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Visite .
Une délégation américaine représentant la Commission nationale
pour la liberté religieuse internationale était cette semaine
au Caire pour discuter de la liberté de culte. Une mission
controversée.
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Nouvelle carte
de pression
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| La visite au Caire
de la Commission des libertés religieuses dépendant du Congrès
américain a donné lieu à une polémique au sein de la classe
politique. Cette visite qui a duré du 16 au 19 juillet, a été
décriée par les uns qui voient en elle une ingérence dans les
affaires internes du pays, et acceptée par d'autres. Pourtant,
les rencontres de la commission avec les hommes de religion
musulmans et coptes ainsi qu'avec certains représentants d'organisations
de défense des droits de l'homme ont été entourées par un black-out
médiatique. En fait, cette visite intervient dans un contexte
très hostile aux Etats-Unis à cause de ce qui se passe en Iraq.
Et, le souvenir qu'avaient gardé les Egyptiens de la dernière
visite de cette commission, qui date de 2001, n'est pas des
plus reluisants. Lors de cette dernière visite, les critiques
ont été nombreuses, car les membres de la commission ont insisté
à visiter le village d'Al-Kocheh situé au gouvernorat de Sohag
(Haute-Egypte). Une demande qui a été considérée comme trop
interventionniste. Car, la commission voulait « s'assurer
sur le terrain que les coptes n'étaient pas persécutés à cet
endroit » et que les événements qui avaient eu lieu
un mois auparavant ne relevaient pas de la persécution des coptes.
En janvier 2000, vingt coptes et un musulman ont trouvé la mort
dans des incidents interconfessionnels.
« Cette
délégation n'a pu rencontrer que deux sortes de personnes. Des
officiels, obligés de le faire pour des raisons politiques dont
notamment le maintien de l'aide américaine, et des représentants
de la société civile dont le travail est basé essentiellement
sur le financement étranger et qui doivent avoir des choses
à dire », estime Nabil Abdel-Fattah, chercheur au CEPS
d'Al-Ahram.
Les discussions entre la délégation américaine
et la partie égyptienne portaient sur la liberté de culte et
les problèmes des coptes. Les membres de la commission ont ainsi
rencontré le cheikh d'Al-Azhar, Mohamad Sayed Tantawi, le pape
Chénouda III et des représentants d'organisations de défense
des droits de l'homme. « Nous avons expliqué aux membres
de la délégation que l'islam est la religion qui appelle à l'indulgence
et refuse le terrorisme et que nous avons de bonnes relations
avec les coptes et que la coopération existe entre nous depuis
des siècles », a déclaré cheikh Tantawi. Et d'ajouter
que « l'islam ne contraint personne à adopter les croyances
musulmanes, car la contrainte produit des hypocrites et non
des croyants sincères ».
Tantawi a évoqué le problème du terrorisme.
« Al-Azhar considère que toutes les religions révélées
doivent s'opposer au terrorisme, à l'agression et à l'oppression
sous toutes leurs formes », a affirmé le cheikh d'Al-Azhar.
Faisant allusion aux opérations de résistance palestiniennes
dans les territoires occupés qualifiées par certains de terrorisme,
le cheikh Tantawi a déclaré : « L'islam tend la
main à la paix, mais nous considérons qu'il est de notre droit
de nous défendre lorsque nous sommes agressés ». La
délégation américaine a été par ailleurs reçue par Moustapha
Al-Fiqi, président de la commission des Affaires étrangères
de l'Assemblée du peuple. Al-Fiqi a affirmé que « les
libertés religieuses sont garanties en Egypte, qui ne connaît
pas l'antisémitisme et qui n'a pas à rougir dans le domaine
des libertés religieuses ».
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Accusations d'ingérence |
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Pourtant, le prêtre Morqos Aziz Khalil, pasteur
de l'église suspendue au Vieux-Caire, a catégoriquement refusé
d'assister aux réunions. Selon lui, les coptes n'ont pas besoin
d'une partie étrangère pour résoudre leurs problèmes. « Nous
avions des problèmes mais ces choses ne peuvent se résoudre
qu'au niveau interne. Auparavant, pour restaurer une salle de
bain dans une église, il fallait un décret présidentiel. Aujourd'hui,
ce problème n'existe plus. Nous prenons directement l'autorisation
du gouvernorat pour tous travaux de restauration ou de maintien »,
affirme Morqos Aziz Khalil.
Même son de cloche chez la confrérie interdite
mais tolérée des Frères musulmans qui a émis un communiqué dénonçant
cette visite. Ce communiqué affirme que cette visite est « dangereuse »
et que cette délégation exerce une pression sur les gouvernements
arabes au nom de la liberté des cultes, la protection des minorités
et les droits de l'homme. « Ceci n'a qu'un seul objectif :
mettre à exécution le plan de l'ennemi sioniste qui vise à imposer
son hégémonie sur la région et affaiblir les pays arabes »,
lance Mohamad Habib, adjoint du guide spirituel de la confrérie.
Selon lui, les membres de cette commission voulaient rencontrer
des responsables du groupe sous prétexte que la confrérie est
sujette à des actes de répression de la part des forces de sécurité.
« Nous avons refusé de les voir car c'est une ingérence
dans nos affaires internes », insiste Habib.
Selon Nabil Abdel-Fattah, cette visite représente
une nouvelle carte de pression sur le gouvernement égyptien,
notamment en raison de l'oppression subie par les Frères musulmans
de la part des services de sécurité. « Pourtant, les
Frères jouissent de la liberté de culte même s'ils sont politiquement
écartés », ajoute Abdel-Fattah. L'objectif est donc
politique et non religieux.
Du côté des représentants des organisations
des droits de l'homme, la visite de la délégation américaine
n'est pas mal vue et rien n'empêche de s'entretenir avec ses
membres. Selon eux, il est préférable de parler ouvertement
des problèmes internes et notamment des questions des droits
de l'homme afin de rendre clairs tous les malentendus. « Les
droits de l'homme ne relèvent plus des affaires internes, c'est
une question qui doit être discutée avec toutes les organisations
et les instances internationales », explique ainsi
Hafez Abou-Seada, secrétaire général de l'Organisation égyptienne
des droits de l'homme.
Bien que les sujets délicats suscités pendant
les rencontres de la commission n'aient pas été médiatisés,
Saadeddine Ibrahim, président du Centre Ibn Khaldoun pour le
développement, en a parlé librement. « Il y a plusieurs
sectes religieuses comme les bahaïs, certains chiites et d'autres
dont les membres subissent des campagnes d'arrestation de temps
à autre. Nous avons parlé avec la commission de ce manque de
liberté de culte, garantie toutefois par la Constitution »,
conclut Ibrahim.
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Ingy Al-Qadi |
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