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Palestine . Les rencontres diplomatiques se multiplient pour donner une impulsion au plan israélien de retrait de la bande de Gaza. Alors que sur le terrain, la violence se poursuit.

Soutien international au retrait de Gaza

Le Proche-Orient était le théâtre d'un ballet diplomatique visant à préparer le terrain au retrait israélien de la bande de Gaza. Ainsi, l'émissaire américain pour le Proche-Orient, William Burns, a rencontré samedi à Ramallah le premier ministre palestinien, Ahmad Qorei. A l'issue de la rencontre, il a déclaré que les Etats-Unis feront leur possible pour assurer le succès du plan israélien de retrait de la bande de Gaza.

« Nous pensons sincèrement qu'il s'agit d'une opportunité qu'il faut saisir et que personne ne peut se permettre de laisser passer », a déclaré M. Burns à l'issue de l'entretien qu'il a qualifié « d'excellent ». M. Burns a ajouté que l'Administration Bush et le Quartette sur le Proche-Orient tentaient « d'élaborer un plan d'action politique lié au désengagement de Gaza et de parties de la Cisjordanie ». « J'ai souligné une fois de plus notre soutien solide aux efforts de l'Egypte dans ce cadre et nous avons discuté en termes pratiques des moyens par lesquels l'Egypte peut aider les Palestiniens à reconstruire leur capacité à maintenir la loi et l'ordre », a-t-il ajouté.

De son côté, M. Qorei a de nouveau averti que le retrait israélien devrait s'effectuer dans le cadre de la « Feuille de route », sinon il aurait peu d'importance. « Si cela ne se fait pas dans le cadre de la Feuille de route, il constituerait simplement un saut en l'air », a-t-il dit.

Cette Feuille de route, dernier des plans de paix internationaux pour le conflit israélo-palestinien, demande notamment aux Palestiniens de reconstruire leurs services de sécurité et d'annoncer un cessez-le-feu, et à Israël de cesser ses opérations militaires contre les populations civiles qui minent la confiance.

Le même jour, la France a réitéré son soutien aux efforts de l'Egypte pour mettre en place des arrangements de sécurité avant un retrait israélien de la bande de Gaza. « La France soutient l'action de l'Egypte à titre national et dans le cadre européen », a déclaré la porte-parole adjointe du ministère des Affaires étrangères, Cécile Pozzo di Borgo. La responsable a souligné que ces efforts étaient « en harmonie avec la Feuille de route ».

Jeudi, le Quartette, réuni à Taba, avait également apporté son soutien à l'initiative de l'Egypte qui a proposé de jouer un rôle dans le maintien de la sécurité dans la bande de Gaza après le retrait israélien unilatéral envisagé par le premier ministre, Ariel Sharon, et qui devrait s'achever à l'automne 2005. Le Caire avait proposé d'envoyer 150 à 200 officiers de police pour entraîner une force palestinienne de 30 000 policiers chargée de maintenir l'ordre.

L'Egypte est, cependant, favorable à l'envoi d'observateurs internationaux à sa frontière avec la bande de Gaza, après le retrait israélien de ce territoire prévu en 2005, a déclaré samedi le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Maher. « Nous refusons la présence israélienne » à la frontière, a déclaré M. Maher à la presse, indiquant la nécessité de la « présence d'observateurs internationaux pour s'assurer que les deux parties respectent leurs engagements ».

Les propos du chef de la diplomatie égyptienne sont intervenus après que le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, eut jugé vendredi que les « intentions de l'Egypte » concernant la bande de Gaza étaient « sincères », mais a souligné qu'Israël ne quitterait pas la zone frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, connue sous le nom de « couloir de Philadelphie », et qui, selon lui, sert de contrebande d'armes par tunnels entre ces deux territoires.


Israël poursuit les liquidations

Sur le terrain, Israël a tué lundi un Palestinien près d'une colonie juive dans le sud de la bande de Gaza. Dimanche, deux Palestiniens ont été également tués dans le secteur de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Samedi, huit activistes ont été tués lors d'une opération de ratissage dans la casbah de Naplouse (nord de la Cisjordanie). Le chef des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa pour la Cisjordanie, Nayef Abou-Charekh, 42 ans, traqué depuis plusieurs années par Israël qui le tenait pour responsable d'une série d'attentats meurtriers, a été tué en compagnie de cinq autres activistes armés, dont les chefs locaux des mouvements islamistes du Hamas et du Djihad islamique.

Deux autres activistes ont été abattus par les soldats lors de cette opération, que le premier ministre palestinien, Ahmad Qorei, a qualifiée de « crime odieux », accusant Israël d'assassiner des « combattants de la liberté ». « C'est un message au monde entier qu'il faut forcer Israël à ne plus agir comme s'il était au-dessus de la loi », a-t-il ajouté.

Groupe armé lié au mouvement Fatah du dirigeant Yasser Arafat, mais relativement autonome, les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa ont promis de venger la mort de Charekh « d'une façon qui ne s'est jamais vue, en attaquant des soldats, des colons et en Israël même ».

Pour sa part, le chef de la diplomatie égyptienne a vivement condamné la liquidation par Israël de ces activistes, mais il a assuré que ce type d'actions n'empêchera pas Le Caire de continuer à travailler pour l'application de son plan de sécurité dans la bande de Gaza. « L'Egypte dénonce ces agissements agressifs et estime qu'ils sont contraires à la volonté exprimée par Israël de parvenir à la paix », a déclaré dimanche Ahmad Maher aux journalistes.

Rania Adel

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