La démission
subite cette semaine du ministre de l'Information et secrétaire
général du PND, Safouat Al-Chérif, et sa nomination à la tête
du Conseil consultatif ont surpris les milieux politiques.
Nommé ministre en 1982, Al-Chérif figure parmi les piliers
du régime du président Moubarak. « Ma sortie du gouvernement
me donnera plus de temps et une plus grande liberté de mouvement
pour exprimer les vues du parti même si elles sont en contradiction
avec celles du gouvernement », a déclaré Safouat
Al-Chérif à l'hebdomadaire indépendant Al-Osboue à
l'issue de sa nomination. 
Safouat Al-Chérif,
né le 19 décembre 1933, est diplômé de l'école militaire en
1952. De 1957 à 1974, il fait partie du cabinet présidentiel,
où il occupe des fonctions dans le renseignement. Al-Chérif
a ensuite été nommé au sein de l'Organisme général de l'information
dont il est devenu le président en 1978. En 1980, il est nommé
président du Conseil des curateurs de l'Union de la radio
et de la télévision, puis ministre d'Etat pour l'Information
en 1981 et enfin ministre de l'Information en 1982. Il est
à ce jour l'un des plus anciens ministres du gouvernement
avec le ministre de l'Agriculture et vice-premier ministre,
Youssef Wali.
Le départ de
Safouat Al-Chérif intervient au moment où il est question
d'un remaniement ministériel. Celui-ci devrait en principe
avoir lieu début juillet, dès le retour du président Moubarak,
opéré en Allemagne d'une hernie discale. Le ministre de la
Culture, Farouk Hosni, a été chargé d'assurer par intérim
les fonctions du ministre de l'Information en attendant la
formation du nouveau gouvernement.
La nomination
de Safouat Al-Chérif à la tête du Conseil consultatif a accentué
les spéculations sur la nature du prochain remaniement du
gouvernement. « Le départ de Safouat Al-Chérif est
un indice que ce remaniement attendu va englober les anciennes
figures du gouvernement », indique Amr Hachem Rabie,
chercheur au CEPS d'Al-Ahram. Ainsi, le nouveau gouvernement
pourrait voir l'avènement de personnalités issues de la « jeune »
génération et le départ des « anciens ».
Mais la démission de Safouat Al-Chérif s'explique également
par son désir d'assister à la séance procédurale du Conseil
consultatif qui s'est tenue cette semaine.
Ce qui n'empêche
pas les rumeurs de circuler sur l'avenir du ministère de l'Information.
Certains affirment que le gouvernement a l'intention à moyen
terme de supprimer ce ministère et de remplacer les institutions
étatiques d'information par des organismes indépendants.
Outre les spéculations
sur l'ampleur du remaniement ministériel, le départ de Safouat
Al-Chérif a par ailleurs donné lieu à un débat sur sa fonction
de secrétaire général du parti. Le fait qu'il conserve son
poste de secrétaire général du PND, parallèlement à ses fonctions
de président du Conseil consultatif, est mis en doute et peu
logique aux yeux de certains. « En vertu de la loi,
le président du Conseil consultatif est le chef du Comité
des partis, l'organe chargé d'autoriser ou non la création
de nouvelles formations politiques. Comment le chef de ce
comité peut-il être secrétaire général d'un parti politique ? »,
s'interroge un membre de l'opposition. Tandis que pour Mohamad
Ragab, chef de la majorité PND au sein du Conseil consultatif,
il est au contraire conforme à la Constitution qu'Al-Chérif
conserve son poste de secrétaire général du PND : « Ce
n'est pas la première fois que cela se passe. Sobhi Abdel-Hakim,
président du Conseil consultatif de 1980 à 1986, a gardé sa
position de président du conseil et secrétaire général du
PND de 1984 à 1986 ». Il ajoute que d'après les statuts
du PND, le secrétaire général reste à son poste pour une durée
de 5 ans. « Mais durant le Congrés annuel du parti
qui se tiendra au mois de septembre prochain, le président
peut changer la situation en nommant quelqu'un d'autre secrétaire
général s'il juge qu'il y a incompatibilité entre le poste
de secrétaire général et celui de président du Comité des
partis ». Amr Hachem Rabie pense que cette hypothèse
est la plus probable. Selon lui, il est probable qu'Al-Chérif
quitte cette fonction pour laisser la place à des éléments
de la jeune génération.