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Afghanistan . Une vingtaine de personnalités, dont l'actuel président Hamid Karzaï et le chef de guerre Abdul Rashid Dostam, se sont portés candidats aux présidentielles d'octobre prochain.

Un scrutin à haut risque

C'est ce jeudi que sera rendue publique la liste des candidatures à l'élection présidentielle afghane du 9 octobre prochain. Les inscriptions des candidats qui souhaitent participer à cette première présidentielle afghane ont été closes lundi dernier. Les candidatures doivent être ensuite examinées et la liste officielle des participants au scrutin sera publiée le 10 août par la commission, qui est en charge de vérifier la validité des candidatures et leur conformité par rapport à la loi. C'est ce qu'a précisé dimanche au cours d'une conférence de presse à Kaboul un porte-parole de l'Onu, Manuel de Almeida e Silva.

Les présidentielles d'octobre prochain, premier scrutin démocratique de l'histoire du pays, seront organisées avec le soutien de la communauté internationale. Des élections parlementaires auront ensuite lieu au printemps 2005. A la date du 22 juillet, plus de 7 millions d'Afghans (dont 41 % de femmes) s'étaient inscrits sur les listes électorales sur un total de près de 9,5 millions d'électeurs estimés, selon les derniers chiffres de l'Onu. Les opérations d'enregistrement des électeurs cesseront d'ici trois semaines. « Nous faisons tout pour donner aux Afghans qui souhaiteraient s'enregistrer sur les listes électorales la possibilité de le faire d'ici là », a déclaré le porte-parole de l'Onu.

Une vingtaine de personnalités politiques plus ou moins connues, dont l'actuel président Hamid Karzaï, ont annoncé à ce jour leur intention de se présenter au scrutin présidentiel.

Le chef de guerre Abdul Rashid Dostam a lui aussi annoncé jeudi sa candidature, lors d'une réunion publique à Mazar-i-Sharif, la principale ville du nord de l'Afghanistan. « J'aurai besoin de l'aide du peuple pour mener ce nouveau combat », a-t-il lancé à la foule, venue de toutes les provinces du nord où s'étend l'influence du chef de guerre. Vice-ministre de la Défense dans le gouvernement central de Kaboul, puis conseiller spécial du président Hamid Karzaï pour le nord de l'Afghanistan, le général Dostam, d'ethnie ouzbek, est l'un des plus puissants seigneurs de guerre afghans.

Toutefois, l'organisation des élections présidentielles pose un véritable défi sécuritaire, vu que la situation sur le terrain est loin d'être stable. Pour ce, l'Otan a approuvé vendredi un plan détaillé visant à dépêcher des renforts en Afghanistan. Ce plan comprend le déploiement d'ici septembre de deux bataillons, espagnol et italien. Selon un communiqué de l'Otan, ces forces resteront sur place environ huit semaines pour couvrir la période électorale. Déjà, lors du sommet de l'organisation fin juin à Istanbul, les dirigeants de l'Otan avaient approuvé l'extension de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan, forte actuellement de 6 500 soldats, et décidé l'envoi de renforts dans la perspective des élections afghanes, mais il restait à préciser leur configuration exacte. Le soutien accru de l'Otan se fera à deux niveaux : d'abord, par la prise de contrôle d'équipes civilo-militaires de reconstruction provinciale (PRT), dont certaines sont déjà sous commandement de l'Alliance, puis grâce au déploiement de deux bataillons supplémentaires, l'un fourni par l'Espagne et l'autre par l'Italie. Le bataillon espagnol — environ 800 hommes — servira de « force de réaction rapide » de l'Isaf, tandis que le contingent italien fera office de bataillon de « réserve » pré-positionné sur le terrain. Un bataillon peut atteindre jusqu'à 1 000 hommes. Quant au bataillon italien, il est tiré de la Force de réaction de l'Otan, une force d'élite interarmées mise en place l'année dernière par l'Alliance pour faire face à des crises potentielles où qu'elles surgissent, précise le communiqué.

Toutefois, le communiqué de l'Otan a précisé qu'« à la demande du président afghan Hamid Karzaï, les autorités afghanes conserveront la responsabilité principale pour la sécurité pendant tout le processus électoral ».

Une tâche qui ne s'annonce pas facile étant donné la situation sur le terrain. En effet, quatre soldats afghans ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi par des Talibans présumés lors d'une patrouille dans la province de la Kunar (nord-est de l'Afghanistan), près de la frontière avec le Pakistan. Suite à cette attaque, onze suspects ont été arrêtés, de nationalité pakistanaise et afghane. Un porte-parole des Talibans, Abdul Latif Hakimi, a revendiqué l'attaque au nom de la milice fondamentaliste.

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