Un
cameraman, un preneur de son, un réalisateur, un coordinateur,
une caméra numérique et des petits micros ... Une
équipe assez réduite mais dont la tâche est grandiose :
suivre pendant un mois, jour par jour les fouilles menées par
la mission du Louvre dans la nécropole pharaonique de Saqqara.
Tout
a commencé lorsque Frédéric Wilner, réalisateur et auteur du
film, a contacté la chef de la mission archéologique du Louvre,
Christiane Zigler, mais pour un autre projet. « Puis
en octobre dernier, des découvertes importantes commençaient
à voir le jour. Elle nous a alors sollicités en expliquant que
cette fouille qui dure depuis des années et donnait des fruits
scientifiques allaient aussi donner des résultats spectaculaires »,
raconte Wilner qui avait déjà travaillé sur le site de Saqqara
mais sur d'autres fouilles et avait envie de revenir. « Alors
avec Patrick de Carolis (présentateur de l'émission),
on s'est dit : c'est une très belle histoire ».
C'est alors qu'est venu le rôle de la « carte maîtresse
dans notre jeu » comme le surnomme Wilner, il parle
de Moetaz Madi, le journaliste chargé de la production et de
la coordination, voire de l'exécutif dans l'émission, cet Egyptien
qui a pour première et essentielle tâche d'entrer en contact
avec le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) et son chef Zahi
Hawas. Une fois à sa rencontre, le responsable égyptien lui
dit : « Je n'ai jamais entendu parler d'un film
pareil » et c'est pourquoi, explique Madi, « il
était difficile de convaincre les Egyptiens qu'on allait travailler
tous les jours sur le même site alors qu'ils sont habitués au
système américain de Discovery ou de National Geography
qui consiste à filmer les moments-clés d'une fouille pendant
trois jours au maximum ».
Mais
France 3 venait avec un concept qui est tout à fait autre.
« On a suivi la mission dès l'ouverture de la fouille
avec les ouvriers qui arrivent jusqu'au moment des ouvertures
des tombes et des sarcophages, l'étude du matériel trouvé, la
fermeture du site et le départ des archéologues »,
précise le réalisateur.
Ainsi,
la journée de cette petite équipe, qui habitait le même hôtel
que les archéologues, commençait à 6h, petit déjeuner puis rendez-vous
sur le site à 7h et travail jusqu'à 16h, parfois même jusqu'à
20h parce qu'il fallait filmer les après-coups, les moments
des détentes lorsque les membres de la mission se retrouvent
ensemble. Mais aussi tous les métiers qui se trouvent autour,
celui qui prépare le thé, ou qui rapporte l'eau ou encore celui
qui fabrique les paniers. La fouille entière quoi, tout ce monde
que le public ne connaît pas forcément. « Je crois qu'il
y a très peu de chaînes françaises qui s'intéressent à l'Egypte
de cette façon. Au niveau de l'actualité, tout le monde s'y
intéresse, pour un documentaire par an aussi, mais nous, nous
faisons au moins deux documentaires par an et nous avons donc
un savoir-faire au niveau de l'archéologie et des fouilles en
Egypte », reprend Madi.
Avec
en prime, pourquoi pas un vol d'hélicoptère avec Zahi survolant
les pyramides de Guiza puis se rendant en direction de Saqqara
pour arriver sur le site. Un film très fatigant « au
moins physiquement » , dit Wilner parce que se lever
tôt tous les jours, venir ici passer dans des galeries de 50
cm de hauteur et respirer du sable. C'est vraiment dur. Un travail
de longue haleine donc même avec les autorités égyptiennes.
Parce que pour l'équipe il y avait aussi la crainte de voir
d'autres télévisions arriver sur les lieux, comme il n'existe
pas en Egypte ce système d'exclusivité.« Tous les matins,
on croisait les doigts pour qu'aucune télé ne vienne parce qu'il
n'y avait pas suffisamment de place pour deux caméras dans les
tombes », précise Moataz Madi.
Mission
accomplie et avec succès. Un véritable journal de la fouille
avec, au dernier moment, une découverte formidable. Peu sont
ces gens qui, comme Wilner, ont vécu des moments pareils dans
leurs vies et peu ceux qui, comme Madi, garderont ce souvenir
particulier d'un Zahi Hawas qui fait peur à tout le monde, mais
qui arrive un jour avec une fille de 6 ans qui lui tient la
main pour lui montrer une des momies de ses ancêtres qu'on venait
de sortir du sarcophage.
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