Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le dossier

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Parlement . Les députés du Rassemblement Al-Badri Farghali, et du PND Mohamad Moussa, président de la commission des lois, s'expriment sur la quatrième session de la législature 2000-2005.

« C'est la pire session »

Al-Ahram Hebdo : Comment évaluez-vous cette session ?

Al-Badri Farghali : C'est la pire session de la législature 2000-2005 du point de vue législatif. Lors des précédentes sessions, l'Assemblée du peuple était qualifiée d'institution pro-gouvernementale. Au cours de cette session, le Parlement s'est surpassé et a mérité le titre de marionnette dont les fils sont dans les mains du gouvernement. Le Parlement n'a effectivement rien fait au cours de cette session. Son rôle se limitait au fait d'attendre que le gouvernement daigne lui passer un projet de loi pour l'adopter tel quel. Parfois pourtant, on changeait les projets de loi au niveau de la forme sans toucher au fond. La plupart des lois de cette session étaient d'ordre économique, sous prétexte que le gouvernement poursuit sa politique de réforme économique lancée depuis 1991. Les réformes sociales et politiques n'occupent aucune place sur l'agenda du gouvernement. Ce dernier se contente de nous donner un seul projet de loi social par an, juste pour la forme. Quant à la performance des députés, l'opposition est devenue de plus en plus faible par rapport aux sessions précédentes. D'une part, le mandat de 3 députés du rang de l'opposition et des indépendants a été déclaré invalide lors de cette session. D'autre part, nous sommes déçus, car nos critiques et nos débats n'aboutissent pas, puisque le gouvernement fait finalement ce qu'il veut à travers la majorité du Parti National Démocrate (PND). Même notre rôle de contrôle sur l'action du gouvernement était très limité à la suite des mesures strictes prises par le président de l'Assemblée du peuple concernant la discussion d'une seule interrogation tous les mois.

— Comment justifiez-vous le fait que le Parlement n'a reçu aucune loi sur la réforme politique ?

— Le président Moubarak a déjà promis lors de son discours inaugural de la session en novembre dernier de présenter au Parlement les lois sur l'exercice politique et l'organisation des partis politiques. Nous attendions avec impatience l'examen de ces lois, mais nous n'avons rien reçu. Mais ce n'est pas grave. Nous nous sommes déjà habitués à ce genre de promesses non tenues, notamment celles qui concernent la réforme politique. Il fallait qu'on s'attende à cela dès le départ parce que le gouvernement Ebeid n'allait jamais présenter un projet de loi touchant la réforme politique, puisque ceci est contre ses intérêts. Nous sommes sûrs que ces deux lois ne verront jamais la lumière, car leur première conséquence sera la réduction du nombre des députés du PND au sein du Parlement.

— Le PND affirme que le dialogue national est la preuve que la réforme politique est déjà entamée en Egypte. Qu'en dites-vous ?

— Je ne vois pas quelle est l'importance d'un tel dialogue si les lois régissant les partis politiques et définissant l'exercice des droits politiques n'ont pas été remaniées et si la loi d'urgence est toujours en vigueur. Plus encore, ce dit dialogue national n'a eu aucun résultat jusqu'à présent. Au début, des réunions ont été tenues avec les présidents des partis politiques et les responsables du PND. Quelques semaines après, c'était le calme le plus total. Apparemment, le dialogue a échoué, car le PND ne va pas accepter de perdre ou de réduire son autorité. D'ailleurs, j'estime qu'on a eu recours à ce dialogue national à cause des pressions exercées par des forces étrangères pour instaurer une ambiance plus démocratique en Egypte.

— Est-il prévu que les lois sur la réforme politique passent au Parlement lors de la prochaine session ?

— Le gouvernement devra présenter la loi sur l'organisation de l'exercice politique avant les élections législatives de 2005. Pourtant, jusqu'à présent, on n'a pas décidé quel sera le système électoral qui sera suivi. Sera-t-il par liste ou individuel. Nous allons réclamer au gouvernement de présenter cette loi importante au début de la session afin d'avoir le temps de la discuter. Mais, on a peur que le gouvernement la passe à la fin de la session en toute rapidité et sans être bien discutée.

Retour au sommaire

Mohamad Moussa:
« Le dialogue national n'a pas échoué »

Al-Ahram Hebdo : L'opposition voit que cette session est très faible. Qu'en pensez-vous ?

Mohamad Moussa : Les députés de l'opposition n'ont d'autres occupations que de faire des critiques, car ils savent que c'est ce genre de propos qui les rendent au centre d'intérêt des médias. Comment voient-ils que cette session était faible si nous y avons discuté d'importantes lois économiques, comme la loi sur l'investissement et les moyennes et petites entreprises. Nous n'avons toutefois pas négligé le côté social. Nous avons promulgué une loi très importante sur le tribunal de la famille qui va faciliter les procédures des procès de statut personnel. Au niveau du contrôle sur l'action gouvernementale, nous avons assisté à des interrogations importantes sur la corruption dans les ministères de l'Agriculture, de l'Habitat, de l'Industrie et des Affaires sociales. Si le Parlement ne fait que ce que le gouvernement lui ordonne de faire comme avance l'opposition, comment donc a-t-on pu avoir ces interrogations ? Le président du Parlement a pris des mesures pour organiser la discussion des interrogations, car le Parlement perd déjà deux mois de chaque session dans les discussions du budget et la déclaration de politique générale du gouvernement et donc il faut bien investir le temps qui reste. Toutefois, le Parlement discute des dizaines d'interpellations et de questions par mois. Pourquoi l'opposition ne s'intéresse-t-elle qu'aux interrogations seulement ? De même, ce qui caractérise cette session est que le PND a perdu 20 de ses membres qui n'ont pas accompli leur service militaire. On a transféré l'affaire à la justice, non pour ralentir les procédures, mais pour éviter la contradiction entre deux clauses l'une dans la loi de l'Assemblée du peuple et l'autre dans celle sur l'exercice politique. L'affaire a concerné non seulement les députés du PND, mais trois de l'opposition.

— Y a-t-il une véritable volonté de la part du gouvernement de lancer une réforme politique ?

— Oui, bien sûr. On a déjà commencé. Aujourd'hui, les élections se tiennent sous la surveillance et le contrôle judiciaire. C'est une étape très importante. Ce n'est pas obligatoire de faire promulguer chaque année une loi politique pour pouvoir dire que la réforme a commencé. A mon avis, s'il y a vraiment une intention de ne pas entamer une réforme politique, pourquoi a-t-on lancé le dialogue national ?

— L'opposition assure que le dialogue national a échoué et que l'Egypte n'a pris cette initiative que sous des pressions étrangères …

— L'Egypte ne permet à aucun pays étranger d'intervenir dans sa politique intérieure. Ce ne sont que des rumeurs non fondées, qui ont commencé à se répandre à la suite de la guerre contre l'Iraq. Quant au dialogue national, il va porter ses fruits tôt ou tard. Le fait que les réunions tenues entre les dirigeants des partis de l'opposition et les responsables du PND ont été suspendues ne signifie pas que le dialogue national a échoué. Ceci est dû au fait que ces derniers sont occupés par des questions sociales très importantes, comme la hausse des prix. Mais les réunions reprendront très prochainement. Soulignons aussi que ces démarches sont lentes afin d'aboutir à de bons résultats.

— La prochaine session sera la dernière de la législature actuelle. Quels sont les projets de lois qui vont être présentés au Parlement ?

— Toutes les lois relatives à la réforme politique seront sans doute reportées à la session prochaine. La loi sur l'exercice politique sera prioritaire afin de désigner le système électoral qui sera adopté lors des prochaines élections législatives qui seront tenues en 2005. On s'attend à ce que le gouvernement passe la loi sur l'union des occupants, la loi unifiée sur la construction ainsi que celle sur la relation entre le propriétaire et le locataire. Je pense que la prochaine session sera très agitée et nous allons assister à de vifs débats de la part du PND et de l'opposition lors de la discussion de ces lois. La loi sur le monopole devrait être également discutée.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631