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OMC . Après l'échec de Cancun, les pays membres se penchent encore une fois du 27 au 30 juillet sur le dossier agricole. Cette fois-ci, les pays du Sud ont tenté de faire bloc.
Casse-tête agricole

« Pas d'accord, c'est mieux qu'un mauvais accord », juge Samir Amin, penseur et directeur du Forum du tiers monde, en commentant les négociations en cours sur le dossier des subventions énormes versées par les pays développés à leurs secteurs agricoles. Et il semble que les pays en voie de développement, apparemment dos au mur, ont choisi de suivre ce conseil. Pour Amin, « pas d'accord » signifie qu'il y a encore une chance d'aboutir, un peu plus tard à de meilleurs termes. Au cours des négociations de cette semaine à Genève, l'OMC a tenté de rapprocher les points de vue de ses membres en publiant un projet de texte de compromis afin d'annuler les subventions nationales (soutiens internes, subventions à l'exportation) et à éliminer les barrières douanières à l'exportation (accès au marché). Il s'agit d'un projet d'accord intermédiaire fixant le cadre de la négociation, qui se poursuivra ultérieurement avec le détail des chiffres et des calendriers d'application. Mais à quelques jours de l'échéance du cycle de Doha fixée à la fin juillet pour trouver un règlement au dossier agricole, les pays en développement peinent toujours à aboutir à un compromis sur ce qu'on appelle désormais l'agenda de juillet, censé remettre les négociations sur la libéralisation du commerce sur les rails. Ce compromis, s'il est atteint, signifierait la reprise des négociations sur les autres dossiers du cycle de Doha, dont l'échéance théorique tombe fin 2004.

Lors des dernières réunions ministérielles des pays membres de l'OMC, à Cancun en septembre 2003, les pays du Sud ont refusé d'engager la discussion sur ce qu'on appelle les sujets de Singapour (investissement, marchés publics et concurrence) tant que les pays riches refusent de faire des concessions sur le volet agricole.

Or, le groupe des pays du Sud, baptisé G20, n'est pas sur la même longueur d'onde en ce qui concerne ce dossier agricole. Cependant, les rangs se sont resserrés avant les négociations en cours à Genève. « Les pays du G20 s'intéressent au dossier agricole, malgré une légère divergence d'intérêts pour chaque pays ». A titre d'exemple, l'Egypte appuie l'élimination des subventions des produits agricoles. Bien que cela signifie une augmentation de la facture de ses importations agro-alimentaires. Mais d'une autre part, l'Egypte profitera de l'élimination des subventions de l'Etat américain aux agriculteurs du coton. « Nos exportations du coton ont été affectées à cause de ces subventions », a souligné Gamal Siyam, président du Centre des études économiques auprès de la faculté d'agronomie.

Toujours en ce qui concerne le coton, les pays africains, qui estiment que les aides versées par Washington à ses producteurs faussent les cours du marché mondial, exigent que ce dossier soit traité à part, ce que refusent les Américains.

En gros, le groupe des pays émergents du G20 emmené par le Brésil et l'Inde et dont l'Egypte fait partie tente d'arracher des avancées notables. Il exige d'importants changements au dernier texte de compromis concocté par l'OMC et qui a été refusé par la France. Pour le G20, le document fait la part trop belle aux pays développés en matière agricole. « Il y a un déséquilibre flagrant entre certains points majeurs qui sont garantis d'entrée de jeu pour les pays développées qui sont laissés pour la phase suivante des négociations », selon la déclaration du G20. « Nous allons vers un nouvel échec, si les pays en voie de développement n'aboutissent pas à des résultats concrets en ce qui concerne les subventions agricoles, la concurrence des exportations, la réduction du soutien interne et une réduction des tarifs douaniers », a souligné un responsable au ministère égyptien des Affaires étrangères qui a requis l'anonymat. Or, ce texte accepté comme base de travail par l'ensemble des négociateurs, a aussi été critiqué par des pays développés. Les Européens ont accepté de négocier la fin de leurs subventions à l'exportation, réclamée de longue date par leurs partenaires, mais seulement si les Etats-Unis cessent de verser des crédits à l'exportation à leurs agriculteurs.

De nombreux secteurs redoutent ainsi que l'agriculture, qui ne représente que 9 % des exportations mondiales de marchandises, ne tienne en otage l'ensemble de la discussion et empêche le développement du commerce des produits industriels et des services.

Ibtessam Zayed
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