Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Commentaire

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Le verdict de la CIJ et l'opération de Tel-Aviv
Par Ibrahim Nafie

La Cour Internationale de Justice (CIJ) située à La Haye a rendu le 9 juillet son verdict au sujet du mur de séparation que construit Israël en Cisjordanie. Le jugement comporte cinq recommandations essentielles, centrées dans leur ensemble sur le caractère illégal de cette barrière. La Cour a notamment demandé l'arrêt immédiat de la construction et le démantèlement des parties précédemment construites. La CIJ a appelé tous les Etats à rejeter les conséquences illégales résultant de cette construction et à s'abstenir de toute contribution visant le maintien de cet ouvrage.
Le jugement de la Cour de justice est une décision historique qui va au-delà de la question du mur, car il présente une définition juridique précise des terres palestiniennes, considérées comme des « territoires occupés » en 1967. Il accorde en conséquence à la cause palestinienne sa véritable essence, qui est la lutte d'un peuple pour la libération de ses terres.
Si l'Autorité palestinienne, la Ligue et les capitales arabes ont célébré la décision comme étant une justice rendue au peuple palestinien par la plus haute instance juridique internationale, leur action ne doit pas s'arrêter là. Car le jugement n'est pas un objectif en soi. Il doit être le début d'une action sérieuse et continue qui exige une coordination des efforts palestiniens, arabes et internationaux en vue de relancer le processus de paix. Il s'agit d'élaborer un plan pratique pour préciser les étapes ultérieures.
Il faut se rappeler qu'Israël ne cédera pas facilement aux recommandations de la CIJ, puisqu'il est habitué à agir comme un Etat au-dessus de la loi. D'où l'importance de poursuivre une action sérieuse en même temps qu'une ferme maîtrise des comportements palestiniens, afin d'empêcher Israël d'exploiter à son avantage des actes non calculés.
Il faut tenir compte également des réactions américaines, traduites dans les propos du porte-parole de la Maison Blanche. « La CIJ, dit-il, n'est pas le lieu idéal pour le règlement d'une question politique ».
Notre action doit constamment rappeler que la cause en question n'est pas politique, mais juridique. La cause palestinienne est celle d'un peuple sous occupation qui lutte pour son indépendance nationale et la récupération de ses terres. Le jugement de la Cour de justice est venu rappeler et consolider cette vérité.
Comme prévu, le gouvernement israélien a rejeté le jugement de la CIJ et entamé des contacts avec l'Administration américaine pour que celle-ci use de son droit de veto au cas où les Etats arabes portent le verdict de la CIJ devant le Conseil de sécurité de l'Onu.
Mais tandis que le gouvernement israélien cherchait les moyens de faire face aux retombées du jugement, que les milieux arabes s'employaient à déterminer les démarches à suivre et que des parties internationales poussaient Israël à trouver la formule adéquate pour répondre aux recommandations de la Cour, une explosion a eu lieu dans une station d'autobus à Tel-Aviv. L’événement arriva comme une bouée de sauvetage pour le gouvernement israélien, qui n'a pas tardé à mener une campagne contre la CIJ. Ariel Sharon n'a pas manqué bien entendu de lier l’événement au jugement de la Cour. Ceci nous pousse à nous demander : Quel est l'intérêt de ce genre d'opérations pour la question palestinienne ? Quelle contribution peut apporter une telle opération à la lutte nationale palestinienne ? Ne faut-il pas distinguer entre l'objectif sacré, la libération des terres, et le choix des moyens et des outils de cette lutte ?
Les responsables de l'opération de Tel-Aviv ont porté préjudice à l'image de la lutte nationale palestinienne et rendu un service considérable au premier ministre israélien.
Il faut enfin rappeler que les raisons sécuritaires avancées par Israël pour justifier la construction du mur sont entièrement fausses. Le jugement de la Cour a réfuté ces arguments. Et l'opinion publique israélienne doit s'apercevoir que ce mur, comme toute autre barrière artificielle, est loin de garantir la sécurité. Celle-ci ne peut être que le fruit d'une paix durable.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631