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| Enseignement
. La décision prise par
le ministère en 2001 de sanctionner les élèves absents, pour
faire face au phénomène des faux certificats, soulève un tollé
parmi les parents, surtout ceux dont les enfants souffrent de
maladies chroniques. Et certains accusent les professeurs d'en
profiter pour arrondir leurs fins de mois.
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Les
maux de l'absentéisme |
Hassan, en
2e année secondaire, inscrit dans une école gouvernementale,
est tombé malade. Diagnostic : hépatite virale. La maladie
étant contagieuse, le médecin a prescrit un repos absolu de
deux mois d'autant plus qu'il pourrait contaminer ses camarades.
Une semaine plus tard, le père de Hassan se rend à l'école pour
aviser la direction que son fils est bien malade et avec les
papiers qui le prouvent. Le
directeur de l'école, n'étant pas convaincu, lui demande de
se rendre à l'administration de l'éducation et au ministère
de l'Education pour attester que les documents ne sont pas faux.
Vu la lenteur bureaucratique, le père a mis un mois pour régler
ce problème. Il se présente de nouveau chez le directeur de
l'école pour remettre les documents avec le cachet attestant
qu'ils ne sont pas falsifiés, mais ce dernier lui apprend que
son fils a été renvoyé de l'établissement. Une histoire abracadabrante
mais pourtant bien réelle. « En principe, l'administration
ne doit pas mettre en doute les paroles d'un père, encore moins
de soupçonner que le certificat médical délivré est un faux.
Mon fils était dans un état de santé déplorable, je ne pouvais
pas le laisser aller à l'école. De plus, cette maladie est contagieuse
et il fallait bien le garder à la maison pour ne pas contaminer
ses camarades. Je suis d'autant plus perplexe que mon fils est
parmi les premiers de sa classe, il n'aurait donc aucune raison
de s'absenter. Il est inadmissible qu'on le renvoie aussi facilement »,
s'indigne le père. Beaucoup de parents d'élèves ont vécu une
situation similaire et partage l'avis du père de Hassan. « C'est
inadmissible qu'un élève soit contraint de redoubler sa classe
ou d'être renvoyé de l'école parce qu'il s'est absenté quelques
jours ». |
La décision et ses raisons
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Tout a commencé
avec le décret ministériel n°190 promulgué le 5/9/2001 et mis
en application durant l'année scolaire 2001/2002. Ce nouveau
système instauré par le ministre de l'Education, Hussein Kamel
Bahaeddine, stipule que tout élève qui s'absente pendant 30
jours durant l'année scolaire n'est plus autorisé à passer ses
examens et est appelé à redoubler sa classe et celui qui s'absente
15 jours consécutifs est carrément renvoyé de l'école.
En fait, ce décret
exige de l'élève une accumulation de présences en classe de
85 % durant toute l'année. « Mais l'élève n'est
jamais exclu d'emblée. C'est après trois lettres d'avertissement
transmises aux parents que la décision de renvoi est notifiée »,
justifie Kamel Enani, responsable de l'enseignement secondaire
au ministère de l'Education.
Cependant, beaucoup
se plaignent que ce n'est souvent pas le cas, et qu'ils n'ont
jamais reçu ladite lettre. Wissam est un exemple parmi tant
d'autres. La direction de son école n'a jamais envoyé de lettres
d'avertissement aux parents disant que Wissam risque d'être
renvoyé de l'école dans les cinq jours qui suivent. Aujourd'hui,
l'élève a accumulé 30 jours d'absence. Et le jour où il est
revenu à l'école, il est aussitôt rentré à la maison pour lancer
à ses parents avec nonchalance : « Je suis renvoyé ».
Choqués, les parents de Wissam se rendent au ministère de l'Education
pour ratifier son certificat médical prouvant qu'il souffre
de rhumatisme articulaire aigu.
« Le ministère
exige des parents de prouver que leur enfant est bien malade
en remettant le certificat médical et tous les examens médicaux
qui montrent que l'enfant est bien malade. Ils doivent être
authentifiés par un responsable », explique Kamel Enani.
Pourtant, dans le cas de Wissam, les parents passent d'un bureau
à l'autre pour essayer d'obtenir les papiers mais en vain. Si
Hassan, Wissam et bien d'autres élèves sont victimes de ces
dures sanctions, pour le ministère, cette décision n'a pas été
promulguée sans raison. En 2001 seulement, 180 000 élèves
ont présenté de faux certificats médicaux 15 jours avant la
rentrée des classes pour ne pas assister aux cours, surtout
des élèves de 2e et 3e années secondaires, car ces derniers
préfèrent travailler à la maison.
Mais parfois la
décision est appliquée d'une manière aveugle. Moheb est en 1re
année secondaire. C'est en allant à l'école que ce dernier a
été percuté par une voiture. Avec deux jambes fracturées, il
a dû subir plusieurs interventions chirurgicales. Un état qui
nécessite deux mois d'hospitalisation. Cependant, malgré la
gravité de l'accident, l'administration de l'école a commencé
à prendre des dispositions pour l'exclure de l'école persuadé
encore une fois que les parents de cet élève vont remettre des
documents falsifiés, comme c'est souvent le cas.
En effet, très
souvent, les médecins délivrent des certificats médicaux à tort
et à travers, inventant des maladies chroniques ou des états
dépressifs. C'est la raison pour laquelle lorsqu'un élève présente
un certificat médical, la direction de l'école ne le reconnaît
pas, même si l'élève est réellement souffrant et lui demande
plus de justifications. Habituellement, le personnel enseignant
suit la routine et applique les articles de la décision sans
réfléchir. « On ne reconnaît même pas les maladies chroniques
dont la guérison peut dépasser plus de 30 jours et ce, même
si on présente tous les documents nécessaires de l'assurance
médicale et du comité sanitaire auprès du ministère de la Santé »,
ajoute les parents d'Omar. Ce dernier, souffrant de fièvre rhumatismale,
a besoin de deux mois d'absence de l'école mais ses parents
ne parviennent pas à l'obtenir. Résultat, en attendant le certificat,
Omar est obligé de se rendre tous les jours à l'école en dépit
de son état de santé. |
Les lacunes de la décision
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Le problème se
complique, quand le professeur exploite cette décision pour
son intérêt personnel. « Ce n'est pas vrai que mon fils
s'est absenté pendant 27 jours depuis le mois de septembre jusqu'aujourd'hui.
Pourtant, selon l'administration, il ne lui reste que 3 jours
d'absence avant d'être sanctionné », affirme Gihane,
maman de Saïd qui, habitant en face de l'école, surveille son
fils à la rentrée et à la sortie des classes, tous les jours.
Cependant, si Saïd
est en retard de 5 minutes, il ne se donne même pas la peine
d'aller en cours. Raison avancée par l'élève. « Je suis
toujours absent même si je suis présent ». En fait,
le professeur le sanctionne parce que Saïd a choisi de prendre
des cours particuliers avec d'autres professeurs. Résultat,
l'élève peut-être parfois menacé d'être inscrit absent dans
les registres, même s'il est présent. Et il existe d'autres
élèves qui n'assistent jamais aux cours mais qui sont toujours
présents sur les registres, car ils ont eu la bonne idée de
prendre leurs cours avec le professeur de l'école ! « Si
tu veux que je note que tu es présent en classe, il est indispensable
que tu prennes des cours particuliers avec moi, voilà ce que
m'a dit mon professeur », explique Hamdi, une autre
victime en 3e année secondaire. Ce dernier a mentionné qu'on
l'avait inscrit absent du 20/12/2003 au 27/12/2003 dont un vendredi.
« On doit donner de l'argent ou offrir des cadeaux chers
pour réussir à annuler l'absence », s'indigne l'une
des mères, outrée, car elle a peur que son fils redouble l'année.
Ainsi, le professeur qui veut boucler ses fins de mois réussit
à obliger les élèves d'une façon ou d'une autre à recourir aux
leçons particulières chez lui, en utilisant cette loi. Les seuls
élèves qui font exception et qui ne sont pas forcément soumis
à cette décision : les champions sportifs. Il faut devenir
champion dans une activité sportive, car selon la loi, l'élève
qui devient champion sportif et participe aux championnats (internationaux
ou officiels organisés par la direction générale de l'éducation
sportive) à le droit de s'absenter. Morale de l'histoire. Un
élève souffrant d'une fièvre rhumatismale devrait vite s'inscrire
dans l'équipe de basket popouvoir s'absenter !
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| Manar
Atteya |
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« Il
faut toujours marier modernisme et tradition » |
Vittorio
Missoni, vice-président de
la chambre de la mode italienne et styliste de la célèbre maison
de couture italienne Missoni, était au Caire pour présenter
un défilé représentant une rétrospective de 50 années de cette
maison. Il s'exprime sur l'importance de respecter la
tradition dans la mode moderne. |
Al-Ahram
Hebdo : Pourquoi l'Egypte pour célébrer cette rétrospective ?
Vittorio Missoni : C'est une belle opportunité pour
présenter une telle rétrospective, puisque nous soutenons un
projet en faveur de la femme bédouine réalisé par l'ambassade
d'Italie au Caire en collaboration avec le ministère égyptien
de l'Industrie et l'Institut Burgo de Milan. Ce projet doit
permettre d'adapter cet artisanat traditionnel à la modernité.
Etant vice-président de la chambre de la mode italienne, mon
président m'a proposé d'aller au Caire pour présenter ce défilé
bédouin. J'ai donc accepté avec enthousiasme de venir dans un
pays comme l'Egypte. Et quand les organisateurs ont appris que
c'était Missoni qui venait, ils nous ont demandé d'organiser
aussi notre défilé. L'événement devant avoir lieu dans un site
historique, comme les Pyramides, la maison Missoni ne
pouvait donc pas se contenter d'un défilé ordinaire, c'est ainsi
que nous avons décidé de présenter une rétrospective de 50 ans
de la maison.
— Vous êtes connu pour vos couleurs et votre traitement
des tissus. Les bédouins vous ont-ils inspiré en quelque sorte ?
— Les bédouins ont des couleurs incroyables. Je connais
bien les costumes bédouins et leur travail, que je trouve magnifique.
Et je me souviens, étant petit avec mes parents, nous faisions
beaucoup de voyages dans le monde arabe. Nous avons été dans
le désert en Egypte, au Maroc et dans d'autres pays d'Afrique
du Nord. Il y a toujours ces traditions, ces couleurs, ces costumes
fascinants et cette façon dont on marie les couleurs en utilisant
le matériel naturel. Alors, je peux dire que cet artisanat a
toujours été une sorte d'inspiration qui ne date pas d'aujourd'hui.
Et lorsque l'on regarde l'Egypte et la civilisation égyptienne,
qui date de 7 000 ans et qui était pourtant si moderne,
et ses bijoux qui ont suscité tant de modes. Les silhouettes
des femmes représentées sur les bas-reliefs sont magnifiques
lorsqu'il s'agit de design. Donc, il faut toujours utiliser
la tradition comme source d'inspiration. Mes parents ont d'ailleurs
toujours dit que Missoni, avec ses couleurs, remonterait
bien à 2 000 ans.
— Et les caftans figurant dans ce défilé ?
— C'est à partir de notre rétrospective que ma mère
et ma sœur ont créé des modèles de cafetans. Le message qui
s'en dégage est que les habits créés dans les années 1960-1970
peuvent être adaptés à la mode d'aujourd'hui et devenir actuels
et modernes. On a également choisi les modèles les plus traditionnels
en pensant à des clients arabes. Car nous en avons beaucoup
qui viennent par exemple des Emirats et qui nous commandent
des pièces de la collection, mais plus adaptés à leurs traditions.
Pour des robes de soirée longues, nous pouvons rajouter des
châles qui sont modernes, actuels, mais qui respectent les traditions.
Et ça aussi, c'est important. Je dois dire que ça a eu beaucoup
de succès.
— Après 50 ans de Missoni, que pensez-vous apporter
de nouveau ?
— En 50 ans, nous ne nous sommes jamais arrêtés. Nous
avons toujours cherché à maintenir notre tradition de couleurs,
de tissus et d’élaboration, mais en essayant toujours d'être
modernes et contemporains. Disons que notre but, c'est d'être
toujours prêts pour les 50 prochaines années, sans désavouer
notre tradition. Actuellement, notre but est vraiment de moderniser
notre collection. Et on s'en rend compte parce qu'on a un marché
qui se renouvelle beaucoup.
— Comment faire la synthèse entre tradition et modernité ?
— La tradition, c'est la recherche, la matière, les
couleurs, la façon de travailler la matière, la couleur et le
matériel. La modernité, c'est la ligne, le design contemporain.
Il faut toujours marier les deux. De plus, il faut penser également
à la manière de présenter son produit. L'étude de l'image, la
façon de présenter, la photographie, la publicité. Il faut être
contemporain avec des produits qui suivent la tradition, la
qualité ... jamais sortir de la qualité ni la réduire
pour plus de bénéfices. Il faut également beaucoup de recherches
et d'études sur la couleur et sur la façon de créer nos tissus.
— Dans la collection de 2004, il y a beaucoup de mariage
entre les matières ...
— En effet, aujourd'hui, on a tendance à mettre différentes
matières ensemble et à marier le simple et le plus habillé.
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Propos recueillis
par
Nabila Massrali
(avec Randa Achmawi) |
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