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Tourisme .
Les investissements dans les projets de distraction
ont connu un boom au cours des dernières années. Une
embellie qui risque d'être compromise par l'importance
des taxes dont souffre le secteur touristique. |
Une
embellie compromise |
Plus de
28 milliards de L.E. sont investies dans les projets
de tourisme de divertissement comme l’a dévoilé une
étude de l'Organisme des investissements et des zones
franches. Ainsi, 5 milliards sont investis dans la
restauration, 7 milliards pour les parcs d'attraction,
10 pour les centres commerciaux très en vogue au Caire
et à Alexandrie, 5,1 pour les salles du bowling, 3
pour les salles de projection cinématographique et
enfin 5,1 milliards pour les nouveaux parcs dans les
villes de la Côte-Nord et à Hurghada, sur la mer Rouge.
Et ce n'est pas tout. Le chiffre avancé pourrait bien
augmenter puisque d'autres projets de ce genre sont
en cours de construction.
En
fait, ce genre de projets a connu un boom au cours
des dernières années. Les investissements dans la
restauration et l'hôtellerie ont atteint 2,1 milliards
de L.E. en 2002/2003, soit 3,1 % du total des
investissements. Leur participation au PIB est passée
de 1,8 % en 2001/2002 à 2,1 % en 2002/2003
pour atteindre 7,6 milliards de L.E. avec un taux
de croissance de 18,8 %.
« Le tourisme en Egypte est
devenu essentiellement un tourisme de divertissement,
soit 60 %, contre 17 % pour le tourisme
culturel qui faisait autrefois la gloire du pays »,
explique Elhami Al-Zayat, président de la Chambre
du tourisme. Et d’ajouter que les agences du tourisme
opérant en Egypte ont commencé à changer leur stratégie
d'avenir pour s'adresser essentiellement à une certaine
catégorie de touristes arabes et européens, attirée
par ce genre de tourisme de distraction.
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Des taxes étouffantes
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Mais la réalité n’est pas aussi facile.
Le secteur du tourisme est confronté à beaucoup de difficultés.
Outre de longues périodes de stagnation en raison de
l'instabilité interne ou régionale, il souffre des taxes
élevées. « L'Egypte est parmi les 9 pays qui
imposent le plus de taxes sur le tourisme »,
assure Maher Nassif, membre du conseil d'administration
de la Chambre des sociétés touristiques. Les récentes
taxes imposées sur le secteur pour augmenter les recettes
de l'Etat ont suscité une vague de refus. Des taxes
de 2 % ont été imposées sur les autobus touristiques,
de 10 % sur les services des hôtels et des restaurants,
de 5 % sur les appels du téléphone fixe, de 10 %
sur les communications internationales et de 15 %
sur le portable. Outre 5O livres de taxes pour toute
personne voyageant en dehors du pays. « Imposer
ces taxes n’est dans l'intérêt de personne. Cela constitue
de nouveaux fardeaux pour le secteur du tourisme. Cette
augmentation des prix conduira à une baisse du nombre
de touristes. La hausse des coûts du voyage vers l'Egypte
par rapport à d'autres destinations rivales mènera inéluctablement
à la fuite des touristes vers ces pays », se
plaint Maher Nassif.
Ces taxes devraient apporter à la caisse
de l'Etat quelque 350 millions de L.E. Une somme que
l'on aurait pu, d'après Nassif, se procurer en intensifiant
les campagnes de commercialisation et de marketing touristiques.
Il ne s’agit pas de la première augmentation soudaine
de taxes que le gouvernement impose au secteur. Nassif
rappelle l’ancienne décision d’imposer des taxes d'environ
60 % sur les réceptions et cérémonies de mariage,
ce qui a mené à une diminution du nombre des touristes
arabes qui se sont dirigés vers les hôtels de luxe de
Beyrouth, lesquels présentent plus de facilités et de
meilleurs prix.
Ainsi, les taxes sur l'activité des
hôtels engloutissent 25 % de leurs revenus, outre
les intérêts des banques qui atteignent 20 %. Une
étude de l'Organisation mondiale du tourisme publiée
en mars 2003 a indiqué qu’une augmentation de 1 %
des impôts sur le tourisme mène à une baisse de 2,7 %
du nombre de touristes et une baisse de 3,1 % des
recettes touristiques.
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| Youssef
Al-Ganzouri |
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