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compte à rebours pour l'annonce du premier pays africain
organisateur de la Coupe du monde 2010 a commencé. Car
c'est le 15 mai prochain, à Zurich, que les 24 membres
du comité exécutif de la Fédération Internationale de
Football (FIFA) décideront par leur vote du candidat retenu.
Les résultats du scrutin seront annoncés la même journée.
Les 4 candidats en course, à savoir l'Egypte, le Maroc,
la Tunisie, la Libye et l'Afrique du Sud, ont, ces derniers
jours, intensifié leurs efforts et la concurrence s'annonce
très rude. « La compétition sera aussi serrée
qu'en 2000 (l'Allemagne a remporté le vote pour l'organisation
de la Coupe du monde 2006 par une différence d'une seule
voix avec l'Afrique du Sud) », a déclaré Sepp Blatter,
président de la FIFA, lors de sa visite en Afrique du
Sud, fin avril dernier.
Depuis
l'annonce de Blatter en 2002 selon laquelle l'organisation
du Mondial 2010 serait attribuée à un pays d'Afrique,
l'Afrique du Sud a d'emblée été considérée comme le grand
favori pour l'accueil de cet événement sportif. Il faut
dire qu'elle possède toute l'infrastructure nécessaire,
notamment les 8 stades requis par la FIFA. Mais son dossier
contient néanmoins de sérieux points faibles. Avec d'abord
le manque d'enthousiasme pour le football des Sud-Africains,
davantage passionnés par le cricket et le rugby. Mais
l'Afrique du Sud est surtout un pays où la situation sécuritaire
laisse fortement à désirer puisqu'elle affiche un taux
de criminalité des plus élevés au monde. A quoi s'ajoutent
les mauvaises conditions sanitaires du pays : 5 millions
de Sud-Africains (sur 45 millions) seraient en effet infectés
par le virus du sida. Un chiffre considérable.
Le
concurrent le plus sérieux de l'Afrique du Sud est le
Maroc, qui a su ces derniers mois mener une très bonne
campagne. « Les Sud-Africains sont trop sûrs d'eux.
Ils pensent qu'ils vont remporter la bataille facilement.
Mais le Maroc a fait un énorme effort et cela semble payer »,
a déclaré à l'AFP un important responsable de la
FIFA qui a préféré conserver l'anonymat. Le Maroc, qui
s'est présenté à l'organisation du Mondial à 4 reprises,
possède une importante expérience en la matière. Le royaume
chérifien s'est aussi offert les services de l'expert
américain Alan Rothenberg, lequel a mené avec succès la
campagne des Etats-Unis pour l'organisation de la Coupe
du monde 1994. « Avec tout le respect que je dois
aux autres candidats, pour moi, la course pour l'organisation
de la Coupe du monde 2010 est limitée au Maroc et à l'Afrique
du Sud », a-t-il affirmé.
Mais
le 2 mai, l'hebdomadaire anglais The Sunday Tribune
a révélé des informations très confidentielles contenues
dans les rapports de la délégation d'inspection de la
FIFA qui s'est rendue dans les 5 pays candidats. Dans
le rapport technique, l'Afrique du Sud a obtenu un « excellent »,
devançant de loin ses concurrents. Et à la grande surprise,
l'Egypte a été placée en seconde place devant le Maroc,
tandis que la Libye et la Tunisie sont théoriquement exclues
de la course après que leur co-organisation ait été rejetée
par le président de la FIFA. Une déception de taille pour
le Maroc, qui semble aussi être très préoccupé par les
attentats de Madrid (200 personnes ont été tuées par des
bombes placées dans des trains) et dans lesquels 14 de
ses ressortissants sont impliqués.
L'Egypte,
considérée tout d'abord comme outsider, est parvenue a
intégrer la concurrence après avoir donné un sérieux coup
de pouce à sa campagne de promotion. Le pays des Pharaons
possède de solides atouts : sécurité, tourisme, capacités
hôtelières ou encore hôpitaux. Il lui fallait juste parvenir
à communiquer sa bonne image hors du continent. C'est
pourquoi le comité de candidature a dernièrement nommé
M. Boutros-Ghali, ex-secrétaire général de l'Organisation
des Nations-Unies (ONU), ambassadeur du dossier égyptien.
Il présidera la délégation qui fera le voyage à Zurich.
L'Egypte a également réussi à collecter 20 millions de
lettres de soutien, avec lesquelles ils ont construit,
lors d'une grande fête vendredi dernier, une quatrième
pyramide de 12 mètres de haut sur le plateau de Guiza.
Enfin, le président, M. Hosni Moubarak, a accueilli M.
Blatter et M. Issa Hayatou, président de la Confédération
Africain de Football (CAF) marquant ainsi fermement le
soutien apporté par l'Etat au dossier de candidature égyptien.
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Ces
récentes montées au filet ont alerté les Sud-Africains.
En conséquence, les prix Nobel Nelson Mandela, ex-président
d'Afrique du Sud, et le prêtre Desmond Tutu ont été envoyés
au Trinidad et Tobago afin de convaincre les représentants
de la Confédération de l’Amérique du nord et centrale
et des Caraïbes (CONCACAF) de pencher en faveur de la
candidature de leur pays. Trois des 24 membres du comité
exécutif de la FIFA, à savoir le vice-président Jack Warner
(Trinidad et Tobago), Isaac David Sasso (Costa Rica) et
Chuck Blazer (Etats-Unis) sont en effet issus de la CONCACAF.
Le voyage de Mandela, programmé contre l'avis de ses médecins
qui soignent son cancer de la prostate, marque bien l'importance
accordée à la cause. Il faut dire que l'Afrique du Sud
paraît avoir perdu une voix précieuse, celle du Botswanais
Ismaïl Bhamje, membre du comité exécutif de la FIFA et
qui est aussi le président de la Confédération des pays
sud-africains (COSAFA) dont fait partie l'Afrique du Sud.
« Si l'Afrique du Sud pense que ma voix lui est
garantie, elle se trompe. Je voterai pour le pays qui
le mérite le plus », a-t-il déclaré. Bhamje semble
ne pas avoir apprécié sa défaite aux élections présidentielles
de la Confédération africaine de football, dont il accuse
l'Afrique du Sud d'être la cause. « J'ai été vraiment
choqué d'apprendre qu'ils avaient été contre moi. Je comprends
qu'ils ne voulaient pas décevoir M. Issa Hayatou (le
président) pour leur candidature à la Coupe du monde
2010 mais je ne comprends pas qu'il ait joué un rôle très
actif dans ma défaite. Pour le moment, tout le monde est
dans la course et nous verrons bien celui qui arrivera
le premier », avance le Botswanais.
Tous
les candidats en course ont programmé de telles rencontres
avec ces trois membres de la CONCACAF, excepté le Maroc.
Car malgré la règle de confidentialité du vote, le Français
Michel Platini et l'Espagnol Angel Maria Villar Llona,
membres du comité exécutif de la FIFA, se sont d'ores
et déjà déclarés en sa faveur.
Quant
à l'Egypte, elle cultive ses bons contacts avec les membres
africains du comité exécutif de la FIFA que sont le vice-président
M. Issa Hayatou (Cameroun), Slim Aloulou (Tunisie), Amadou
Diakite (Mali) et Mohamad Ben Hamam (Qatar). Sa stratégie,
comme l'a annoncé Mohamad Al-Siyagui, le chef du comité
de la candidature égyptienne, est la conquête des votes
des pays éliminés lors du premier tour. « La bataille
est loin d'être jouée et même si deux personnes ont annoncé
leurs intentions de vote, 22 autres ne se sont pas encore
prononcées définitivement », a déclaré Alieddine
Hilal, ministre égyptien de la Jeunesse. L'Egypte, le
Maroc et l'Afrique du Sud négocient leur dernier virage.
Lequel des trois sera le plus habile ? Réponse le
15 mai. |