| La
visite du président Moubarak en Roumanie et en Russie annonce
le début d'une nouvelle étape dans la politique extérieure de
l'Egypte. L'objectif est d'utiliser cette politique au service
de nos causes internes. L'Egypte a consacré une bonne partie
de ses relations étrangères aux questions arabes et régionales,
aux dépens de ses propres intérêts. Personne n'ignore que notre
situation interne a aujourd'hui besoin d'un changement et d'une
réforme dans tous les domaines.
La promotion de
nos relations avec la Roumanie et la Russie est sans conteste
profitable à nos causes internes. La Roumanie, qui doit adhérer
à l'Union Européenne (UE) en 2007, a élaboré un programme de
réformes politique, économique et sociale qu'elle applique selon
un calendrier précis en vue de satisfaire aux conditions d'adhésion
à l'UE. Dans ces conditions, l'échange et l'ouverture sur l'expérience
roumaine ouvrent de nouvelles perspectives de coopération et
d'harmonisation profitables à des questions d'ordre interne
particulièrement importantes.
La visite du président
en Roumanie exprime clairement la volonté de promouvoir les
questions internes dans la politique extérieure sans négliger
pour autant le soutien aux questions arabes et régionales. Le
président Moubarak a pris soin de souligner l'importance de
ces deux volets dans ses entretiens et ses concertations avec
les responsables roumains. La priorité de l'Egypte dans le concert
régional, a-t-il affirmé, se trouve dans le cadre arabe, abstraction
faite du projet du Grand Moyen-Orient (GMO) que les Etats-Unis
cherchent à promouvoir dans la région. Ce projet vise à dissoudre
l'identité arabe dans un vaste cadre géographique. Au cours
de sa conférence de presse conjointe avec le président roumain,
Moubarak a indiqué que les deux pays sont parvenus à plusieurs
accords sur le commerce, le libre-échange, la coopération scientifique
et culturelle, etc. De son côté, le président roumain, Ion Iliescu,
a indiqué que les échanges commerciaux avec l'Egypte devraient
atteindre 500 millions d'euros au début de 2007.
La visite du président
Moubarak en Russie fédérale — un Etat auquel nous
sommes liés par des relations d'amitié historique — intervient
à point nommé. En dépit de toutes les évolutions qui ont eu
lieu après le démembrement de l'Union soviétique, la Russie
reste la seconde puissance mondiale sur le plan militaire. Elle
bénéficie en plus d'une expérience considérable dans le domaine
de la modernisation et occupe une position avancée parmi les
grandes puissances. Membre du G8 et bientôt membre de l'Organisation
mondiale du commerce, avec des capacités économiques considérables,
la Russie peut jouer un rôle capital sur le plan international
des points de vue politique, économique et militaire.
Là aussi, la visite
marque un retour aux questions internes dans nos relations avec
le monde extérieur. A un moment où nous assistons à une dégradation
notable dans tous les secteurs, économique, social, culturel
et même sportif. Certains responsables manquent du sérieux et
du professionnalisme dignes du nom de l'Egypte, de son statut
et de sa réputation.
Il suffit de citer
l'exemple de la hausse des prix qui a atteint son summum alors
que rien ne la justifie. Cette hausse a commencé à la suite
de la libéralisation de la livre égyptienne, qui s'est traduite
par une hausse vertigineuse de la valeur du dollar sur le marché
noir. Et alors que le cours du dollar sur ce marché à commencé
ces derniers temps à se stabiliser pour se rapprocher du prix
officiel, les prix, eux, n'arrêtent pas de grimper !
Force est de constater
que nos capacités ont régressé dans les divers domaines, ce
qui a conduit au recul du rôle arabe et régional de l'Egypte.
Il est nécessaire de concentrer nos efforts sur la réforme interne
à travers une vision claire et un calendrier précis. Il faut
insister dans ce contexte sur la nécessité d'achever les projets
en suspens, de souligner les règles de transparence et de préparer
de nouvelles lois entérinant les principes d'une nouvelle étape
de réformes.
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