|
Dans le cadre
des efforts visant à un retrait israélien de la bande de Gaza,
Le Caire a été ces derniers jours le théâtre
d'une intense activité diplomatique. Le chef de la diplomatie
égyptienne, Ahmad Maher, a eu des entretiens avec son homologue
français Michel Barnier ainsi qu'avec le sous-secrétaire d'Etat
américain pour les affaires du Proche-Orient, William Burns.
Le Quartette (les Etats-Unis, la Russie, l'UE et l'Onu) s'est
également réuni à Taba, en Egypte, en vue d'assurer un soutien
international aux efforts d'un règlement politique. Il s'agissait
aussi de discuter des moyens de placer le plan unilatéral du
retrait de Gaza dans le cadre de la Feuille de route, proposée
par le Quartette.
L'initiative égyptienne
repose sur une vision globale qui tend à poser les principes
pratiques d'un règlement politique en collaboration avec les
puissances internationales influentes. Le point de départ consiste
à prendre les mesures nécessaires pour éviter que le plan de
Sharon ne soit une manœuvre pour se débarrasser du fardeau que
représente la bande de Gaza. Et pour garantir l'exécution à
temps des accords convenus, l'Egypte a pris soin de proposer
un calendrier précis pour le retrait, sous supervision internationale.
Selon la conception
égyptienne, les efforts diplomatiques actuels représentent une
première étape du plan d'action égyptien. La deuxième concerne
le retrait de la bande de Gaza, le démantèlement des colonies
qui y existent avec trois autres en Cisjordanie. La troisième
étape prévoit enfin le retour des deux parties à la table de
négociations pour appliquer la Feuille de route.
Mais tandis que
l'Egypte poursuit ses efforts pour aider le peuple palestinien
à recouvrer ses droits légitimes et libérer ses terres, certaines
parties arabes mettent en doute les motifs de l'action égyptienne.
Elles laissent entendre que celle-ci repose sur des calculs
intéressés de court terme sans prendre en considération les
dangers latents liés à l'implication de l'Egypte dans le règlement
politique du conflit israélo-palestinien.
Nous sommes conscients
de ce qui se passe autour de nous, persuadés qu'il faut dépasser
ces tentatives de provocation pour concentrer notre attention
sur ce qui peut soutenir nos droits et nos causes. L'Egypte
doit maintenir son rôle régional pour faire face à tout ce qui
se prépare contre elle et contre le monde arabe.
La plupart des
écrits arabes qui critiquent le rôle de l'Egypte dans le retrait
israélien de la bande de Gaza reposent sur des jugements préconçus.
Ils s'appuient sur des analyses et des articles de presse israéliens
prétendant que l'action de l'Egypte sert les intérêts d'Israël
au détriment de ceux du peuple palestinien. Certaines parties
prétendent par ailleurs que les Palestiniens — Autorité
et factions — refusent l'intervention de l'Egypte
en Palestine. Une prétention erronée, contraire à la réalité
et qui témoigne d'un manque de connaissance des positions et
des obligations régionales arabes de l'Egypte. L'initiative
égyptienne n'est intervenue qu'après une approbation écrite
de la part du président Yasser Arafat. L'Egypte a posé comme
condition à l'application de son initiative que les Palestiniens
y soient favorables. Les Palestiniens sont d'ailleurs appelés
dans ce cadre à annoncer leur position à l'égard du rôle de
l'Egypte, à préciser leurs vues, ce qu'ils attendent de l'Egypte
et les moyens qu'ils estiment favorables à leur lutte et à la
libération de leur terre.
|