorité de Yasser
Arafat semble de plus en plus contestée, du moins prise
à la légère. Saccager et incendier ou même enlever pour
exiger le départ de l'un ou de l'autre, rien ne pouvait
convenir autant Israël qui mène depuis toujours une
campagne pour discréditer les Palestiniens et considérer
qu'il n'a pas de partenaire pour des négociations sur
le processus de paix.
Pourtant, l'Etat hébreu s'était trouvé
en butte aux critiques de la communauté internationale
après l'avis de la Cour Internationale de la Justice
(CIJ) déclarant illégale la construction par Israël
du mur de séparation et un vote de l'Assemblée générale
de l'Onu en faveur de ce texte qui a été soutenu par
une écrasante majorité, notamment l'Union Européenne
(UE). On avait assisté alors à des accusations israéliennes
lancées à tort et à travers contre les pays de l'UE
pour ce vote. La France était en tête de liste et s'est
vue taxer une fois de plus d'antisémitisme. Voire c'était
l'occasion pour Sharon de répéter qu'il sera difficile
de coopérer avec l'Europe vu ses positions unilatérales
contre Israël, argument ressassé à plus d'une reprise
et témoignant de cette même logique israélienne hostile
à tout règlement.
D'où le désarroi que l'on ressent à
voir les Palestiniens donner des arguments à Tel-Aviv.
L'unité des rangs palestiniens est une obligation à
la fois politique et morale. Politique parce qu'à l'heure
où le monde arabe est dans une situation des plus instables
et des plus critiques, il n'est pas admissible de contribuer
encore à sa désunion. Morale, parce que l'Autorité palestinienne
et les différentes factions toutes tendances confondues
ont la responsabilité de gérer au mieux les affaires
d'un peuple qui subit souffrances et injustices depuis
plus d'un demi-siècle. Ce n'est pas à ses défenseurs
officiels de compromettre encore plus les chances évanescentes
de voire naître un Etat palestinien.
Il faut balayer devant sa porte, dit
le dicton, et ce n'est pas en entretenant l'anarchie
que les Palestiniens pourront obtenir gain de cause.
Voire, ils donneront raison à toutes les forces hostiles
et aussi aux Etats-Unis qui ne voient pas d'un œil favorable
le maintien d'Arafat à la tête de l'Autorité palestinienne.
Certes, Israël assume une grande part
de responsabilité dans la situation actuelle. Il est
clair qu'avec la persistance de l'occupation, des attentats
ciblés, des incursions et autres formes de répression,
il n'est pas facile aux Palestiniens de mener à bien
des projets de réforme démocratique et de lutte contre
la corruption.
Mais il ne faut guère rejeter sur un
ennemi dont on connaît bien les intentions le seul tort.
Il faut d'ores et déjà agir dans un sens d'une plus
grande démocratisation et transparence, envisager des
changements profonds. Autrement les Palestiniens perdront
toute crédibilité à l'heure où le monde arabe est l'objet
de visées, voire d'un nouveau partage colonial. Et dans
ce contexte et les Palestiniens et de nombreux dirigeants
arabes ne sont pas encore arrivés à trouver la moindre
parade. Faut-il verser des larmes sur une nouvelle nakba
(catastrophe) ?
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