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Découverte . Cinq blocs de calcaire, appartenant au temple de Néctanebo découvert récemment à l'oasis Bahreïn dans le Désert occidental, sont exposés pour la première fois au Musée du Caire.

Le gardien des frontières

En plein Désert occidental, précisément à 150 km à l'Est de l'oasis de Siwa, se trouve l'oasis Bahreïn. Dans cet endroit sauvage, sous les rayons brûlants du soleil campent 40 personnes, membres de la mission italienne de l'Université de Turin, présidée par Paolo Gallo. Rien ne peut répondre aux besoins de vivre dans ce site. Les membres de la mission doivent alors ramener avec eux toutes les provisions suffisantes pour toute la durée de la mission. Un travail payant, la restauration des pièces découvertes au cours de la saison de fouilles 2003 a permis de mettre en valeur plusieurs aspects importants de l'histoire pharaonique. « 200 blocs de calcaire dont quelques-uns sont encore gravés et colorés, explique Paolo Gallo, directeur de la mission, ont été révélés et livré leurs secrets ». Ces blocs composent le temple de Néctanebo Ier, fondateur de la XXXe dynastie.

En effet, à cette époque lointaine, l'environnement était complètement différent. Il y avait un lac qui attirait la faune et la flore et encore les plantes y poussaient. C'est pour cela que cet endroit était devenu une « station importante au cœur du chemin qui lie la Libye à la vallée du Nil et vice-versa », explique le professeur. Là, les commerçants se reposaient et déposaient leurs caravanes. Selon lui, pendant leur trajet, les voyageurs avaient besoin de mener leur culte religieux. Et à cause de l'importance de ce site, le pharaon a accepté d'y édifier un temple dédié au dieu Amon avec les différentes scènes religieuses. Malheureusement, le temple s'est effondré au début de l'époque romaine. Lorsque les Romains sont arrivés, ils ont brûlé plusieurs blocs afin de fabriquer de la chaux. « Ainsi, plusieurs blocs ont été perdus pour de bon », explique Paolo Gallo. D'autres blocs qui étaient ensevelis dans le sable ont été sauvés. Ceux-ci portent encore, jusqu'à maintenant, des gravures colorées. De ces blocs qui formaient de 15 à 20 % seulement des parois, 5 blocs ont été sélectionnés pour être exposés au Musée du Caire.

Après les restaurations et les études, on peut voir Néctanebo qui offre des offrandes à Amon. Sur d'autres blocs, la figure d'un prince libyen qui porte une plume sur la tête est gravée. « C'est le signe de la souveraineté libyenne », explique Paolo Gallo. Jusqu'à présent, l'archéologue ne connaît pas la fonction exacte de cet homme. « Il pourrait être le chef d'une tribu ou le gouverneur de l'oasis de Bahreïn », explique-t-il. Ce prince s'appelle Horchemaouf. Le plus surprenant, c'est qu'il a inscrit son nom dans des cartouches. Aussi « se présente-t-il comme un roi bien qu'on soit sûr que le souverain de cette époque était Néctanebo Ier », affirme-t-il. D'après cette représentation, on pourrait suggérer que Horchemaouf fut un souverain étranger local de cette région. Après l'avoir soumis, Néctanebo Ier, le souverain égyptien, a pu assurer la sécurité des frontières ouest du pays. Et afin de garantir sa loyauté, Néctanebo l'admet comme souverain local en lui donnant une marge de liberté.

En tout cas, la représentation du prince libyen à côté du souverain égyptien est toujours une énigme pour l'égyptologue. Celui-ci espère que les prochaines missions de fouilles pourraient livrer les secrets de ce prince libyen et son lien avec le souverain égyptien. D'autre part, pour Paolo Gallo, la célébration du centenaire des fouilles italiennes en Egypte est une bonne occasion pour exposer quelques blocs colorés qui présentent sa nouvelle découverte.

Doaa Elhami

 

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