« Nous pensons sincèrement qu'il s'agit
d'une opportunité qu'il faut saisir et que personne ne peut
se permettre de laisser passer », a déclaré M. Burns
à l'issue de l'entretien qu'il a qualifié « d'excellent ».
M. Burns a ajouté que l'Administration Bush et le Quartette
sur le Proche-Orient tentaient « d'élaborer un plan
d'action politique lié au désengagement de Gaza et de parties
de la Cisjordanie ». « J'ai souligné une fois
de plus notre soutien solide aux efforts de l'Egypte dans ce
cadre et nous avons discuté en termes pratiques des moyens par
lesquels l'Egypte peut aider les Palestiniens à reconstruire
leur capacité à maintenir la loi et l'ordre », a-t-il
ajouté.
De son côté, M. Qorei a de nouveau averti que
le retrait israélien devrait s'effectuer dans le cadre de la
« Feuille de route », sinon il aurait peu d'importance.
« Si cela ne se fait pas dans le cadre de la Feuille
de route, il constituerait simplement un saut en l'air »,
a-t-il dit.
Cette Feuille de route, dernier des plans de
paix internationaux pour le conflit israélo-palestinien, demande
notamment aux Palestiniens de reconstruire leurs services de
sécurité et d'annoncer un cessez-le-feu, et à Israël de cesser
ses opérations militaires contre les populations civiles qui
minent la confiance.
Le même jour, la France a réitéré son soutien
aux efforts de l'Egypte pour mettre en place des arrangements
de sécurité avant un retrait israélien de la bande de Gaza.
« La France soutient l'action de l'Egypte à titre national
et dans le cadre européen », a déclaré la porte-parole
adjointe du ministère des Affaires étrangères, Cécile Pozzo
di Borgo. La responsable a souligné que ces efforts étaient
« en harmonie avec la Feuille de route ».
Jeudi, le Quartette, réuni à Taba, avait également
apporté son soutien à l'initiative de l'Egypte qui a proposé
de jouer un rôle dans le maintien de la sécurité dans la bande
de Gaza après le retrait israélien unilatéral envisagé par le
premier ministre, Ariel Sharon, et qui devrait s'achever à l'automne
2005. Le Caire avait proposé d'envoyer 150 à 200 officiers de
police pour entraîner une force palestinienne de 30 000
policiers chargée de maintenir l'ordre.
L'Egypte est, cependant, favorable à l'envoi
d'observateurs internationaux à sa frontière avec la bande de
Gaza, après le retrait israélien de ce territoire prévu en 2005,
a déclaré samedi le ministre égyptien des Affaires étrangères,
Ahmad Maher. « Nous refusons la présence israélienne »
à la frontière, a déclaré M. Maher à la presse, indiquant la
nécessité de la « présence d'observateurs internationaux
pour s'assurer que les deux parties respectent leurs engagements ».
Les propos du chef de la diplomatie égyptienne
sont intervenus après que le ministre israélien de la Défense,
Shaoul Mofaz, eut jugé vendredi que les « intentions
de l'Egypte » concernant la bande de Gaza étaient « sincères »,
mais a souligné qu'Israël ne quitterait pas la zone frontière
entre la bande de Gaza et l'Egypte, connue sous le nom de « couloir
de Philadelphie », et qui, selon lui, sert de contrebande
d'armes par tunnels entre ces deux territoires.