Les tensions interpalestiniennes se sont
affaiblies mais sans disparaître. Des groupes armés, liés
au Fatah, se sont livrés à de nouveaux désordres samedi
dans la bande de Gaza. Un premier groupe d'activistes a saccagé
et incendié un poste de police alors qu'un second groupe,
sans lien apparent avec le premier, a occupé brièvement le
siège du gouvernorat de Khan Younès, dans le sud du territoire.
Des hommes armés ont occupé durant cinq heures le siège du
gouvernorat et s'en sont retirés après un accord sur la réintégration
dans leurs fonctions d'une cinquantaine de membres des services
de sécurité licenciés.
Un
responsable de l'opération a expliqué qu'elle visait à « obtenir
la réintégration de 52 membres du service de renseignements
militaires démis de leurs fonctions par Moussa Arafat »,
cousin du dirigeant palestinien, récemment nommé chef du service
de sécurité générale pour la bande de Gaza.
Les protestataires n'ont obtenu en revanche
aucune promesse concernant le limogeage du général Moussa
Arafat qu'ils accusent de « corruption ».
Depuis une dizaine de jours, des activistes
se réclamant des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa dans
la bande de Gaza ont pris la tête de violentes manifestations
contre la nomination de Moussa Arafat.
Mais en Cisjordanie, un communiqué signé
des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, publié samedi,
a dénoncé violemment la contestation dans la bande de Gaza
et nié toute implication des Brigades dans ce mouvement.
Le communiqué accuse sans les nommer des
« parties suspectes d'avoir fomenté sciemment une
crise à Gaza afin de faire passer un plan américano-sioniste »
et d'avoir usurpé dans ce but le nom des Brigades des martyrs
d'Al-Aqsa.
L'organisation « assure qu'elle n'a
rien à voir, ni de près ni de loin, avec ces actions suspectes ».
« Aujourd'hui, poursuit le communiqué, une bande de
collaborateurs tente de faire pression de l'intérieur en avançant
le problème de la corruption, ignorant l'occupation et les
assassinats commis par l'ennemi ».
Cette situation chaotique a conduit le premier
ministre, Ahmad Qorei, à présenter le 17 juillet sa démission
à Yasser Arafat, qui l'a refusée et a chargé M. Qorei de former
un nouveau gouvernement pour surmonter la crise.
M. Qorei « a mon entière confiance
et il n'y a aucun problème en ce qui concerne les prérogatives »,
a déclaré samedi M. Arafat. « J'accepterai tout ce
que demandera M. Qorei, mais il ne m'a pas présenté jusqu'à
présent des demandes spécifiques », a ajouté le leader
palestinien.
Plusieurs démarches ont été entreprises pour
contenir la crise. Une coalition de mouvements palestiniens
a appelé samedi à la tenue de « Congrès populaires »
dans toutes les régions de la bande de Gaza pour mettre fin
aux troubles qui secouent ce territoire.
« Les Congrès populaires devront
oeuvrer en vue d'une réforme démocratique des institutions
afin de combattre la corruption et d'imposer le respect du
droit », ont affirmé les mouvements, regroupés au
sein du « Comité des forces nationales et islamistes ».
La tenue de tels congrès vise à mettre un
terme au « conflit absurde entre des forces et services
relevant de l'Autorité » palestinienne, selon un
communiqué du comité qui regroupe notamment le Fatah
du dirigeant Yasser Arafat et le mouvement radical Hamas.
La direction palestinienne a annoncé des
poursuites contre ceux qui ont porté atteinte aux biens publics
et privés dans les territoires palestiniens et insisté sur
le respect du droit.
La direction élargie, qui regroupe les chefs
des principales factions de l'Organisation de Libération de
la Palestine (OLP), a annoncé aussi « la poursuite
des réformes » et affirmé son « intention
de mettre en échec toute tentative de susciter des luttes
intestines ».
Le Parlement palestinien a pour sa part formé
un comité chargé de rencontrer le président de l'Autorité
palestinienne, Yasser Arafat, pour discuter de son appel à
former un nouveau gouvernement.