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flou plane sur l'accord selon lequel l'Egypte exporterait
à Israël 1,2 milliard de m3 de gaz en 2006, et annuellement
1,7 milliard à partir de juillet 2007. Les détails du
contrat ont été dévoilés par la Compagnie d'électricité
israélienne, mais aussi par la presse arabe, qui a fait
état la semaine dernière d'un marché conclu avec l'Egypte
à ce sujet. La partie égyptienne n'a pas nié l'affaire,
mais le ministre du Pétrole, Sameh Fahmi, a refusé tout
commentaire quand il a été contacté par l'Hebdo.
Il a gardé le silence pendant toute la semaine. Cependant,
il sera prochainement obligé de donner des explications
devant le Parlement, puisque plusieurs membres de l'opposition
ont présenté des interpellations et des interrogations
au premier ministre et au ministre du Pétrole concernant
cette affaire qui fait grand bruit.
Les
négociations entre les deux parties égyptienne et israélienne
ont commencé en avril 2000, à ce moment-là, les journaux
israéliens avaient parlé d'assurances personnelles du
président égyptien à Sharon de combler les besoins israéliens
en gaz naturel. Ces négociations se seraient arrêtées
avec le déclenchement de l'Intifada en septembre. Elles
ont repris l'année dernière, sous le parrainage de la
présidence égyptienne, bien que la Compagnie égyptienne
de gaz soit privée. En fait, la compagnie d'exportation
de gaz EMG est un partenariat privé égypto-israélien
comme l'indique Walid Salmane, directeur exécutif de la
Compagnie d'électricité palestinienne. Les deux étaient
également les propriétaires de la raffinerie du pétrole
Midor, premier investissement israélo-égyptien
dans le domaine de l'énergie.
La
compagnie de l'électricité en Israël compte en fait recourir
au gaz naturel pour faire fonctionner ses centrales. Ainsi
parallèlement à la transaction égyptienne, elle a signé
un autre accord à hauteur de 900 millions de dollars pour
s'alimenter en gaz israélien. Ainsi, au terme de cette
décennie, la moitié de l'électricité israélienne sera
alimentée par le gaz naturel, dont la majorité proviendra
de l'Egypte.
L'Etat
hébreu, qui possède des réserves assurées en gaz naturel,
préfère ne pas les épuiser et opte pour l'importation.
Après avoir écarté le gaz russe et palestinien, l'Etat
hébreu a préféré le gaz égyptien pour plusieurs raisons.
D'une part, il est moins cher que le russe, d'autant plus
que le contrat dont il est question s'étend sur 14 ans
à un prix fixe. D'autre part, les Israéliens ont rejeté
l'achat du gaz palestinien, car selon le gouvernement
Sharon, ses revenus aideront à financer l'Intifada. Les
Palestiniens, eux, voulaient saisir cette chance, et ont
proposé une offre via British Gaz. Ils ont proposé
aux Israéliens un consortium regroupant la société palestinienne
du gaz et British Gaz, les deux propriétaires du
droit de prospection à Gaza, ce qui a été refusé.
Les Palestiniens n'ont pas baissé les bras pour autant.
« Nous avons vainement essayé de convaincre les
Egyptiens d'entrer avec eux même discrètement »,
avoue Walid Salmane.
Du
côté égyptien, la tendance est par contre à l'exportation
du gaz. Cette tendance est menée par le ministre du Pétrole,
Sameh Fahmi, ancien président de la raffinerie mixte Midor
qui a mis au point une stratégie visant à exporter le
tiers du gaz égyptien (voir la page Entretien). Une stratégie
basée sur des accords à long terme et à prix fixe, donc
peu rémunérateur, qui couvre à peine les coûts d'exportation.
Mais c'est là une autre affaire.
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