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Développement durable . Suite à la publication du rapport positif du comité international de la sûreté nucléaire en Egypte, Fawzi Hammad, conseiller auprès de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), fait le point sur l'importance de l'exploitation pacifique de l'énergie nucléaire dans le développement.

L'Egypte doit exploiter l'énergie nucléaire
dans la production d'électricité

Al-Ahram Hebdo : Comment exploiter pacifiquement l'énergie nucléaire ?

Fawzi Hammad : Comme toute chose, ce genre d'énergie est une arme à double tranchant. Elle est utilisée pour la destruction, mais elle est également un moyen efficace pour réaliser le développement durable. Notamment dans les pays en voie de développement. L'exploitation la plus importante de cette énergie est dans le domaine de l'électricité. Si on aborde les problèmes les plus dangereux auxquels le monde fait face actuellement, on trouve que le réchauffement de la planète en est le plus grave. La raison essentielle de ce phénomène est le dégagement du gaz carbonique (CO2), résultant de la combustion des sources de l'énergie. Ces dernières sont utilisées bien sûr pour engendrer l'électricité, une des formes de l'énergie, dont le monde ne peut s'en passer. L'électricité est donc la base de l'économie et le développement économique et durable dans le monde. Et parmi les sources d'énergie qui ne causent aucune pollution de l'environnement, citons l'énergie nucléaire ainsi que les sources renouvelables dont l'énergie solaire et éolienne. La première engendre 16 % de l'électricité dans le monde. 77 % de l'électricité de la France provient des stations nucléaires. En fait, la France possède à elle seule 70 stations de ce genre. Il existe 420 stations de ce genre dans tout le monde, dont le quart aux Etats-Unis.

— Où en est-on en Egypte ?

— En Egypte, le ministère de l'Electricité a déployé beaucoup d'efforts dans ce domaine, autrement dit dans la production de l'électricité à partir de sources renouvelables notamment l'énergie éolienne. Nous possédons des petites stations en Egypte. Mais je pense que c'est encore trop faible en comparaison avec l'explosion démographique annuelle. Nul doute que parmi les grands exploits de l'Egypte tout au long des cinquante ans passés, c'est l'électricité. La consommation par personne était en 1952 de 19 kilowatts par an quand nous étions 22 millions ; actuellement on parle de 1350-1400 kilowatts et on a dépassé les 70 millions. C'est la raison pour laquelle l'Egypte doit exploiter l'énergie nucléaire en créant des centrales électriques.

— Comment l'Egypte peut-elle s'orienter vers l'énergie nucléaire dans le domaine de la production de l'électricité  ?

— Les réacteurs nucléaires en Egypte ont été bâtis à des fins scientifiques. Autrement dit, ils sont destinés à la recherche. Le premier a été fabriqué en 1961 avec une puissance de 2 mégawatts, le deuxième plus puissant en 1998, avec 22 mégawatts, il se trouve à Anchass au nord-est du Caire sur la route Le Caire-Suez. Bien sûr c'est le plus important, puisque les réacteurs dans les grands pays sont de 30 ou de 33 mégawatts de puissance. Ils sont utilisés dans la recherche, mais malheureusement pas pour produire de l'électricité. A cet égard, je dois noter que l'Egypte avait lancé un projet en ce sens en 1986, dans la région Al-Dhabea sur la Côte-Nord avec des partenaires allemands. Le projet consiste à fabriquer un réacteur qui fonctionne avec l'eau compressée. Malheureusement, le projet a été interrompu à cause de la catastrophe de Tchernobyl, et on n'en parle plus depuis. Ce projet doit être l'une des priorités de l'Organisme égyptien de l'énergie atomique dans les années à venir.

— A l'occasion des cinquante ans de l'Organisme égyptien de l'énergie atomique, quelle évaluation faites-vous de ces activités et réalisations ?

— Les réalisations de cet organisme sont très remarquables : L'Egypte possède déjà un réseau dans toute la république de mesure de la radioactivité. Mais le gros des réalisations réside dans les recherches faites pour utiliser l'énergie nucléaire dans l'agriculture, la médecine et la conservation des aliments. Pour l'instant, l'Egypte en profite dans le domaine de la médecine seulement. Et c'est pourquoi il incombe à l'organisme dans la prochaine phase d'œuvrer à appliquer les résultats de ces recherches.

— Comment peut être utilisée cette énergie dans des domaines, comme l'agriculture par exemple ?

— Dans l'agriculture, le plus répandu c'est la technique qui consiste à stériliser les insectes, les mâles, en utilisant la radiation afin d'éliminer les insectes qui ravagent les récoltes. Ce moyen est utilisé actuellement dans le monde entier pour remplacer les insecticides et les pesticides dangereux pour les récoltes et l'environnement. De même, on peut traiter les graines par des radiations, puis les étudier pour obtenir des genres ayant une plus haute productivité et d'autres qui résistent à la sécheresse. L'organisme atomique égyptien possède un département spécifique pour l'agriculture, mais ne peut appliquer ses recherches que par l'autorisation du ministère de l'Agriculture. Un autre domaine important est la conservation des aliments. En fait, le monde perd environ le tiers des aliments à cause de l'absence d'un moyen de conservation. D'après les recherches faites dans le monde et en Egypte, une dose simple donnée à tout aliment peut le conserver pour une plus longue durée. Cette dose est accréditée par six organisations internationales dont l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'Organisation du Travail International (OTI) ainsi que l'AIEA. A cet égard, je dois mentionner que le seul pays au Proche-Orient qui profite de cette technologie est Israël. Aucun pays arabe ne pense à l'utiliser ; pourtant c'est plus sûr que les OGM et les autres moyens jusqu'à présent nocifs à l'environnement. En Egypte, la conservation par l'énergie atomique est utilisée pour les aliments séchés destinés à l'exportation.

— Existe-t-il une coopération entre les pays arabes dans le domaine de l'exploitation pacifique de l'énergie nucléaire ?

— On a dans le monde arabe le Centre régional des isotopes radioactifs pour les pays arabes au Proche-Orient, ayant pour siège l'Egypte, on possède également l'organisme arabe de l'énergie atomique, dont le siège se trouve en Tunisie. La coopération consiste à assurer les équipements de mesure de la radioactivité ainsi que la formation du personnel pour éviter l'arrivée de matières polluées radioactives. La coopération inclue aussi l'utilisation des radio-isotopes dans le radiothérapie des cancers, dont le cobalt.

— Ancien président de l'organisme et actuel conseiller de l'AIEA, Comment voyez-vous le problème des déchets nucléaires ?

— Les déchets nucléaires représentent des problèmes quand on ne les enterre pas dans des localités bien construites et loin de toute habitation. Pour l'Egypte, on ne souffre pas de ce problème parce qu'on possède les places à Anchass, bien équipées, de 45 kilomètres carrés. On se débarrasse proprement des matières utilisées dans le domaine médical, les traitements de tout genre ou bien les matières des laboratoires. Alors aucun danger ne menace l'Egypte à cet égard.

— La base du développement durable est de ne pas générer d'impacts nocifs pour les générations à venir. Comment cela s'applique-t-il à ce type d'énergie ?

— L'énergie nucléaire n'utilise que l'uranium qui n'a aucune autre utilisation. Par cette utilisation, on épargne les autres sources d'énergie, dont le pétrole et le gaz naturel. Alors, ces derniers peuvent être utilisés dans d'autres fins, le gaz naturel peut être utilisé dans la fabrication des engrais et les produits pétrochimiques. En fait, en exploitant cette énergie, on pourrait créer de nouvelles opportunités de travail et de nouveaux domaines d'études dans nos universités, puisqu'il n'existe que le département du génie atomique à la faculté de polytechniques d'Alexandrie.

Propos recueillis par
Racha Hanafi
 
Bakkar dans les réserves de la mer Rouge

Sensibiliser les enfants aux problèmes de l'environnement n'est pas chose aisée. Il faut trouver le moyen de les intéresser et de les amuser en même temps. L'Académie pour le développement de l'éducation (AED), dépendant de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), a trouvé une belle idée. Elle a financé la publication d'un livre d'activités pour enfants abordant le thème de la sauvegarde des réserves naturelles, axé sur un personnage de dessins animés bien célèbre, Bakkar. On lui a inventé un nouveau personnage, Salma. Le livre s'intitule Les Aventures de Bakkar et Salma à la mer Rouge. « Le livre est préparé par Névine Abou-Chadi, du AED, révisé par le Dr Zeinab Qotb, du ministère de l'Education, et le Dr Moustapha Fouda, directeur du secteur de la protection de la nature à l'Agence Egyptienne pour les Affaires de l'Environnement (AEAE) », explique Abdel-Méguid Abdel-Razeq, attaché de presse du AED.

L'idée elle-même est sympathique, Bakkar et Salma invitent les enfants à une excursion en mer Rouge, durant laquelle ils visitent les réserves naturelles de la région. A savoir, Abou-Galoum, Nabaq, Ras Mohamad, Wadi Al-Gimal, les îles de la mer Rouge comme Geftoun et enfin Gabal Olba. Dans les réserves, les enfants rencontrent les rangers qui sont leurs guides et qui leur montrent les richesses naturelles de leur pays, tout en leur expliquant comment les sauvegarder. Les rangers apprennent aussi aux enfants le nom des espèces animales et végétales dans chacune des réserves.

En plus, le livre informe les enfants sur les espèces et les richesses en danger, comme les tortues de mer, les dauphins et les récifs coralliens. Le livre renferme également des activités de coloriage, et des jeux de labyrinthes. Le livre n'est pas en vente, mais l'AED l'offre aux écoliers dans les écoles. Plusieurs exemplaires existent également dans les bibliothèques Suzanne Moubarak.

Dalia Abdel-Salam

 

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