| La récente création
d'une Autorité du marché financier, le 4 juillet, a donné du
souffle au marché, dans l'expectative d'une telle décision depuis
un an. Deux semaines après, l'indice a enregistré 5,9 de points,
contre 5,7 points fin juin dernier. Actuellement, plusieurs
analystes saoudiens prévoient un boom sur le marché financier,
l'indice peut dépasser les 6 000 points.
Or,
la naissance de cette Autorité aura été particulièrement difficile.
Pendant plus d'un an, le gouvernement saoudien a hésité à choisir
le Conseil d'administration à cause du désaccord survenu entre
les ministères concernés sur quelques points législatifs. Cela
a privé le pays de plus de 4 milliards de rials saoudiens, soit
un milliard de dollars, qui ont été majoritairement attirés
par la Bourse de Doubaï, selon les estimations de l'Institution
saoudienne de la monnaie arabe (Banque Centrale saoudienne),
qui était elle-même chargée de surveiller le marché financier.
« Cette
phase demeure la plus importante pour parvenir à une performance
pareille à celle des Bourses dans les pays développés »,
a souligné Abdallah Al-Haqil, le président de la Banque saoudienne
britannique au quotidien Al-Charq Al-Awsat.
Or, « quelques
semaines après la formation de l'Organisme de l'Autorité du
marché financier, il serait difficile de juger si les capitaux
en fuite retourneront ou pas. Mais la création d'un régulateur
ainsi que la bonne performance du marché financier pourraient
attirer les investissements saoudiens et arabes »,
prévoit Alaa Mosallam, analyste financier à EFG-Hermes.
Surtout que le marché saoudien est déjà grand, s'emparant de
45 % de l'échange dans les pays arabes, soit en moyenne
3 milliards de dollars par jour.
La création de
cette entité signifie aussi que pour la première fois il y aura
un cadre juridique chargé de surveiller les différentes opérations
boursières. En outre, la présence d'un tel organisme assurera
la transparence : « Les sociétés seront obligées
de publier leurs chiffres d'affaires chaque semestre »,
explique Al-Hoqil.
Mais l'objectif
le plus important est de recalculer l'ancien indice boursier
composé principalement des sociétés publiques, ce qui affecte
l'échange. « Le nouvel indice doit inclure les sociétés
les plus actives pour bien refléter le marché », assure
Abdel-Rahmane Al-Hamid, membre du conseil d'administration de
l'Autorité. En 2003, 5,6 milliards d'actions ont été échangées
avec 71 entreprises cotées en Bourse. Les opérations boursières
ont commencé en 1975 avec 14 sociétés anonymes.
Et finalement,
selon les nouvelles règles de l'Autorité, les sociétés pourront
financer leurs projets, via la Bourse, à travers l'émission
d'obligations à un intérêt inférieur à celui des banques. Et
de cette manière, la société peut emprunter plus que la limite
de 25 % permise par les banques.
En somme, la formation
de l'Autorité du marché financier contribuera sans doute à élargir
le marché financier saoudien déjà géant. Jusqu'à présent, la
participation des étrangers dans la Bourse saoudienne demeure
faible, tournant aux alentours de 10 %, car les législations
interdisent l'investissement étranger sauf à travers les fonds
d'investissements. Mais l'Autorité du marché financier a décidé
d'ouvrir prochainement la porte aux capitaux étrangers.
Mais cette ouverture
pourrait, selon les analystes, menacer la stabilité du marché.
Ils prévoient que la création de cette autorité mènera à la
fluctuation de l'indice boursier ainsi que du cours des titres
financiers. Puisque cela va impliquer une entrée en masse des
investisseurs étrangers qui accourent en général vers tout nouveau
marché émergent. Tel est le cas des investisseurs étrangers
qui ont investi dans les marchés de l'Asie et du Mexique dans
les années 1970. « L'entrée des investisseurs étrangers,
achetant de manière massive les actions saoudiennes ou les vendant,
peut faire sauter les prix des actions et menacera sans doute
la stabilité du marché financier », explique Fahd Osmane,
membre du comité du marché financier à la Chambre financière
de Riyad. |