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20 mai, 7h du matin, à l'Ecole moderne d'Egypte, une école privée
située dans la région d'Al-Tagammoa Al-Khamès dans le Nouveau
Caire. La journée s'annonce différente. L'école se prépare à
recevoir une visite inopinée : celle du ministre de l'Environnement.
« Mais
qu'est-ce que ça veut dire, un ministre ? », demande
Amira, âgée de 6 ans, à un des professeurs. Comme ses camarades,
Amira, même si elle ne comprend pas tout à fait de quoi il s'agit,
est très excitée. D'autant plus que le ministre vient les récompenser
de leurs efforts en matière d'environnement. L'école avait en
effet lancé une campagne de sensibilisation auprès des élèves
du cycle primaire afin de collecter les piles usées. Résultat :
15 000 piles ont été collectées, soit environ 80 kg par
300 élèves.
Tout a commencé
quand la presse a parlé d'une initiative lancée par le ministère
de l'Environnement en coopération avec le ministère de l'Agriculture
et qui vise à trier à l'origine les piles, considérées comme
des déchets dangereux. Chaque ménage est ainsi appelé à ne pas
jeter les piles usées à la poubelle, mais à les ramener au ministère
de l'Agriculture, en contrepartie de quoi il reçoit gratuitement
des plantes. Un plante pour 20 petites piles, 10 grandes, ou
une batterie de portable.
« J'ai
trouvé l'idée intéressante et je me suis dit que je dois commencer
par mon école. J'ai donc lancé cette campagne de sensibilisation
auprès des élèves, et le résultat a été surprenant, comme vous
avez pu le constater », raconte le Dr Rafida Askar,
directrice de l'Ecole moderne d'Egypte. Pour sensibiliser les
élèves, il fallait d'abord leur expliquer le danger de ces piles
sur l'environnement. « Dans les laboratoires, les professeurs
de sciences ont essayé d'expliquer simplement aux écoliers du
cycle primaire de quoi se compose une pile, les dangers qu'elle
présente et les moyens d'éviter ce danger à travers le tri à
l'origine. On leur explique ensuite que ce tri à l'origine permet
de se débarrasser de ces piles avec des méthodes bien moins
nocives », explique le Dr Rafida.
Le tout évidemment
expliqué par des mots simples à la portée des petits. Et surtout,
pour les motiver, on leur a promis des prix et des récompenses.
De leur côté, les
enfants ont compris l'affaire : « Les piles contiennent
des poisons, c'est pourquoi on ne doit pas les jeter à la poubelle,
car le poison peut pénétrer dans la terre de la décharge en
plein air et les enfants des éboueurs peuvent les mettre en
bouche et mourir », explique Nour, une fille de 5 ans.
« C'est
un projet très intéressant, non seulement pour son importance
environnementale, mais surtout parce qu'on inculque aux enfants
les principes de la sauvegarde de l'environnement »,
indique M. Ali Eid, responsable de l'environnement à l'école.
Et d'ajouter : « Si on commence avec eux dès leur
bas âge, protéger l'environnement devient un réflexe, et c'est
justement ce qu'il faut ». |
Outre la collecte
des piles, la visite du ministre a été aussi l'occasion d'exposer
les travaux artistiques faits par les élèves de l'école à
base de matières recyclées. Alors que les piles ont été entassées
en forme de pyramide.
Après avoir déclaré
être ravi et fier du travail des élèves de cette école, le
ministre de l'Environnement, Mamdouh Riyad, a expliqué aux
écoliers que « ces déchets doivent être enterrés loin
des autres déchets ménagers. Nous avons préparé une décharge
dans le gouvernorat d'Alexandrie qui n'accueillera que ces
sortes de déchets ». Prenant le souci de s'exprimer
avec des mots simples pour se faire comprendre par tous, le
ministre a répondu aux questions des écoliers. A la question
de l'un d'entre eux à propos de la signification du mot recyclage,
Mamdouh Riyad a répondu : « Le recyclage, c'est
une façon d'exploiter une nouvelle fois les ordures. Par exemple,
les bouteilles en plastique sont recyclées dans des usines
et se transforment en sacs plastiques ou en cintres ».
En fait, le ministre
ne s'est pas rendu à l'école seul, il a été accompagné d'Enga
Marie Lorenzen, conseiller environnemental de l'ambassade
danoise, et de Philippe Gogo, d'un projet dépendant de l'aide
anglaise, pour leur montrer que les enfants égyptiens ont
commencé à jouer un rôle dans le sauvegarde de l'environnement.
A la fin de la
visite, le ministre a distribué des certificats d'honneur
aux enfants qui ont collecté les piles ainsi qu'une belle
plante à chacun d'eux. En plus, ils les a invités à une excursion
de cinq jours dans la ville de Charm Al-Cheikh pour visiter
les réserves naturelles, comme récompense.
Un des invités
du ministre a voulu sensibiliser les élèves à propos d'autres
questions environnementales, comme les moyens de limiter le
gaspillage de papier et son recyclage. « Nous allons
prochainement envoyer à l'école des machines pour détruire
le papier utilisé et le préparer au recyclage. Il vous faut
savoir que l'industrie de papier est à la base de bois. C'est-à-dire
que pour produire du papier, il nous faut couper les arbres.
En fait, pour couper moins d'arbres il faut utiliser les feuilles
recto verso et essayer de garder le papier propre, c'est-à-dire
sans gras afin qu'il soit recyclable », a expliqué
aux enfants Enga Marie Lorenzen.
Le ministre a
en outre promis à l'école de lui fournir des poubelles qui
serviront à effectuer un tri à l'origine pour le verre, le
plastique et les canettes.
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