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| Iraq
. La violence
se poursuit de plus belle alors que le nouveau gouvernement
et les troupes américaines sont incapables de ramener
ordre et sécurité. |
| Zarqaoui
nargue Allaoui |
Les
jours se suivent et se ressemblent en Iraq. Les attentats
aussi. Trois semaines après le transfert de souveraineté
aux Iraqiens, la violence n'a en effet pas reculé d'un
pouce. Pratiquement pas un jour ne passe sans qu'un attentat
ou un enlèvement ne soient commis. Lundi matin, c'est
un nouvel attentat suicide à la voiture piégée
qui a été perpétré près
d'un poste de police à Bagdad, tuant 9 personnes et
en blessant 56 autres. Cette attaque survient au lendemain
d'un raid mené par l'aviation américaine à
Fallouja, avec l'aval du premier ministre iraqien, Iyad Allaoui.
Ce raid, dans lequel 14 personnes ont péri, visait
un groupe présumé de membres du groupe d'Abou-Moussab
Al-Zarqaoui, considéré par les responsables
américains comme le suspect numéro un dans les
attentats qui ensanglantent l'Iraq. Sollicité par la
Force multinationale, M. Allaoui a donné
« la permission de lancer une opération ciblée
» contre des refuges utilisés par des «
terroristes », a indiqué un membre de son entourage.
Selon le général Erv Lessel, commandant adjoint
de la Force multinationale, un groupe de 25 personnes qui
seraient en relation avec Zarqaoui, que les Américains
accusent de liens avec Al-Qaëda d'Ossama bin Laden, se
trouvaient bien sur les sites visés lors de l'«
opération ciblée ».
L'armée américaine avait auparavant annoncé
avoir arrêté près de Tikrit (nord de Bagdad),
Sofiane Maher Hassan, un ancien général de la
Garde républicaine, corps d'élite du président
déchu Saddam Hussein. Autant de mesures censées
mettre un terme à la violence et garantir la sécurité.
En vain. Toujours à Tikrit, ancien fief du président
déchu Saddam Hussein dont les habitants sont hostiles
à la présence des forces étrangères
et aux nouvelles autorités iraqiennes, une voiture
piégée a explosé dimanche, faisant un
blessé. La veille, le ministre iraqien de la Justice,
Malek Dohane Al-Hassan, 83 ans, a échappé à
un attentat à la voiture piégée à
Bagdad qui a tué au total cinq personnes et blessé
huit autres.
Et les choses ne risquent pas de s'améliorer. Un site
islamiste a publié dimanche un communiqué attribué
au groupe du Jordanien Zarqaoui qui a mis à prix la
tête du premier ministre iraqien Iyad Allaoui pour quelque
285 000 dollars. Le communiqué signé par la
branche militaire « la Brigade Khaled Ibn Al-Walid »
du groupe Zarqaoui, « Tawhid wal jihad » (Unification
et guerre sainte), avertit que « la file des voitures
piégées ne s'arrêtera jamais »,
en référence aux attentats à la voiture
piégée qui secouent l'Iraq depuis la chute du
régime de Saddam Hussein en avril 2003.
Dans deux précédents messages qui lui sont attribués
sur l'Internet, Zarqaoui avait déjà brandi ses
menaces de tuer Iyad Allaoui, formulées une première
fois avant le transfert du pouvoir aux Iraqiens par les forces
d'occupation américaines.
Le gouvernement iraqien se trouve ainsi en mauvaise posture,
tout comme la Force multinationale. Le retrait du contingent
philippin d'Iraq, pour sauver la vie d'un otage philippin,
a en effet mis à mal les Américains, même
si ce contingent n'est composé que d'une cinquantaine
de soldats. Des islamistes qui détiennent un chauffeur
de camion philippin, Angelo de la Cruz, ont fixé un
ultimatum au 31 juillet pour que les Philippines n'aient plus
un soldat en Iraq. La mission du contingent devait prendre
fin le 20 août mais les ravisseurs ont menacé
de décapiter leur otage si cette date n'était
pas avancée. Ce retrait, achevé lundi, a été
décidé en dépit des vives critiques des
Etats-Unis et du nouveau gouvernement iraqien. Ces deux parties
ont accusé Manille de créer un précédent
en cédant aux preneurs d'otages. « Nous respectons
la décision du gouvernement philippin, mais celle-ci
est intervenue en réponse aux exigences de groupes
terroristes », a déclaré dimanche le ministre
iraqien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari.
Alors que le numéro deux du Département d'Etat
américain, Richard Armitage, qui effectuait une visite
en Iraq a déclaré : « Les terroristes
ne seront pas récompensés, sauf si cela se répète.
Nous regrettons beaucoup la décision du gouvernement
philippin pour la même raison », en ajoutant toutefois
que cela ne nuirait aux relations entre les Philippines et
les Etats-Unis.
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Tournée
arabe d'Allaoui
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Sur
le plan politique, le premier ministre iraqien, Iyad Allaoui,
a entamé lundi une tournée destinée à
renouer des liens avec des pays arabes, la première à
l'étranger depuis sa nomination le 1er juin, a indiqué
son bureau. Première étape de sa tournée,
la Jordanie, où Allaoui, accompagné de huit ministres
a rencontré le roi Abdallah II et son homologue jordanien
Fayçal Al-Fayez. La tournée de deux semaines inclut
également l'Egypte, la Syrie, la Jordanie, le Liban,
le Koweït, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
« Cette visite (...) devra nous permettre d'ouvrir une
nouvelle page (dans les relations avec ces pays) basée
sur le respect mutuel, les intérêts communs et
la sécurité régionale », a déclaré
M. Allaoui au quotidien jordanien Al-Arab Al-Yom, avant le début
de sa tournée. « La question de la dette et des
compensations sera abordée et j'espère que nos
frères arabes seront compréhensifs », a-t-il
ajouté, précisant : « Nous tentons de faire
annuler 95 % de nos dettes ». La dette extérieure
de l'Iraq s'élève à quelque 120 milliards
de dollars, dont 50 milliards dus aux riches monarchies pétrolières
du Golfe. |
Abir
Taleb |
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