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Concombre
de mer .
Bien que sa pêche soit interdite depuis plus d'un
an, cet animal marin protecteur de l'environnement se
fait de plus en plus rare à la mer Rouge.
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Un
trafic à haut risque |
Concombre
de mer. Le nom peut paraître insolite, voire étrange.
Pourtant, il s'agit d'une espèce qui vit dans la
mer Rouge, du même groupe animal que les oursins
et les étoiles de mer. Le corps des concombre de
mer est élastique ; ils possèdent une peau
externe d'apparence caoutchoutée. Leur forme générale
peut varier entre une simili-sphère jusqu'à
une forme allongée ressemblant à un vers.
Ce qui peut paraître encore plus insolite, c'est
que ces concombres de mer peuvent se retrouver dans votre
assiette, et contrairement aux concombres tout court,
le prix est exorbitant au point qu'ils se vendent au gramme.
En effet, dans l'un des restaurants d'Hurghada, sur la
côte de la mer Rouge, un plat contenant le quart
d'un concombre de mer vous coûtera une somme de
150 L.E. Et si vous êtes gourmand, et vous voulez
manger un repas complet de concombres de mer cela ne vous
coûtera pas moins de 450 L.E. Or, dans le passé,
cette espèce peu connue n'était même
pas vendue, on en recevait gratuitement lors de l'achat
de n'importe quel genre de poissons, comme l'explique
le Dr Moustapha Fouda, président du Secteur de
la Protection de la Nature (SPN), dépendant de
l'Agence Egyptienne pour les Affaires de l'Environnement
(AEAE).
En fait, tout a commencé il y a deux ans, quand
des études ont mis cet animal en tête de
liste des aphrodisiaques et à la base de la production
de certains médicaments traitant les maladies oculaires.
Ce qui a fait que quelques hommes d'affaires ont voulu
profiter de la situation en formant des groupes de pêcheurs
bien organisés pour pêcher cet animal dans
le but de l'exporter vers l'Asie où il est largement
consommé.
Aujourd'hui, à Hurghada, ils sont aujourd'hui une
cinquantaine de pêcheurs de concombres de mer, alors
qu'ils n'étaient que trois, il y a deux ou trois
ans. De même, nombreux sont les amateurs de plongée
qui commencent à s'y intéresser avec l'objectif
de réaliser des bénéfices. Résultat
: 25 personnes ont perdu leur vie durant les deux dernières
années en essayant de le pêcher.
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L'environnement
marin en danger
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Pendant
que les hommes d'affaires se remplissaient les poches
grâce à ce commerce, cette activité
a eu une influence négative sur l'environnement
marin. En effet, le concombre de mer est un animal qui
joue un rôle primordial dans l'environnement marin.
Ces créatures sont surtout des consommateurs de
sédiments ou de matières en suspension.
On les appelle les filtreurs de matériaux en suspension,
car un concombre de mer est capable de consommer jusqu'à
50 kilos de matière vivante microscopique en un
an.
Les responsables de l'environnement et du gouvernorat
de la mer Rouge n'avaient pas remarqué la baisse
des quantités de ces animaux, mais des études
récentes, accomplies par les chercheurs, ont révélé
l'existence d'un déséquilibre dans l'environnement
marin dû à la baisse du nombre de concombres
de mer dans la région. C'est alors que le gouverneur
de la mer Rouge, le général, Saad Abou-Réda
a décidé en 2003 d'interdire sa pêche,
et ce jusqu'au 30 juin 2005 dans le but de protéger
l'environnement marin. Les eaux de mer avaient alors commencé
à perdre de leur clarté à cause de
la présence intensive de matières en suspension
que consommait auparavant le concombre de mer.
Toutefois, malgré la décision du gouverneur,
la pêche de concombres continue toujours. «
Les pêcheurs cherchent de nouvelles méthodes
et font des acrobaties pour fuir l'amende qui va de 500
à 2 000 L.E., selon les quantités de concombres
pêchés », explique un responsable du
SPN à Hurghada, ayant requis l'anonymat. Selon
lui, tout un trafic est tissé autour de cette espèce,
depuis la pêche jusqu'à l'exportation.
Reste maintenant à se tourner vers les pêcheurs
pour les sensibiliser sur les dangers environnementaux
d'une telle pratique, une simple interdiction n'y mettra
jamais fin. |
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Dalia
Abdel-Salam
Thérèse Joseph |
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