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Soudan
. Le gouvernement soudanais et la rébellion sudiste ont
signé un accord pour mettre un terme à 21 ans
de guerre civile dans le sud du pays. Mais la poursuite du conflit
au Darfour (ouest) suscite l'inquiétude de la communauté
internationale.
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Un pas vers la
paix |
«
Nous pouvons maintenant dire que nous avons une base d'accord
de paix. Cela a été un défi de taille,
une grande bataille et une victoire majeure ». C'est ainsi
que le chef des rebelles sudistes, John Garang, a réagi
dimanche à la conclusion, mercredi dernier, d'une série
d'accords sur les derniers points en suspens avec le gouvernement
soudanais, ouvrant la voie à un éventuel accord
de paix global, après 21 ans de guerre civile. La communauté
internationale a de son côté félicité
le gouvernement soudanais et la rébellion sudiste, tout
en exprimant ses vives inquiétudes sur le conflit qui
fait rage dans le Darfour (ouest).
Après des négociations d'ultimes tractations et
qui ont duré 101 jours, les rebelles de l'Armée
populaire de libération du Soudan (SPLA) et le gouvernement
soudanais ont signé à Naivasha (Kenya) trois protocoles
d'accord portant sur le partage du pouvoir et les trois régions
disputées des Monts Nouba, du Nil Bleu occidental et
de l'Abyei, dans le centre du pays. Il ne reste maintenant qu'à
régler les aspects techniques d'un cessez-le-feu permanent
avant la conclusion d'un accord de paix global. Les deux parties
se sont engagées à le faire d'ici début
juillet, selon le chef des médiateurs, le Kényan
Lazarus Sumbeiywo.
A la suite de la signature des protocoles, Khartoum a indiqué
samedi que l'accord de paix ne sera pas soumis au débat
avec les partis d'opposition. Ces derniers, qui ont accueilli
favorablement la signature des trois protocoles, avaient demandé
que l'accord fasse l'objet d'un débat national. «
Cet accord a été établi sur les principes
de l'Autorité intergouvernementale pour le développement
(IGAD) (qui joue le rôle de médiateur dans les
négociations de paix entre Khartoum et les rebelles sudistes),
qui énoncent que les deux parties prenantes aux négociations
sont le gouvernement et le Mouvement populaire de libération
du Soudan (MPLS), sans d'autres partenaires possibles »,
a indiqué Zahaoui Ibrahim Malek, porte-parole du gouvernement.
Les forces politiques qui veulent participer au pouvoir à
travers l'accord, « peuvent le faire conformément
aux dispositions prévues pour le partage du pouvoir :
52 % de représentants choisis par le gouvernement, 28
% par le MPLS et 20 % pour les forces politiques restantes »,
a-t-il précisé.
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L'épine
du Darfour
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Les
accords tant attendus ont immédiatement été
salués par l'Onu et les Etats-Unis puis par de nombreux
pays et organisations. Tous ont rivalisé de formules
pour applaudir cette nouvelle avancée décisive
dans le processus de paix. Mais ils ont également insisté
sur le fait que le Soudan ne connaîtrait pas la paix sans
la fin de la guerre civile au Darfour, près de la frontière
tchadienne.
En effet, autant l'optimisme semble de mise pour le sud du pays,
autant une terrible catastrophe humanitaire se dessine dans
le Darfour, où la situation est déjà qualifiée
d'une des plus graves crises humanitaires dans le monde par
le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et l'Onu.
Depuis février 2003, le gouvernement soudanais, soutenu
par des milices, et deux mouvements rebelles s'affrontent dans
le Darfour, région que les rebelles jugent marginalisée.
Le conflit a fait environ 10 000 morts, un million de déplacés
et plus de 100 000 réfugiés au Tchad voisin. La
communauté internationale appelle Khartoum à désarmer
ses milices dans la région, comme les autorités
s'y étaient engagées, sans résultat tangible
pour l'instant. Le secrétaire général de
l'Onu, Kofi Annan, a ainsi appelé « le gouvernement
soudanais et l'opposition armée au Darfour à saisir
l'opportunité de Naivasha pour aboutir à une solution
politique dans l'ouest du Soudan ».
Ces deux conflits déchirent le plus grand Etat d'Afrique,
peuplé de près de 30 millions d'habitants, partagé
entre quelque 500 ethnies, dont des populations blanches, islamisées
et arabophones dans le nord, et des populations noires, animistes
ou chrétiennes, dans le sud. Le conflit dans le sud,
le plus long actuellement en cours en Afrique, a commencé
en 1983, quand le sud a pris les armes contre le nord. Le conflit
et les famines qu'il a favorisées ont fait au moins un
million et demi de morts et plus de quatre millions de personnes
déplacées. |
| Maha
Salem |
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