BOISSONS
GAZEUSES . Mecca-Cola,
qui se présente comme un alternatif à Coca-Cola
en prônant l'engagement politique, veut se faire
une place sur le marché égyptien. |
Mecca-Cola
tenté par l'Egypte |
S'appuyant
sur sa réussite en France et dans plusieurs pays
européens, Mecca-Cola a été lancé au début
de ce mois-ci sur le marché égyptien. Sans trop
de bruit d'ailleurs.
Cela
est dû à sa distribution, jusque-là limitée. Le
produit a été distribué dans quelques quartiers
cairotes, notamment à Mohandessine et dans la
zone sud : à Maadi, Bassatine, etc. « Le
Mecca-Cola, commercialisé dans un premier
temps dans des grands quartiers des grandes villes
égyptiennes, devrait ensuite être lancé sur tout
le marché », souligne Mohamad Bahgat, responsable
de Mecca-Cola Egypte.
Bien
que la percée marketing et médiatique n'ait pas
encore commencé, Mecca-Cola a réussi à
vendre 15 000 bouteilles sur le marché égyptien
les deux premières semaines après son lancement
en Egypte. « La campagne publicitaire
sera lancée prochainement (août 2004)
d'abord, dans les journaux. Ensuite, la marque
occupera les écrans de la télévision »,
explique Mohamad Bahgat. Portant les mêmes couleurs,
rouge et blanc, de son géant rival Coca-Cola,
ce produit de soda est destiné à une clientèle
qui boycotte la marque américaine. Le directeur
d'un grand supermarché à Mohandessine avoue qu'il
hésitait à mettre sur les étalages un produit
peu connu. Cependant, il révèle qu'ils ont vendu
« environ 120 bouteilles durant la première
semaine du lancement de Mecca-Cola sur
notre supermarché, ce qui n'est pas mal. Ce cola
est acheté par une catégorie de consommateurs
qui cherchent depuis longtemps une boisson gazeuse
alternative aux grandes marques, surtout américaines »,
note-t-il.
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Coca-Cola ne s'inquiète pas
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les grands du marché des boissons gazeuses ne semblent
pas s'inquiéter de cette intrusion. « Ça
fait 117 ans que Coca-Cola existe et 115
ans que des produits s'en inspirent. Le marché est
ouvert à tout le monde », tempère-t-on
chez Coca-Cola.
Coca-Cola
détient 35 % du marché des boissons gazeuses
en Egypte. C'est Pepsi-Cola qui domine la
plus grande partie du marché égyptien : 47 %.
La petite marge restante est partagée entre Al-Ahram
Beverages, Schweppes et d'autres sociétés
plus petites.
Et les
chiffres de consommation mondiale montrent que la
clientèle reste toujours liée aux anciens géants.
Pour comparer, entre novembre 2002 et janvier 2004,
Mecca-Cola, basée en Seine-Saint-Denis, a
réalisé un chiffre d'affaires de 3,577 millions
d'euros. Cependant, ce résultat, qui paraît bon
pour son propriétaire, est 5 000 fois plus
bas que celui de Coca-Cola qui a généré un
chiffre d'affaires de 21 milliards de dollars en
2003. En d'autres termes, Mecca-Cola représentait
0,02 % de Coca-Cola en 2003.
Même
le fait d'user de la politique dans le marketing
des produits ne choque pas à Coca-Cola. Pour
eux, ce n'est pas nouveau. Un produit iranien, le
Zam Zam-Cola, du nom d'une source sacrée
de l'islam, existait déjà depuis 1974. A la différence
de Mecca-Cola, cette boisson gazeuse n'avait
pas pour vocation un quelconque boycott. Mais la
marque a dû s'en servir lors de l'apogée de la campagne
de boycott des produits américains menée en 2002
dans les pays arabes, comme réaction à l'agression
israélienne contre le peuple palestinien. Une campagne
qui a fait baisser les ventes de Coca-Cola du
tiers dans la région en 2003. Tewfiq Mathlouthi,
le propriétaire de Mecca-Cola, lui, ne cache
pas qu’il a été fortement inspiré par le succès
de Zam Zam–Cola dans les pays du Golfe.
Le
fondateur de Mecca-Cola a transféré son entreprise
de France à Doubaï, en octobre 2003. Il est en train
d'y construire sa propre usine de fabrication de
matières premières — qu'il achète pour
l'instant à un fabricant européen — afin
de se protéger de la « pression des grandes
marques ». Celles-ci l'auraient notamment
empêché parfois de s'approvisionner en canettes
d'inox et en PET (la matière pour fabriquer les
bouteilles en plastique).
Le
produit a, en fait, connu un succès foudroyant aussi
en dehors de la France, où il a réussi sa percée
sur le marché européen et est maintenant disponible
dans une cinquantaine de pays : Emirats arabes
unis, Bahreïn, Qatar, Koweït, Liban, Yémen, Egypte,
Algérie, Sénégal, Singapour, Libye et même en Iraq ...
En Malaisie, Mecca-Cola a été retenu comme
partenaire officiel du sommet de l'Organisation
de la Conférence Islamique (OCI), à Putrajaya.
L'entreprise,
qui dit avoir vendu 750 millions de litres dans
le monde à ce jour, dispose de 17 usines construites
pour la plupart par des sous-traitants au Pakistan,
en Algérie, au Maroc, mais aussi en Allemagne et
en France. En Egypte, on cherche à construire une
usine dans l'une des zones industrielles franches
du pays. Le produit de Mecca-Cola est mis
en bouteilles dans l'usine de la société Sahari
pour l'eau naturelle. |
Amira
Samir |
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Le slogan
d'un réussite |
Avec une mise de départ de 22 000 euros, et sans rien
dépenser en publicité, un homme d'affaires franco-tunisien,
Tawfik Mathlouthi, directeur de la station FM
française Radio Méditerranée, a décidé de
lancer Mecca-Cola
(qui désigne le cola de La Mecque, la ville sainte
de l'islam), la première boisson gazeuse « 100 %
arabe ».
« Le cola étant
le symbole par excellence du capitalisme sauvage
américain, nous avons voulu le prendre pour cible
pour dénoncer les crimes des USA et leur impérialisme »,
lance-t-il. La réussite de Mecca-Cola doit
beaucoup à son slogan percutant « Ne
buvez plus idiots, buvez engagés » et
à une promesse figurant sur l'étiquette du soda,
20 % des bénéfices (après impôt) reversés
à des œuvres caritatives.
Mecca-Cola, lancé le 5 novembre 2002 en France,
a vu 20 millions de litres vendus jusqu'à aujourd'hui
sur le marché français, au détail, dans les épiceries,
les boucheries et les supérettes. L'entreprise
espère quadrupler son chiffre d'affaires entre
2004 et 2005.
Depuis, Tawfik Mathlouthi n'en revient pas. Du coup, il a lancé
le Mecca-Café.
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