| Presse.
La santé du président
Moubarak, les rumeurs sur le prochain remaniement ministériel,
ainsi que la situation économique sont les thèmes forts
abordés par la presse cette semaine. |
De l'opération
chirurgicale
à l'opération économique
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Comme
on pouvait s'y attendre, la presse égyptienne s'est intéressée
à la santé du président de la République, qui s'est fait
opérer d'une hernie discale la semaine dernière en Allemagne.
Après les multiples interrogations sur la santé du président,
le quotidien Al-Gomhouriya a titré : « La
santé du président est excellente après l'opération, et
il reprendra ses activité très prochainement ».
Le ministre de la Santé, Awad Tagueddine, a déclaré à
la Une d'Al-Akhbar : « L'état de santé
du président est stable et excellent, et les résultats
de tous les examens médicaux qu'il a effectués sont normaux ».
Au-delà de la santé même du président, la presse s'est
surtout interrogée sur la situation économique et l'épineuse
question du changement.
En effet, Al-Wafd titre sur ”« Paralysie
dans les appareils de l'Etat à cause de la frayeur du
changement », et « Etat d'urgence à l'intérieur
des ministères », alors que dans Al-Ahrar,
on pouvait lire : « Des Prévisions de changement
sont annoncées deux semaines après la réussite de l'opération
chirurgicale du président », « Un Changement
total de personnes et de politiques », « Une
Réforme réelle pour tous les secteurs ».
Quant au quotidien londonien Al-Hayat,
il a écrit : « Moubarak rentre d'une chirurgie
simple pour une grande opération chirurgicale économique ».
Certains experts économiques estiment en effet « nécessaire
d'adopter un nouveau programme basé sur des changements
catégoriques et des politiques complémentaires dont le
but serait de libéraliser le commerce, promouvoir le secteur
privé, moderniser les institutions et l'administration,
et rendre plus concurrentielle la production locale »,
a ajouté Al-Hayat.
Le magazine hebdomadaire Al-Mossawer
a, lui, consacré tout un dossier sur les investissements
en Egypte, en mettant l'accent sur le fait que « l'Egypte
a perdu ses attraits pour l'investissement, en
passant du 10e au 93e rang ! », selon les
propos de Mohamad Al-Ghamrawi, président de l'Organisme
des investissements, qui ajoute que :« La
bureaucratie menace les investissements ».
Nabil Abdel-Fattah explique dans le quotidien
Al-Masri Al-Yom : « La confusion actuelle
autour de la date du remaniement ministériel est la signification
réelle qu'il n'y a aucune cristallisation des conceptions
nécessaires pour faire face aux problèmes. Il s'agit des
problèmes de stagnation, de gel politique, de la corruption,
des déséquilibres économiques, de la détérioration du
niveau de vie du peuple égyptien et de la mise à l'écart
des jeunes dans la politique ».
Plus pessimiste, Sayed Abdel-Ati parle,
dans Al-Wafd, que le « changement n'aura
pas lieu ». « Le problème c'est que nous
avons des gouvernements qui ne comprennent pas les grandes
transformations réalisées par le progrès technologique
dans le monde. Ils ne comprennent pas non plus que chaque
jour où nous n'avançons d'un pas, nous en faisons dix
en arrière par rapport au monde entier. Ces gouvernements
sont totalement inconscients du climat mondial nouveau.
On parle beaucoup des offres d'emplois et de l'investissement,
alors que le chômage augmente et l'investissement recule »,
poursuit Abdel-Ati, dans Al-Wafd. D'autres commentateurs
restent sceptiques sur l'avenir du pays. Abdallah Al-Sénaoui
a écrit dans l'hebdomadaire Al-Arabi : « La
situation dans notre pays est inquiétante. Avec l'absence
d'informations, un tas de rumeurs circulent ! Personne
ne sait ce qui se passera exactement, personne ne connaît
les limites du prochain remaniement. Qui partira ?
Qui restera ? Qui entrera ? Toute la décision
est entre les mains du président à Munich, et tout est
suspendu jusqu'à son retour ».
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| Hoda
Ghali |
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Péril
à Gaza |
Alors que les acteurs régionaux et
leurs homologues internationaux, réunis au sein du Quartette,
sont entièrement absorbés par les préparatifs du retrait
israélien de la bande de Gaza, personne ne semble avoir
pensé aux conditions de vie de la population
palestinienne, une fois achevé ce repli. Car ce dernier
n'aura de retombées bénéfiques pour ce territoire à
l'économie dévastée que s'il s'accompagne de diverses
mesures, dont la levée du bouclage qui étrangle l'économie
palestinienne.
C'est ce qu'a affirmé la Banque Mondiale
(BM), pour qui le retrait israélien « ne changera
pratiquement rien pour les Palestiniens ».
La BM estime que si l'évacuation annoncée d'ici à 2005
de la bande de Gaza, ainsi que de quatre colonies isolées
de Cisjordanie, ne devait pas s'accompagner d'une réouverture
des frontières pour la libre circulation des marchandises,
les pays donateurs rechigneraient à aider à remettre
sur pied l'économie locale. Les pays donateurs allouent
1 milliard de dollars par an à l'économie locale et
ils seraient prêts à fournir une rallonge de 500 000
dollars si les mesures de bouclage devaient être réduites
de manière radicale. Sans garantir l'accès au marché
palestinien aux pays tiers et sans l'ouverture dans
la bande de Gaza d'un port et d'un aéroport, le développement
à long terme de l'économie de cette région sera compromise.
Personne ne semble avoir pensé non
plus que la fermeture annoncée par Israël d'une zone
industrielle à l'entrée de la bande de Gaza va porter
un nouveau coup sévère à l'économie de ce territoire,
déjà saignée à blanc par plus de quatre ans de violences.
Le démantèlement de la zone industrielle d'Erez, annoncée
dans la foulée du retrait prévu d'Israël, mettra au
chômage quelque 4 800 ouvriers palestiniens et
privera des milliers de familles palestiniennes de leur
unique source de revenu. Il entraînerait une hausse
de 4 % du taux de chômage parmi les Palestiniens.
Enfin, personne ne semble s'être intéressée
au sort des quelque 15 000 sans-abri palestiniens
de Rafah et son camp de réfugiés dont les maisons ont
été rasées par l'armée israélienne depuis le début de
l'Intifada en septembre 2000. Le coût du relogement
de ces familles s'élève à 45 millions de dollars. Même
si aucune nouvelle destruction n'a lieu à Rafah et si
les projets de relogement planifiés ou en cours sont
achevés, 1 691 familles resteront sans domicile.
Dans ces conditions, il est fort à
craindre que le retrait annoncé d'Israël ne transforme
la bande de Gaza en une vaste prison, où tous les ingrédients
sont réunis pour une montée de l'instabilité.
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