| |
|
Louqsor .
Le Centre Franco-Egyptien d'Etude
des Temples de Karnak (CFEETK), qui opère sur l'un des
sites les plus prestigieux du monde, a présenté le bilan
de la dernière saison de fouilles. Etat des lieux.
|
| Karnak
fascine toujours |
Louqsor,
de
notre envoyée spéciale — |
Dans
un site qui regroupe le tiers des antiquités du monde, les
travaux de fouilles et de restaurations ne s'arrêtent jamais,
les visites des touristes non plus. Ici on est au cœur de
l'Egypte ancienne et on croit revenir à ces temps merveilleux.
Préserver et fouiller est donc impératif. C'est dans ce
cadre qu'œuvre le CFEETK. Cette année, une nouveauté que
l'on peut constater est que pour la première fois, de jeunes
Egyptiens participent sérieusement aux travaux côte à côte
avec les Français. C'est un groupe d'environ trente archéologues,
architectes, égyptologues et restaurateurs. Le chantier
est comme une fourmilière. Il y a aussi quelque 80 ouvriers.
En effet, l'année dernière,
le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) avait émis des
critiques concernant la non participation d'Egyptiens
œuvrant dans le chantier. Pour le secrétaire général du
CSA, Zahi Hawas, il était nécessaire de combler cette
lacune et de former des Egyptiens. Les choses ont donc
changé en un an : ce sont de jeunes Egyptiens qui
ont expliqué à Zahi Hawas les nouveautés. Actuellement,
les nouveaux spécialistes égyptiens participent aux travaux,
mais aussi accomplissent certaines tâches seuls.
Une
des missions effectuée par une équipe égyptienne de A
à Z était celle du déplacement d'une grande statue, celle
du scarabée d'Amenhotep III, situé au nord du Lac sacré.
Le nombre de touristes qui tournent autour du scarabée,
à titre de porte bonheur, est tellement grand que son
déplacement était nécessaire. Son emplacement entravait
le circuit de visite. « Avant de changer sa place,
il fallait faire des travaux de restauration et de consolidation
du monument pour assurer son déplacement », explique
Mohamad Hussein, restaurateur. Maintenant, le scarabée
est entouré d'un grand espace libre qui permet la bonne
circulation des visiteurs.
|
Reconstitution et découvertes
|
|
Toujours
à l'est du Lac sacré, un travail énorme est effectué.
Les fouilles de sauvetage dans cet endroit qui ont commencé
en 1970 et les divers inscriptions ont permis de déterminer
que les occupants du lieu étaient des prêtres. Des recherches
effectuées par l'équipe du CFEETK devraient fournir
des renseignements sur la vie quotidienne des prêtres
et permettra aussi de mieux saisir l'organisation architecturale
et la destination des différents secteurs situés au
sud du Lac sacré.
Ces travaux figurent parmi les réalisations
les plus intéressantes de cette saison des fouilles.
Dans la cour du Ve pylône, des sondages
et des fouilles ont été effectués pour reconstituer
le plan des structures en brique crue du Moyen Empire.
« On a trouvé là de la céramique qui nous a
aidés à dater les murs trouvés de la fin de la XIe ou
du début de la XIIe dynastie », explique François
Larché, directeur du CFEETK. Mais l'équipe n'a pas pu
continuer ses fouilles à cause de l'élévation de la
nappe phréatique.
Sur chaque chantier, de petites découvertes
viennent ajouter des informations et des détails pour
résoudre quelques mystères. Le dégagement de toutes
les bases de la colonnade de Thoutmosis Ier a montré
par exemple comment ce roi s'attachait à employer, en
fondations, les éléments d'un bâtiment inconnu en grès
de Sésostris Ier.
Le jeune archéologue Guillaume Charloux,
qui a repris son travail en février 2004 au nord des
salles d'Hatchepsout, voulait à tout prix préciser la
datation des fondations des chapelles de Thoutmosis
III. Lors de ses travaux, plusieurs murs en brique crue
ont été découverts.
Parmi les découvertes les plus importantes
était l'apparition d'une étroite canalisation coulant
vers le nord, cette canalisation a été suivie dans cette
direction sur une vingtaine de mètres jusqu'au parement
sud du mur intérieur construit par Thoutmosis III. Vers
le sud, la canalisation a été sectionnée lors de la
construction des salles d'Hatchepsout, alors que vers
le nord elle a été conservée au moment de la construction
du mur d'enceinte de Thoutmosis Ier. L'étude permet
d'attribuer cette canalisation au règne d'Amenhotep
Ier. « Il est prévu que le sondage commencé
au nord du mur d'enceinte de Thoutmosis III devra se
prolonger vers le nord pour suivre la canalisation et
trouver son aboutissement », souligne Guillaume.
Plus loin, l'architecte Emmanuel Laroze voulait reconstituer
les étapes de construction de la salle hypostyle « Ouadjyt »,
construite entre les IVe et Ve pylônes. Cependant, les
observations de François Larché lui ont permis de modifier
la chronologie proposée pour les nombreux remaniements
de cette salle. De nouveaux détails ont également été
ajoutés à la restitution des faces orientales de ces
pylônes. Un relevé architectural a été entrepris. Des
travaux intéressants, mais de caractère savant et spécialisé.
De toute façon, le processus archéologique s'élabore
pièce par pièce comme un puzzle qui donnera lieu à la
trouvaille qui passionnera le grand public.
|
|
Hala
Fares |

|
|
|
|
|