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Poste
. Avec pour ambition de concurrencer les bancaires, l'établissement
public égyptien fait aujourd'hui preuve d'une flexibilité
qui commence à faire des adeptes. Même en matière de courrier
rapide, son ambition semble démesurée face aux multinationales.
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| Intégration
à la concurrence |
« Je
suis agréablement surpris par le nouvel habit de la poste.
Maintenant quand je m'y rends, j'ai l'impression d'être
dans une banque », affirme Fathi Mahmoud, venu
encaissé sa retraite. L'Organisme national de la poste,
en coopération avec le ministère des Télécommunications,
a en effet lancé, en juillet 2003, un plan de modernisation
basé sur l'amélioration des services déjà existants, l'intégration
de nouveaux services, surtout financiers afin de concurrencer
les banques, et bien sûr de nouvelles technologies. « Afin
de parvenir à un éventail complet, on a dû créer un compte
courant ordinaire, un compte à intérêt, un livret d'épargne
annuel en monnaie locale et un autre en dollar. Le taux
d'intérêt du livret d'épargne en dollar devrait varier
entre 1,5 % et 3,5 % par an. Un comité de la
Banque Centrale doit encore le fixer », remarque
Ali Mosselhi, président de l'Organisme national de la
poste. Il ajoute que pour ouvrir de tels comptes, le client
doit déposer au moins 10 L.E. ou 10 dollars. Ce qui permet
d’élargir la base des épargnants. « L'épargne
en monnaie nationale rapporte 10,75 % par an contre
9,5 % dans les banques », explique Afaf
Mahmoud, directrice adjointe du bureau de Mohandessine.
Sans compter que dans les banques, le client doit déposer
des sommes variant entre 500 L.E. et 5 000 L.E. comme
à la CIB. Ce qui exclut de facto les épargnants
des couches sociales inférieures.
Pour
attirer davantage de clients, l'organisme, en coopération
avec la banque Al-Masri Al-Mottahed, a pour la
première fois lancé une loterie basée sur les numéros
de compte d'épargne. Les montants devraient être au moins
de 100 L.E. et la valeur des prix atteint 100 000
L.E. par an. « Ces prix sont à l'avantage de la
classe populaire, la plus large. Auparavant, ils étaient
limités aux seuls clients des banques », explique
un banquier qui préfère garder l'anonymat.
Au
niveau technologique, l'organisme a par ailleurs installé
un réseau de connexion électronique WAN qui relie
à ce jour 325 bureaux sur les 550 bureaux modernisés.
A travers ce réseau, le porteur d'un livret d'épargne
pourra retirer les sommes qu'il désire depuis n'importe
quel bureau. « Auparavant, le client ne pouvait
retirer du liquide que du bureau dans lequel il avait
ouvert son compte », remarque Ali Mosselhi. A
l'image des banques, la poste va également permettre aux
petits épargnants d'investir dans les titres financiers
grâce à l'achat d'un portefeuille d'investissement. « Pour
cela, un nouveau fonds d'investissement a été créé en
coopération avec la Banque Misr afin d'augmenter
les opportunités d'investissement et de minimiser les
risques », explique Mosselhi. Un fonds qui sera,
à son avis, géré par une société spécialisée. |
Distributeurs
automatiques
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De
même, l'Organisme a, en coopération avec l'entreprise
informatique IBM, équipé 56 bureaux de distributeurs
automatiques de billet. Plus de 30 000 cartes seront
émises début juillet prochain, dès l'entrée en vigueur
du service. Répondant à un besoin croissant de la population,
elles seront de deux genres, de retrait et de crédit,
et permettront d'effectuer différentes opérations bancaires.
« Ce service facilitera à nos clients le retrait
d'argent liquide directement depuis les distributeurs,
sans qu'ils ne soient obligés de faire la queue aux guichets
», explique Mosselhi.
Et
ce n'est pas tout. L'organisme propose désormais aux personnes
âgées de plus de 70 ans de leur porter gratuitement leur
pension de retraite à domicile. « La flexibilité
et la modernisation qui s'observent actuellement à la
poste m'ont incité à y déposer mon argent plutôt que dans
une banque. En raison de mon âge avancé et de mon incapacité
à me déplacer, mon épouse a même demandé au directeur
de la poste de Mohandessine de m'envoyer un employé pour
achever les démarches d'ouverture d'un compte d'épargne.
J'ai déposé 10 000 L.E. au nom de ma fille sans aucun
problème », avoue-t-il tout heureux. Un comportement
qui tend à se généraliser, puisque le volume de l'épargne
à la poste a progressé pour s'élever à 24,8 milliards
de L.E. en mars 2004. Soit 20 % du total de l'épargne
déposée des particuliers.
D’autres
clients affichent néanmoins un certain mécontentement.
« L'organisme impose des frais à l'encaissement
des retraites dans tous les bureaux de poste, qu'ils soient
modernisés ou non. Chaque mois, par exemple, je suis obligé
de payer 6 L.E. de frais pour pouvoir retirer ma retraite »,
se plaint Fathi Mahmoud, client d'un bureau non modernisé
à Matariya. La réponse du président de l'organisme, Ali
Mosselhi, ne se fait pas attendre : « ces
frais sont nécessaires pour encourager les employés à
travailler dans ce service, privé depuis longtemps de
commissions ».
La
poste égyptienne n'a pas non plus laissé son service de
courrier express en reste. Elle a intégré une nouvelle
technologie permettant de suivre en temps et en heure
le parcours des colis. « Avec cette technologie,
l'employé de poste peut suivre l'heure de l'arrivée des
colis dans les bureaux des différents gouvernorats »,
explique Ali Mosselhi. Mais en la matière, la poste ne
bénéficie pour l'instant d'aucun avantage comparatif national
ou régional. Alors que ses concurrents dans cette activité,
comme Aramex et DHL, sont respectivement
réputés pour leurs bonnes performances au Moyen-Orient
et en Afrique. Pour Medhat Sami, directeur de marketing
chez Aramex, « la poste égyptienne à certes
entamé un processus de modernisation. Mais dans le domaine
du courrier rapide, elle doit prendre en considération
la concurrence des multinationales travaillant sur le
marché égyptien. Sachant qu'à l'international Aramex
détient 30 % tandis qu'UPS et Fedex
détiennent chacune 20 % ... ».
Il ajoute que l'organisme égyptien ne dispose pas
encore de tous les équipements nécessaires pour la livraison
des colis. Car le domaine d'activité est complexe et exige
une interconnexion entre les branches. Pour qu'il puisse
concurrencer les grands acteurs de la branche, il faudrait
ainsi que la poste égyptienne accroisse sa présence à
l'international. A quoi s'ajoutent les difficultés de
gestion du service. « Aramex, par exemple, aide
ses clients en lui proposant des alternatives de livraison,
soit à travers l'express, soit à travers le cargo. Et
ce, afin de réduire les coûts de livraison »,
explique-t-il. Si elle maintient une telle ambition dans
le secteur, la modernisation de la poste égyptienne, qui
compte plus de 45 000 employés, devrait donc encore
prendre un peu de temps avant qu'elle ne soit finalisée. |
| Dahlia
Réda
Gilane
Magdi |
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Ali
Mosselhi,
président de l'Organisme national de la poste, estime
que pour l'amélioration des services, les alliances avec
des sociétés privées sont préférables à la privatisation.
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« Je
refuse catégoriquement l'idée d'une privatisation » |
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Al-Ahram
Hebdo :
La modernisation actuelle de la poste égyptienne est-elle
un préalable à sa privatisation ?
Ali
Mosselhi : Privatiser un organisme public n'est pas
chose facile, car il procure et garantit des services
à des prix bien inférieurs à ceux de ses concurrents privés.
Je pense qu'il vaut mieux recourir aux alliances, comme
celle déjà existante avec la société FedEx, pour
moderniser le service du courrier rapide. Ce schéma donne
le droit à FedEx de gérer le courrier rapide de
la poste égyptienne en profitant de son expérience locale.
Et de son côté, la poste égyptienne se fait connaître
au niveau international. C'est pourquoi je refuse catégoriquement
l'idée d'une privatisation de la poste égyptienne.
— Comment
l'organisme finance-t-il son plan de modernisation et
quel est son statut juridique ?
— C'est son autofinancement, comme
les revenus provenant des commissions sur ses services,
qui lui permet de se développer. L'organisme est doté
d'un conseil d'administration indépendant et aujourd'hui
sa direction est centralisée. Cependant, une tendance
à la décentralisation se fait peu à peu sentir.
— Combien de bureaux
de poste seront-ils modernisés ?
— A ce jour, 505 bureaux sur les
3 500 du pays ont été modernisés. Ce chiffre représente
la première phase du plan de modernisation. 1 500
bureaux seront modernisés au cours des deux prochaines
années. Et le reste suivra petit à petit.
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Propos
recueillis par G. M. |
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