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Gaza . Un rapport de la Banque mondiale examine les retombées économiques de l'application du plan de « désengagement d'Israël » et souligne que la crise ne pourra pas être enrayée sans une levée du blocus des territoires palestiniens. Etat des lieux.

Quatre scénarios pour une relance improbable

Négligeable serait l'impact économique du désengagement proposé par Sharon, si le blocus imposé depuis deux ans sur les territoires palestiniens demeure. C'est la conclusion d'une étude effectuée par la Banque Mondiale (BM) et rendue publique jeudi dernier. Cette étude établie à la demande de l'autorité palestinienne, d'Israël, et de la communauté internationale, analyse les retombées économiques du « plan de désengagement », proposé par le premier ministre israélien, Ariel Sharon, sur les territoires palestiniens. Ce plan prévoit le retrait unilatéral de la bande de Gaza ainsi que le démantèlement d'ici à la fin 2005 de colonies dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Bien que la résolution soit perçue par la communauté internationale comme un pas en avant dans la normalisation des relations entre les deux belligérants, la BM émet des réserves : car, si ce plan de retrait n'est pas accompagné d'un vrai assouplissement de la politique de bouclage des territoires palestiniens par l'armée israélienne, il n'aura qu'un impact très limité sur l'économie palestinienne. Ajoutant qu'elle pourrait bénéficier de ce retrait, si Israël libéralisait les échanges avec la bande de Gaza.

En fait, depuis le bouclage de ce territoire, en 1994 et qui s'est intensifié depuis 2000 pour s'étendre à l'ensemble des territoires occupés enclavant presque la bande de Gaza et isolant les villes de Cisjordanie. Entre 2000 et 2002, l'économie palestinienne a subi une des pires récessions des temps modernes, pire que celle des Etats-Unis au moment de la grande dépression des années 1930. Son Produit Intérieur Brut (PIB) per capita a chuté de près de 40 %, alors que le taux de chômage a augmenté de 10 %, pour atteindre 41 % en 2002.

Cela est notamment dû au nombre de travailleurs palestiniens qui se rendaient en Israël pour travailler. Ce nombre, selon l'étude, a gravement diminué.

L'étude de la Banque mondiale a mis en place 4 scénarios de la situation économique jusqu'en 2006, tout en supposant que la baisse du nombre de travailleurs en Israël allait se poursuivre.

Le premier scénario, celui du statu quo — c'est-à-dire si rien ne change d'ici 2006. L'étude estime que la situation ne diffère pas du deuxième scénario qui montre l'évolution des indices économiques après la mise en action du plan du désengagement. Dans ces deux scénarios, le PIB per capita baisse par rapport à celui de 2003. Ainsi, contre 925 dollars en 2003, le PIB per capita atteint dans les deux scénarios les 870 dollars environ. Le taux de chômage continue à augmenter durant cette période pour atteindre, dans les deux scénarios, respectivement 34 et 35 %, contre 26 % en 2003. Parallèlement, le taux de pauvreté passera de 47 % en 2003 à 56 % en 2006.

Par ailleurs, l'étude a souligné l'importance de la reprise des exportations palestiniennes, indispensables à l'amélioration des conditions économiques dans les territoires palestiniens. Or, 90 % des exportations palestiniennes vont vers Israël ou bien passent à travers l'Etat hébreu. Celles-ci ont baissé notamment en raison du blocus israélien. C'est pourquoi le troisième scénario traite de la levée de ce blocus, en étudiant l'impact d'une ouverture des frontières des territoires.

Ce scénario, donc, prévoit un retrait ainsi qu'une ouverture des barrières entre Gaza et la Cisjordanie et l'ouverture des frontières avec l'Etat hébreu. Cette ouverture, seule, mènerait à la hausse du PIB per capita à 1 068 dollars (contre 925 dollars en 2003). Et par conséquent, le taux de chômage baisserait de 3 %. Mais le taux de pauvreté resterait presque inchangé.

Par ailleurs, le quatrième scénario, optimal selon les auteurs de l'étude, supposerait en plus des deux précédents facteurs (retrait et ouverture des frontières), l'augmentation des aides étrangères de 1,5 milliard de dollars, sachant que l'Autorité palestinienne bénéficie d'une aide d'un milliard de dollars par an provenant de donateurs internationaux, souligne le rapport qui ajoute que si les Palestiniens s'engagent à faire d'importantes réformes de leur système économique et sécuritaire, ils pourraient voir le montant de l'aide annuelle qu'ils reçoivent augmenter de 500 millions de dollars. Selon ce scénario, le PIB par individu atteindrait en 2006 1 250 dollars. Cette aide ferait baisser le taux de chômage à 14 % et le taux de pauvreté à 37 %.

La pierre d'achoppement du plan de retrait demeure la sécurité et le maintien de l'ordre. Sharon dit que son projet de retrait unilatéral vise à renforcer la sécurité de l'Etat israélien, et estime n'avoir aucun interlocuteur pour conduire des négociations du côté palestinien. Alors que, si la crise économique se poursuit, l'Autorité palestinienne pourrait « se disloquer », privant Israël d'un interlocuteur pour négocier un éventuel règlement pacifique du conflit, prévient la Banque mondiale.

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