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Arabie
Saoudite . Le pays a été victime
d'une nouvelle vague de violence. Le risque d'autres attentats
terroristes plane sérieusement. |
| Terrorsime,
alerte maximale |
L'Arabie
saoudite, frappée par une série d'attaques meurtrières ces derniers
jours à Al-Khobar (est), est menacée par une nouvelle « attaque
spectaculaire » de terroristes islamistes dans les
quelques jours à venir. C'est ce qu'ont affirmé lundi des sources
proches des milieux du renseignement. Ce nouvel attentat pourrait
frapper bientôt un site pétrolier très important ou la voie
reliant le royaume wahhabite à Bahreïn, selon ces mêmes sources.
« De nouvelles attaques contre les Occidentaux en Arabie
saoudite sont probables », a de son côté déclaré lundi
l'ambassadeur britannique dans le royaume saoudien, Sherard
Cowper-Coles, à la suite de l'attentat de Khobar qui a fait
samedi et dimanche 22 morts, dont 19 étrangers.
L'Arabie est aujourd'hui hantée par la crainte
d'un nouvel attentat spectaculaire. Plusieurs pays occidentaux,
dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Australie,
ont averti leurs ressortissants des risques qu'ils courent en
Arabie, après l'attaque d'Al-Khobar.
Tout a commencé samedi quand quatre membres
présumés d'Al-Qaëda ont attaqué un bâtiment d'une compagnie
pétrolière d'Al-Khobar, ville qui fait face à l'archipel de
Bahreïn. Ils ont ensuite semé la terreur dans la ville en attaquant
un bus transportant des Occidentaux, puis un « centre
pétrolier » avant de prendre une cinquantaine de personnes
en otages. Dimanche à l'aube, une quarantaine de soldats saoudiens
ont pénétré dans l'immeuble où étaient retenus les otages et
ont évacué de l'immeuble vingt personnes tuées, dont un Américain,
un Britannique, un Italien, un Suédois et huit Indiens, outre
un bon nombre de blessés. Les autres victimes sont deux Sri-Lankais,
trois Saoudiens, un Sud-Africain, un Egyptien et trois Philippins.
Quant au reste des otages — dont cinq Libanais — ils
avaient été libérés par les ravisseurs samedi. C'est la troisième
fois que des Occidentaux sont tués en Arabie depuis le début
du mois de mai.
Selon l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Washington,
Bandar bin Sultan, les forces de sécurité avaient réussi aussi
à sauver sept otages américains, avant la fin de l'opération.
Trois des assaillants qui ont mené ces attaques meurtrières
ont échappé aux forces de sécurité alors que le quatrième a
été arrêté, a annoncé dimanche le ministère saoudien de l'Intérieur.
L'attaque a été revendiquée par Al-Qaëda
dans deux communiqués et un message audio attribués à ce réseau
terroriste en Arabie saoudite et à son chef, Abdel-Aziz Al-Mouqrin,
parus sur des sites Internet islamistes. Dans un message qui
lui est attribué et publié dimanche, Al-Qaëda a affirmé
sa détermination à « nettoyer la Péninsule arabique
des mécréants », en référence aux Occidentaux. « Nous
renouvelons notre détermination à repousser les forces croisées
et de l'arrogance, à libérer la terre des musulmans, à appliquer
la charia (loi islamique) et à nettoyer la Péninsule
arabique des mécréants », lit-on dans ce message.
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Le dilemme de Riyad
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Berceau de l'islam dont il abrite ses deux
premiers lieux saints à La Mecque et Médine, l'Arabie se trouve
aujourd'hui confrontée à une vague de terrorisme sans précédent,
imputée à Al-Qaëda d’Ossama bin Laden. Riyad a beau avoir
déchu celui-ci de sa nationalité, l'ombre de ce fils de l'une
des plus riches familles de la péninsule continue de planer
sur la lutte antiterroriste contre ses partisans, imprégnés
du wahhabisme, doctrine rigoriste de l'islam en vigueur dans
ce royaume.
Pariant sur la diplomatie pour neutraliser
Bin Laden et ses partisans, nombreux en Arabie et influents
au sein du clergé religieux de ce pays adepte d'un wahhabisme
pur et dur, Riyad se sentait impuissant face aux actions de
l'un de ses propres fils, déchu de sa nationalité saoudienne
en 1994.
Avec les attentats du 11 septembre 2001, dont
15 de leurs 19 auteurs étaient des Saoudiens, Ryad multiplie
les gestes pour répondre aux pressions américaines en lançant
des rafles dans les milieux des extrémistes, en contrôlant les
organismes caritatifs soupçonnés de financer le terrorisme et
en annonçant de timides réformes politiques.
Mais le mal est fait. Longtemps considéré comme
un allié arabe de taille des Etats-Unis, le royaume saoudien
a vu ce statut privilégié remis progressivement en cause à Washington.
Ainsi, les Etats-Unis transfèrent le QG de leur base aérienne
du royaume vers le Qatar, un petit pays voisin en passe de ravir
la place de choix qu'avait auparavant l'Arabie saoudite. Celle-ci
reste néanmoins une carte maîtresse sur l'échiquier proche-oriental
du fait de sa richesse pétrolière.
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Maha Al-Cherbini |
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