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Changement
de gouvernement ... en Israël aussi !!
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Par
Mohamed Sid-Ahmed |
Le
premier ministre israélien Ariel Sharon
a appelé son ancien ami et adversaire politique,
Shimon Pérès, à former un
gouvernement qui réunira le Parti travailliste,
aujourd'hui dans l'opposition, et le Likoud. L'objectif
est de soutenir le plan de Sharon relatif au retrait
de la bande de Gaza.
Sharon (67 ans) et Pérès (80 ans)
ont des opinions diamétralement opposées
quant à la majorité des questions
politiques, notamment la cause palestinienne.
Cependant, il existe actuellement des intérêts
tactiques justifiant les tentatives des deux dirigeants
de former un gouvernement de coalition. D'abord,
la coalition gouvernementale actuelle n'est soutenue
que par 59 des 120 députés de la
Knesset, c'est-à-dire moins de la moitié
de ses membres. Par conséquent, le gouvernement
risque à tout moment d'être renversé.
De plus, le plan Sharon sur le retrait de Gaza
est catégoriquement rejeté par un
grand nombre des membres du Likoud. Si le Parti
travailliste venait à s'unir avec le Likoud,
la situation changerait radicalement, la majorité
de la Knesset serait alors pour le retrait de
Gaza. En effet, les membres du Parti travailliste
à la Knesset, au nombre de 21, soutiendront
Sharon qui n'a besoin que de 2 voix pour faire
passer son plan au Parlement.
Les avantages sont importants pour Sharon de procéder
à un remaniement ministériel unissant
le Likoud et le Parti travailliste. Il en est
de même pour Pérès qui a déjà
pris part à un gouvernement de coalition
sous la direction de Sharon. Il ne s'en est retiré
que lorsque la seconde Intifada a atteint son
apogée. Cependant, la situation a changé
et voilà que les deux adversaires déploient
des efforts intenses, chacun de son côté,
pour convaincre les membres de son parti de la
nécessité d'une telle coalition. |
Des
différends entre les deux dirigeants
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Sharon
possède une arme pour forcer la main aux
membres réticents de son parti : convoquer
des élections anticipées. Il est
tout à fait logique que Pérès
tente d'exploiter au maximum les difficultés
de Sharon. Il a ouvertement parlé à
Sharon de son intention de changer les politiques
du gouvernement. Il estime qu'Israël doit
coordonner avec les Palestiniens son retrait de
Gaza et non d'entreprendre un retrait unilatéral
comme le veut Sharon.
Pérès justifie la coalition avec
Sharon par le fait que plusieurs membres de son
parti refusent le retrait limité proposé
par Sharon et veulent un retrait plus vaste, qui
pourrait être accepté par les Palestiniens.
Il existe aussi des différends sur le plan
économique entre les deux hommes, notamment
concernant la politique suivie par le ministre
des Finances, Benyamin Netanyahu. Cette politique
s'oriente vers l'économie de marché,
la réduction des taxes, la privatisation
de nombreuses compagnies du secteur public et
la réduction des programmes de développement
social. Pour de nombreux membres du Parti travailliste,
cette politique est à l'origine de l'accroissement
de la pauvreté.
Il est tout à fait probable que le Parti
travailliste insiste pour obtenir les principaux
portefeuilles ministériels. Par conséquent,
les négociations dureront un certain temps,
à un moment où les vacances d'été
ont commencé. Ce qui signifie le ralentissement
de la vie politique et le gel des activités
du Parlement jusqu'au mois de septembre. |
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Des
points communs
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Alors
qu'en Egypte, on réclame des changements,
Israël aussi parle de changement. Dans
les circonstances actuelles, le terme «
changement » revêt un sens déterminé
en Israël. Il signifie que Sharon ne peut
plus compter sur les cartes qu'il détient
actuellement et qu'un changement de politique
s'impose : le Parti travailliste doit prendre
part au pouvoir au moment où Sharon est
contesté par plusieurs dirigeants de
son propre parti, le Likoud. La coalition gouvernementale
actuelle porte fortement atteinte à la
stabilité du gouvernement et expose les
institutions à des troubles permanents.
Des négociations doivent être engagées
pour redistribuer les cartes et créer
une nouvelle réalité acceptable
pour les dirigeants du gouvernement et de l'opposition
à la fois ! Dans le cas d'Israël,
le terme changement signifie le remplacement
de la coalition au pouvoir, où domine
Sharon, par une autre réunissant le Likoud
et le Parti travailliste.
Il peut paraître étrange que Sharon,
qui a consacré toute sa vie politique
à la création de colonies en Cisjordanie
et dans la bande de Gaza, insiste aujourd'hui
sur un retrait de Gaza et le démantèlement
de la majorité de ses colonies. Mais
il n'existe en réalité aucune
contradiction : Sharon est pleinement conscient
que Gaza est la région la plus densément
peuplée du monde. Ce qui expose les forces
d'occupation israéliennes à des
actes de résistance auxquels elles ne
peuvent faire face.
De toute façon, Sharon emploie le mur
sécuritaire pour s'accaparer de larges
portions des territoires palestiniens, notamment
en Cisjordanie. Par la création de ce
mur, Sharon cherche à avorter deux plans
en même temps. Le premier est celui du
Parti travailliste qui accepte un retrait israélien
de la majeure partie des territoires palestiniens.
Le second est celui des adversaires de Sharon
au sein du Likoud, notamment Netanyahu, qui
refusent de céder la moindre parcelle
de territoire occupé.
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D'autres
aspects de changement
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Dans
le cas de l'Egypte, on entend par « changement
» le remplacement d'une génération
longtemps restée au pouvoir par une autre.
La volonté de modernisation de l'appareil
d'Etat s'est traduite par le choix d'un chef
de gouvernement parmi la jeune génération.
Il est spécialiste dans le domaine de
l'électronique, des télécommunications
et des médias. De plus, la commission
des politiques au Parti National Démocrate
(PND, au pouvoir), présidée par
Gamal Moubarak, est devenue la principale source
des cadres de la réforme prévue.
Tout gouvernement est, en premier lieu, un appareil
politique avant d'être un appareil technique.
C'est le principal défi qu'affrontera
le nouveau cabinet, d’autant plus que
c'est une expérience transitoire, régie
par des dates déterminées, c'est-à-dire
la réélection du chef de l'Etat
dans 16 mois seulement, dans des circonstances
difficiles, susceptibles de coïncider avec
l’apparition de diverses surprises sur
le plan régional aussi bien que sur le
plan international.
Quelle est la position des autres parties du
Moyen-Orient vis-à-vis de la question
du changement ? Quelle est la position d’Arafat
? Sortira-t-il de son isolement ? Qu'adviendra-t-il
en Iraq, au Soudan, en Turquie, en Iran, ou
encore en Arabie saoudite ?
Enfin quelle est la position des Etats-Unis
envers cette question ? Bush se trouve lui aussi
dans une situation difficile. Les résultats
des présidentielles américaines
qui auront lieu en novembre prochain dévoileront
les caractéristiques de l'ordre mondial
de l'an 2005. La réélection de
Bush confirmera-t-elle la poursuite de ses politiques
? Quelles seront les politiques de John Kerry
au Moyen-Orient s'il est élu ?
Une chose est certaine : les différents
aspects de changement dans les différents
pays de la région créent une image
extrêmement compliquée, difficile
à prévoir.
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