Quoi qu'il
en soit, il rappelle que le retrait de Gaza, s'il a lieu,
sert les intérêts de Sharon et de son plan de « règlement
transitoire à long terme », c'est-à-dire le retrait
de la totalité ou de la grande majorité de Gaza, et de
42 % de la Cisjordanie. Les Palestiniens pourraient
proclamer leur Etat sur ces portions de territoire. Par
la suite, les deux Etats entreraient en négociations sans
calendrier contraignant sur un règlement définitif. Al-Magdalawi
estime que la politique de Sharon au cours des semaines
à venir se concentrera sur les points suivants :
— Accélérer
la construction du mur de l'apartheid en Cisjordanie.
— Accélérer
la judaïsation de Jérusalem-Est qui serait vidée de ses
habitants arabes.
— Attirer
la résistance dans des batailles que déterminerait Sharon,
de manière à ce qu'Israël mène de vastes incursions dans
les territoires palestiniens comme cela s'est passé à
Zeitoun, à Rafah et à Gaza.
— Poursuivre
la chasse aux dirigeants palestiniens et aux cadres de
la résistance pour perturber la scène palestinienne et
pousser les Palestiniens à se combattre.
Afin de faire
face à ce plan et pour que le retrait de Gaza ne se transforme
pas en piège pour les Palestiniens, Al-Magdalawi estime
nécessaire le renforcement de l'unité nationale palestinienne.
C'est le moyen de protection du projet national palestinien.
« Il faut remettre de l'ordre dans la maison palestinienne »,
renchérit-il. Pour ce faire, il propose la création
d'un commandement palestinien unifié auquel participent
toutes les forces et factions nationales et islamistes.
« Il faut mettre fin au processus unilatéral de
prise de décision », affirme-t-il. Le membre
du FPLP s'oppose à la suggestion de certains milieux palestiniens
de créer une administration pour le secteur de Gaza. « C'est
une erreur parce que le projet national palestinien est
de libérer tous les territoires palestiniens occupés et
pas seulement le secteur de Gaza », relève-t-il.
Il est à
noter que Gaza connaît depuis quelque temps une situation
incontrôlée en matière de sécurité. La loi est bafouée,
les jeunes sont de plus en plus porteurs d'armes, ce qui
augmente les appréhensions des Palestiniens de voir éclater
des troubles internes, notamment sur le moyen de gérer
le territoire qui serait évacué par Israël à Gaza.
Selon le
général Amin Al-Hendi, directeur des renseignements palestiniens,
ses services sont là pour « protéger la patrie
palestinienne, le citoyen, son droit à la vie, à la propriété ».
Et d'ajouter qu'il faudrait aussi « protéger l'Autorité
palestinienne et les engagements de l'OLP tels que figurant
dans les accords déjà conclus ». Il reconnaît
cependant qu'il existe des « excès »
dans l'action des services de sécurité palestiniens. Mais
« nous nous efforçons de ne pas en faire la règle.
Nous avons proposé la promulgation par le pouvoir législatif
d'une loi organisant le travail des autorités de sécurité
et leur fonctionnement », précise-t-il.
Il explique
cependant les abus par les difficultés auxquelles ont
dû faire face les services de sécurité palestiniens après
les agressions israéliennes continuelles. « Faiblesse
et recul » ont été les résultats des bombardements
et destructions des locaux de ses services, l'arrestation
d'un grand nombre de cadres de sécurité par les Israéliens.
Mais il ne manque pas de reprocher à l'Autorité palestinienne
son « incapacité » à contrôler la situation
sécuritaire. « De plus, Israël et les Etats-Unis
veulent que les services palestiniens assurent la sécurité
de l'Etat hébreu », renchérit le responsable.
L’Egypte
apporterait une assistance dans ce contexte de la sécurité
qui semble d'ores et déjà un des premiers tests attendant
les Palestiniens. Le Caire a annoncé avoir accepté à la
demande d'Israël de jouer un rôle de sécurité à Gaza,
où elle est disposée à envoyer immédiatement des « experts »
pour aider l'Autorité palestinienne. Le président Hosni
Moubarak s'est en effet déclaré prêt, dans un message
adressé au premier ministre israélien Ariel Sharon, à
« dépêcher immédiatement un groupe d'experts spécialisés
dans tous les domaines, dont la sécurité, dans les territoires
palestiniens ».
Leur rôle
serait « d'aider l'Autorité palestinienne à assumer
ses responsabilités en matière de sécurité ».
C'est la première fois que l'Egypte, qui administrait
la bande de Gaza avant son ocen 1967, accepte de s'impliquer
directement. Le Caire avait auparavant déclaré être prêt
à aider à la formation de policiers palestiniens à Gaza
pour assurer la sécurité après un éventuel retrait.
Les défis
ne manquent pas. Al-Hendi relève cependant qu'en dépit
de ces problèmes, ses services se donnent comme mission
de « prendre le contrôle de toute terre dont se
retirerait Israël, d’éviter toute atteinte à la sécurité,
tout abus », parce qu'il est convaincu « qu'un
certain désordre se produira à Gaza à la suite du retrait ». |