| Kiosque
. La presse égyptienne
s'est largement penchée cette semaine sur les conséquences
de l'imposition de nouvelles taxes et de l'augmentation
des prix. |
A
quand le bout du tunnel ? |
La crise
économique et les nouvelles taxes imposées par le gouvernement
(taxes sur les véhicules, sur le téléphone portable, imposition
des frais de départ, augmentation des prix des billets
d'avion) ont été au cœur des débats évoqués cette semaine
par la presse égyptienne. La presse s'est en effet penchée
sur ces nouveaux fardeaux imposés au citoyen qui souffre
déjà de l'augmentation des prix des produits de base.
« Un pays de taxes et de factures »,
« Le spectre de la faillite », « Les
commerçants en deuil », « La responsabilité
du gouvernement », « Les factures bouffent
les salaires des employés » ont entre autres
titré les journaux nationaux. Les différents organes de
presse ont été très critiques d'autant plus que le gouvernement
a pris de telles mesures en vue de combler le déficit
budgétaire. Le magazine hebdomadaire Al-Ahram Al-Iqtissadi
s'interroge ainsi : « Ces mesures suffiront-elles
à résoudre la crise budgétaire ? ». Et Al-Ahram
Al-Arabi qui consacre tout un dossier à la question
s'interroge sur un ton ironique : « Qui doit
payer le prix du déficit budgétaire ? Les personnes
à revenu limité ou ceux qui fuient les impôts ? ».
Dans ce cadre, l'hebdomadaire Al-Ahali attire l'attention
sur un autre détail, à savoir le fait que : « l'essence
des voitures des ministres coûtent à l'Etat près d'un
milliard de livres égyptiennes », tout en s'interrogeant :
« Qui paye les pots cassés ? ».
A cet égard,
l'éditorial du journal d'opposition Al-Wafd estime
qu'« avec le taux de chômage élevé et la flambée
des prix, même un remaniement ministériel ne sera pas
suffisant ». S'adressant au premier ministre,
Al-Wafd écrit : « Les citoyens n'en
peuvent plus de ce monstre qui s'appelle les prix ne cessant
de les bouffer. Vous devez arrêter ce monstre qui ne cesse
d'avancer car il a transformé la vie des citoyens en cauchemar.
Et les commerçants continuent à jouer avec l'avenir du
peuple ». Toujours dans Al-Wafd, Dr Ahmad
Al-Magdoub, expert au Centre des recherches sociales et
criminelles, affirme que « Le régime qui prétend
se lancer dans la voix des réformes ne fait qu'aggraver
la crise. Les mesures annoncées vont accentuer la misère
et conduiront à de nouvelles crises sociales. L'augmentation
du taux de criminalité, des vols et de l'escroquerie est
une conséquence directe de la détérioration sérieuse dans
les domaines politique, économique et culturel ».
Analysant un autre aspect de la crise économique, Gihane
Mawhoub écrit dans Al-Wafd : « Les
politiques économiques actuelles ont provoqué la faillite
de nombreux commerçants. Et du coup, toutes ces sociétés
et ces commerçants qui mettent la clé sous le paillasson
licencient leurs employés. D'où une hausse du chômage
et bien évidement une situation économique qui ne cesse
de se dégrader ».
Critique
envers le gouvernement, Marwa Marei écrit dans Al-Ahram
Al-Arabi : « Cette anarchie économique
n'est que le résultat naturel de l'échec des politiques
gouvernementales et sa mauvaise gestion », résumant
ainsi un avis largement partagé.
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Hoda
Ghali |
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| Lacunes |
Le statut
des forces étrangères en Iraq, tout particulièrement
américaines, et leurs relations avec le futur gouvernement
de Bagdad, est sans doute le point le plus épineux du
projet de résolution américano-britannique en discussion
à l'Onu. La question fondamentale du pouvoir réel dont
disposera le gouvernement intérimaire iraqien, qui doit
se mettre en place le 30 juin dans le cadre du retour
à une souveraineté iraqienne, dépend largement de cette
question.
Comment
les troupes américaines seront-elles commandées ?
C'est la question qui est au cœur de la controverse,
ce qui conduit à une interrogation fondamentale :
Qui sera réellement responsable en Iraq ? Les Américains,
dit Washington. Bien qu'il ait plaidé pour que des « arrangements »
soient conclus avec les futurs dirigeants iraqiens afin
d'aplanir toute difficulté en matière de coordination
entre forces étrangères et iraqiennes, le secrétaire
d'Etat Colin Powell a affirmé que les Etats-Unis entendaient
garder leurs prérogatives en Iraq. Selon le projet de
résolution, la force multinationale commandée par les
Etats-Unis aura un mandat très large, avec « autorité
pour prendre toutes mesures nécessaires au maintien
de la sécurité et de la stabilité en Iraq, y compris
pour prévenir le terrorisme ». Le texte ne
fixe pas de terme au mandat, mais prévoit qu'il doit
être revu au bout de 12 mois, ou à la demande du gouvernement
transitoire issu d'élections fin 2004 ou début 2005.
Malgré
les assurances en trompe-l'œil du président américain
George W. Bush que le futur gouvernement intérimaire
bénéficierait d'une « pleine souveraineté »
après le 30 juin, force est de constater que le projet
de résolution actuel perpétue l'image d'un pays sous
occupation étrangère. Avec un proconsul américain dans
une forteresse au milieu de Bagdad et une armée de 138 000
soldats, il est impossible de parler de souveraineté
iraqienne réelle. Il suffit de voir comment le nouveau
premier ministre iraqien a été choisi pour s'en rendre
compte.
Dès lors,
une profonde modification du texte est nécessaire pour
permettre au futur gouvernement iraqien d'avoir une
capacité de décision sur les opérations de la force
multinationale et le contrôle des richesses pétrolières
du pays. Le projet de résolution doit aussi fixer une
limite dans le temps au mandat de la force dirigée par
les Etats-Unis et permettre au gouvernement iraqien
issu des élections d'y mettre fin ou d'en demander la
révision. A défaut, le futur cabinet souffrira exactement
du même handicap que son prédécesseur, l'actuel Conseil
de gouvernement, qui ne jouit d'aucune considération
dans la population iraqienne. A moins d'un réel transfert
de pouvoir, le futur gouvernement, qui souffre d'avance
d'un déficit de légitimité, risque d'être considéré
comme une marionnette aux mains des Américains.
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