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Les
Arabes et le G8
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Par
Mohamed Sid-Ahmed |
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Dans
quelques jours, le sommet du G-8 se tiendra aux
Etats-Unis. Il abordera des questions d'une importance
capitale pour le Moyen-Orient, notamment le projet
du président américain sur le Grand
Moyen-Orient (GMO).
Le pays hôte a invité un certain
nombre de pays arabes à prendre part au
sommet. Alors que l'Egypte, la Tunisie et l'Arabie
saoudite ont décliné l'invitation,
d'autres pays arabes l'ont acceptée comme
la Jordanie et le Yémen. Ceci indique que
les pays arabes aborderont cet événement
divisés.
Les pays arabes ont peut-être réussi
à Tunis à ne pas apparaître
comme incapables de tenir régulièrement
leur sommet. Cependant, ils ne sont pas parvenus
à prendre une position unanime et solidaire.
Une position qui leur permettrait de faire face
aux défis internationaux et surtout aux
plans des Etats-Unis.
Le président Moubarak a déclaré
que le projet du GMO ne l'intéressait nullement
et que seul lui importaient « notre région
arabe et sa ligue ». Ceci est une expression
claire de son refus du projet américain,
de sa conception et de ses mécanismes.
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Bush
tente de redorer son blason
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Eclaboussé
par le scandale des sévices et des tortures
infligés à des détenus iraqiens,
et se trouvant en difficulté en raison
de la recrudescence de la violence en Iraq, le
président Bush cherche à redorer
son blason à l'approche des présidentielles
de novembre prochain.
Pour ce faire, plusieurs propositions sont faites
à l'approche du 30 juin, date prévue
pour le transfert du pouvoir aux Iraqiens. La
première de ces propositions est de charger
l'Onu est non l'administrateur civil américain
Paul Bremer d'annoncer les noms des membres du
nouveau gouvernement iraqien. Une autre proposition
consiste à avancer à l'automne prochain
la date de l'organisation des élections
iraqiennes. Le but étant de consolider
la position de Bush dans les présidentielles
et mettre un terme à la détérioration
de sa popularité.
Cependant, rien ne confirme que ces propositions
suffiront à consolider les chances de réélection
de Bush. De plus, la Chine s'est jointe à
la France, la Russie, l'Allemagne et l'Espagne
pour demander de fixer un terme au mandat des
forces multinationales en Iraq. Le fossé
est énorme entre les Etats-Unis d'une part,
la France, la Chine et l'Allemagne d'autre part
sur les dispositions du projet de résolution
américano-britannique concernant les modes
de transfert d'une pleine souveraineté
aux Iraqiens après le 30 juin. |
Une
image sombre
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L'image
au Moyen-Orient est sombre. Toutes les portes
semblent fermées. Sauf peut-être
celle de Gaza. Car toutes les parties sont d'accord
sur la finalité même si elles sont
en désaccord sur les objectifs et les intentions.
La bande de Gaza est la région la plus
densément peuplée du monde. En conséquence,
il est quasiment impossible pour Israël d'y
poursuivre ce qu'il appelle les terroristes. D'où
la volonté de Sharon de se retirer de nombreux
endroits à Gaza.
Cependant, Israël pose des conditions à
ce retrait. L'objectif est de ne pas apparaître
comme celui qui se trouve dans une position de
faiblesse, obligé de procéder à
ce retrait. D'où la poursuite des opérations
d'assassinat des activistes palestiniens. De plus,
Sharon confirme que le retrait de Gaza sera le
dernier des territoires palestiniens et qu'il
n'y en aura pas d'autres.
En revanche, les Palestiniens acceptent l'idée
du retrait comme étant le premier d'une
longue série de retraits ultérieurs.
Ils considèrent aussi que ce retrait doit
être suivi par des mesures similaires en
Cisjordanie ainsi que sur d'autres fronts.
Comment donc transformer le retrait d'une opération
visant à consolider l'occupation sur d'autres
fronts en une opération visant l'encouragement
de retraite sur d'autres fronts ? C'est là
le dilemme dont on cherche l'issue. Est-ce que
la décision du sommet arabe de Tunis de
rejeter les opérations martyres contre
les civils, y compris israéliens, est à
même d'opérer le changement requis
? Une décision prise par la Ligue arabe
ne peut pas remplacer celle qui est du ressort
des forces palestiniennes sur le terrain, dont
les cadres sont régulièrement assassinés.
Et les Palestiniens sont-ils capables d'avorter
la capacité d'Israël de mettre en
application ses provocations ? |
Qu'en
est-il de l'Iraq ?
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Ce
n'est un secret pour personne que certains milieux
occidentaux ont exercé de fortes pressions
pour arracher au sommet de Tunis une décision
arabe condamnant officiellement les attaques contre
les civils israéliens. Les régimes
arabes s'attendent à ce que l'adoption
de cette résolution ait une contrepartie,
celle de l'allégement des pressions exercées
sur eux pour l'introduction de réformes
démocratiques. Cependant, il y a là
un paradoxe éloquent : ce sont les pays
arabes qui s'opposent le moins au GMO américain
lorsqu'il s'agit de l'Iraq. Alors que l'opposition
la plus farouche vient de la société
américaine elle-même, notamment le
Parti démocrate. C'est ainsi que le candidat
à la présidentielle, John Kerry,
a annoncé qu'il entendait établir
de nouvelles coalitions avec d'autres pays, mieux
exploiter les pouvoirs économique et diplomatique
des Etats-Unis et de les libérer de leur
dépendance vis-à-vis du pétrole
du Moyen-Orient, donc d'une stratégie mondiale
axée sur l'Iraq.
Dans un autre discours, Al Gore a adressé
des critiques acerbes à ce qu'il a qualifié
par les mauvaises mœurs et les politiques
atroces de l'Administration du président
Georges W. Bush. Il a demandé la démission
du secrétaire à la Défense,
Donald Rumsfeld, de la conseillère à
la sécurité nationale Condoleezza
Rice, ainsi que du directeur de la CIA, George
Tenet.
Outre ces protagonistes américains qui
ont une grande hostilité aux politiques
de Bush, il y a l'Union européenne avec
en tête la France, l'Espagne et l'Allemagne,
puis il y a la Chine et la Russie. Dans ce contexte,
une question s'impose : Quand les régimes
arabes réaliseront-ils que s'abstenir d'échanger
des accusations ne suffit plus ? Quand s'élèveront-ils
au niveau de leurs responsabilités ? |
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Couvrir
l'échec !
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| Par
Salama A. Salama
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Les
problèmes de l'occupation américaine
de Iraq et le scandale des sévices infligés
aux prisonniers iraqiens par les forces d'occupation
ont largement porté atteinte à la
crédibilité de l'Administration
Bush, tout en limitant les chances de ce dernier
de se faire réélire aux prochaines
présidentielles. Pour remonter la pente,
Bush a réutilisé la même stratégie
adoptée à la suite des événements
du 11 septembre. Celle-ci vise à susciter
la crainte du peuple américain d'éventuelles
attaques terroristes perpétrées
par Al-Qaëda.
Cependant, la stratégie de Bush pour regagner
la confiance des électeurs n'est pas convaincante.
Surtout que tout au long des deux dernières
années, les hauts responsables des services
de sécurité américains et
de la CIA n'ont pas cessé de mettre en
garde contre d'éventuelles attaques d'Al-Qaëda.
Il s'agissait, selon eux, d'informations sûres.
Raison pour laquelle ils ont resserré l'étau
sur les Américains musulmans et d'origine
arabe. Or, il s'est avéré que cette
campagne était un échec. En effet,
elle ne visait qu'à couvrir un nouvel échec
de la politique américaine à régler
les problèmes découlant de la politique
stupide de la guerre contre le terrorisme.
De telles accusations ont été portées
à la politique américaine par les
opposants à Bush, notamment le Parti démocrate.
Son candidat aux présidentielles, John
Kerry, a considéré cette campagne
de mise en garde comme une preuve de la faillite
de Bush et de son incapacité à répondre
aux critiques concernant le scandale des tortures
infligées aux prisonniers iraqiens. Plus
encore, l'ancien vice-président démocrate,
Al Gore, a demandé la destitution de Rumsfeld
et ses assistants.
Il n'était point surprenant que cette campagne
de mise en garde contre des attaques imminentes
coïncide avec la parution d'un rapport soutenant
les mêmes idées préparé
par un centre de recherches stratégiques
à Londres. Avançant des chiffres
aux sources inconnues, le rapport dit que l'organisation
d'Al-Qaëda a mobilisé des milliers
de militants de par le monde afin de perpétrer
de nouvelles attaques.
Si les services américains de lutte contre
le terrorisme, les forces de la coalition en Iraq
ainsi que la CIA n'ont pas réussi à
exterminer Al-Qaëda, ceci prouve que l'Administration
Bush n'a tiré aucune leçon de ses
propres erreurs.
Tel était le commentaire de la presse américaine
sur le dernier discours de Bush portant sur ses
plans d'avenir pour l'Iraq. Selon la presse américaine,
après 14 mois d'échecs continus,
le président américain n'a donné
aucune nouvelle vision à même de
le faire sortir de son impasse actuelle.
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