Une
fois de plus, les pourparlers multilatéraux sur le programme
nucléaire nord-coréen n'ont pas permis de résoudre les divergences
entre Pyongyang et Washington. La troisième série de négociations
à six, tenue à Pékin, s'est achevée samedi en ne débouchant
que sur des avancées mineures et sur un accord de reprise des
discussions fin septembre dans la capitale chinoise, a déclaré
le chef de la délégation nord-coréenne à ces pourparlers, Lee
Soo-Hyuck. Trois séries de pourparlers en dix mois n'ont pas
permis de résoudre la crise provoquée en octobre 2002 par l'annonce,
par les Etats-Unis, de l'existence d'un programme secret d'enrichissement
d'uranium en Corée du Nord.
Ces derniers pourparlers ont regroupé les deux
Corées, la Chine, le Japon, la Russie et les Etats-Unis. « Les
résultats peuvent être qualifiés pour l'instant de mitigés,
il n'y a pas eu de progrès significatifs », a de son
côté déclaré un haut responsable américain, ajoutant qu'il n'y
avait pas de progrès tangibles pour rédiger une déclaration
commune.
Principale pierre d'achoppement : la demande
coréenne d’une aide économique immédiate pour geler son programme
nucléaire. En revanche, les Etats-Unis exigent un engagement
de Pyongyang pour le démantèlement complet de son programme
avant d'examiner les demandes de compensation économique et
de garanties de sécurité de la Corée du Nord. Les débats ont
été essentiellement assombris par des informations non officielles
selon lesquelles la Corée du Nord aurait tiré un missile à courte
portée juste avant le début des pourparlers à Pékin.
Les Etats-Unis ont pourtant proposé vendredi
une période préparatoire de trois mois avant un démantèlement,
et durant laquelle ils examineraient les requêtes de Pyongyang.
Samedi, le directeur général de l'AIEA, Mohamad Al-Baradei,
a salué cette première offre de l'Administration américaine
à la Corée du Nord sur son programme nucléaire comme « un
pas dans la bonne direction ». Kofi Annan a déclaré
de son côté qu'il espérait que la Chine pourrait convaincre
la Corée du Nord de ne pas mettre à exécution ses menaces de
tester son armement nucléaire. « Les Chinois jouent
là un rôle très important », a déclaré M. Annan. « Et
j'espère qu'ils pourront dissuader les Nord-Coréens, s'ils ne
bluffent pas, de s'engager sur cette voie ».
Affirmant la disposition de son pays à mettre
fin à la crise, un représentant nord-coréen a précisé la position
de Pyongyang : « Non seulement nous gèlerons les
installations, mais nous le démantèlerons lorsque les conditions
seront remplies », a déclaré Hyu Hak. « Le
gel débutera lorsque nous obtiendrons des compensations »,
a-t-il ajouté.
Voulant minimiser la portée des divergences,
le chef de la délégation chinoise aux pourparlers à six, Wang
Yi, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse immédiatement
après la fin de la troisième série de pourparlers, a salué la
bonne volonté nord-coréenne : « La Corée du Nord est
prête à abandonner toutes ses armes nucléaires et ses programmes
militaires nucléaires de manière transparente », ajoutant
que les principaux points qui restent à débattre pour résoudre
la crise étaient le périmètre et les moyens de la dénucléarisation,
ainsi que le périmètre d'un gel et ses contreparties. Il a cependant
reconnu l’existence « de graves divergences entre les
deux parties à propos du programme d'enrichissement d'uranium.
Nous espérons que cette question, ainsi que d'autres, pourront
rapidement être clarifiées et résolues », a-t-il conclu.