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Pollution de l'air . Le CAIP, projet égypto-américain de l'amélioration de l'air du Caire, vient de prendre fin en mars 2004. Malgré des résultats satisfaisants dans certains domaines, la capitale reste l'une des villes les plus polluées du monde.

Le Caire respire toujours mal

Après sept ans de travail dans la lutte contre les facteurs de la pollution de l'air, le projet égypto-américain de l'amélioration de l'air du Caire CAIP (Cairo Air Improvement Project), lancé en 1997, s'est achevé en mars 2004. Les résultats sont remarquables et on ne peut les ignorer. Le projet a permis une diminution du taux de plomb dans l'air de 65 % en général, et de 75 % dans le quartier de Choubra Al-Kheima en particulier. De même, une diminution de 90 % des exhalaisons de la plus grande fonderie appartenant au secteur privé a été réalisée. Dans le cadre de ce projet également, deux garages consacrés à la maintenance des 200 autobus fonctionnant au gaz naturel liquéfié ont été construits.

Pourtant, après 7 ans de travaux et des résultats non négligeables, la question reste toujours la même : Pourra-t-on un jour respirer un air sain au Caire, l'une des villes les plus polluées du monde ?

Tout d'abord, si le projet a donné des résultats satisfaisants, ces derniers ne correspondent ni au volume de l'aide présentée par les Américains ni au taux de la pollution de l'air du Caire. Dépendant de l'USAID, le projet a été doté de la plus grosse somme d'une assistance étrangère, soit 60 millions de dollars. Pourtant, les responsables du projet se défendent en affirmant avoir fait de leur mieux. « Parvenir à diminuer le taux de plomb dans l'air est vraiment un grand succès pour nous. Il y a au Caire plusieurs facteurs qui causent cette pollution. Et il n'existe aucun projet qui puisse résoudre tous les problèmes à la fois. Ce n'est pas une baguette magique. La question exige une bonne gestion des ressources humaines de la part des responsables, ainsi qu'une coordination entre les différents ministères concernés », explique Zeinab Safari, consultante du projet.


D'importantes réalisations

Il n'y a pas de doute que l'expertise des Américains dans le domaine de la pollution et de la lutte contre ses facteurs, a beaucoup aidé les Egyptiens lors de ce projet. Dès 1997, les responsables se sont penchés sur les différentes causes de pollution. Le plus important est le problème des échappements des véhicules, d'autant plus qu'un million et demi de véhicules circulent quotidiennement au Caire. Il a donc fallu d'abord mettre en place un système pour mesurer le taux de plomb émanant des pots d'échappement. Pour ce, le ministère de l'Intérieur a joué un grand rôle pour faciliter la mesure des échappements dans les gouvernorats de Guiza, de Qalioubiya en plus du Caire. Actuellement, ce système est en voie d'être appliqué dans plusieurs autres gouvernorats, dont Alexandrie, Fayoum, Daqahliya et Béni-Souef. Cette initiative a conduit à une mesure importante concernant l'interdiction de l'utilisation de l'essence contenant du plomb. « Le plomb constitue un des facteurs les plus importants de la pollution en Egypte, en général et au Grand-Caire, en particulier. Après l'interdiction de l'utilisation de l'essence à plomb, le taux de plomb dans l'air a nettement diminué. Du coup, la propagation des maladies, notamment l'asthme, qui en sont causées, a été freinée », affirme Tareq Guéneina, PDG de la société Ecoconserve et conseiller environnemental auprès de la Banque mondiale et des Nations-Unies.

Parmi les autres mesures prises dans le cadre de ce projet, l'utilisation du gaz naturel a été recommandé pour remplacer les carburants ordinaires, notamment pour ce qui est des moyens de transport public. La mesure a été appliquée à quelque cinquante autobus. Un chiffre qui peut paraître modeste, mais qui est en augmentation continue. « Chaque année, 25 autobus passent au GNL », affirme Rédha Batta, expert du gaz naturel dans le projet égypto-américain. « C'est le projet des politiques environnementales égyptiennes qui se charge d'élaborer les stratégies nécessaires pour le transfert des véhicules au GNL. Une fois le plan élaboré, c'est au ministère de l'Environnement de l'exécuter », explique Zeinab Safar.

Les échappements des véhicules n'étant pas la seule cause de l'augmentation du taux de plomb dans l'air, le CAIP s'est également penché sur les moyens de limiter la pollution engendrée par les industries, notamment celles qui se trouvent dans des zones habitées. Le projet s'est particulièrement intéressé au quartier surpeuplé de Choubra Al-Kheima, et où se trouve la plus grande fonderie privée en Egypte. La pollution engendrée par cette fonderie a été quasi éliminée alors qu'une autre fonderie a été déplacée vers le quartier Abou-Zaabal.


Le rôle des ONG

Toutefois, malgré ces réalisations, le CAIP n'a pas pu faire du Caire une ville où l'on ne respire pas mal. Pour les spécialistes, ce n'est en fait qu'un premier pas et les efforts, notamment des ONG, doivent se poursuivre inlassablement. « Le projet a lancé les premières étapes sur le chemin de la lutte contre la pollution en Egypte. Ce qui importe désormais, c'est le suivi des responsables et des ONG œuvrant dans le domaine de l'environnement. La fin du projet ne signifie pas la fin du travail. Il faut continuer d'œuvrer pour réaliser l'objectif du CAIP », assure Tareq Guéneina.

En fait, certaines ONG ont déjà commencé à œuvrer dans ce sens. C'est notamment le cas du Bureau arabe des jeunes et de l'environnement qui a entamé un projet depuis à peine deux mois pour sensibiliser les conducteurs de l'importance et de l'utilité de l'utilisation du GNL. Un projet d'un an, doté de 300 000 L.E. et financé par des pays donateurs, dépendant du Service mondial de l'environnement. « Il ne faut pas, lorsque l'assistance financière arrive à son terme, que les efforts s'arrêtent. Et c'est à ce moment-là que nous devons intervenir. Les gens ne font plus confiance au gouvernement, mais se fient maintenant aux ONG. Nous œuvrons donc actuellement pour sensibiliser les habitants de la ville de Guiza, de Choubra Al-Kheima, ainsi que du Caire du danger des échappements. Le bureau effectue également des stages de formation pour les techniciens. En fait, nous invitons toutes les ONG de toute la République pour qu'elles mènent, dans leurs gouvernorats, un travail de sensibilisation. La sensibilisation est à l'origine de tout », explique Mohamad Al-Zarqa, expert de l'environnement auprès du Bureau arabe des jeunes et de l'environnement.

Pour ce qui est des efforts du ministère de l'Environnement, il existe un plan quinquennal pour limiter les polluants. Il consiste à déplacer tous les facteurs de la pollution hors du Caire, à savoir, les fonderies, les usines, les carrières, les charbonnières, ainsi que les ateliers de poterie.

Reste toutefois un problème de taille : celui du smog qui asphyxie Le Caire tous les ans à l'automne et auquel ni le gouvernement, ni les ONG, ni le CAIP n'ont pu y mettre un terme. Une lueur d'espoir toutefois, selon Magdi Allam, expert au ministère de l'Environnement, en juin prochain, seront inaugurées deux usines pour le recyclage de la paille de riz, dont le brûlage est à l'origine de la fumée noire. Encore faut-il convaincre les paysans de ne pas recourir aux méthodes traditionnelles, pour éviter que Le Caire n'étouffe encore plus.

Racha Hanafi

En bref

Marées vertes
La région de la Bretagne en France porte un grand intérêt aux sept chantiers expérimentaux de lutte contre les marées vertes (programme Prolittoral) dans les Côtes d'Armor. Ces marées sont le fruit de mauvais usages, agricoles en particulier. Il est vrai qu'à elles seules, les algues vertes malodorantes, quand elles pourrissent sur des kilomètres de plage, peuvent écorner l'image d'une région touristique comme la Bretagne. Pas moins de 1 650 m3 avaient été ramassés l'an dernier dans la baie sur un chantier de six semaines. Objectif à la hausse cette année : près de 3 000 m3 (2 000 à 2 500 tonnes d'algues vertes) sur huit semaines avec des engins plus puissants. Les responsables affirment qu'ils ramassent chaque année en Bretagne un total de 50 à 60 000 tonnes d'algues vertes. Le ramassage est primordial : les différentes études Prolittoral ont démontré en effet que les algues vertes prolifèrent d'autant moins que la marée verte précédente a été évacuée du site.

OGM
Les Etats membres de l'Union Européenne (UE) ont renvoyé la semaine dernière à la Commission européenne la délicate responsabilité d'assumer une levée du moratoire observé depuis 1999 sur les nouveaux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), en refusant d'autoriser la commercialisation du maïs transgénique BT-11 de la firme suisse Syngenta. Fervent partisan d'une telle levée, le commissaire européen à la Santé, David Byrne, a indiqué que Bruxelles se saisirait du dossier dès la semaine prochaine, en vue d'une décision finale « fin mai, début juin ». La fin du moratoire est un sujet doublement explosif pour l'UE, confrontée aux pressions contraires des Etats-Unis et d'autres membres de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui la réclament à cor et à cris, et d'opinions publiques qui rejettent au contraire massivement les OGM. Le commissaire a réaffirmé sa conviction qu'il s'agissait maintenant pour l'UE « d'autoriser des produits sains en laissant le consommateur décider » de leur achat ou non. Les Amis de la Terre ont appelé Bruxelles à ne pas délivrer de feu vert au BT-11.

Sommet de la terre
Quarante-quatre pays se sont rencontrés la semaine dernière à Tokyo lors du Sommet d'observation de la Terre, pour lancer les bases d'une coopération multilatérale fondée sur le partage d'informations relatives à l'environnement. Cette réunion interministérielle a réuni les membres du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G8), des représentants de la Commission européenne ainsi que 36 autres nations. Elle avait pour but de créer une synergie entre divers outils d'observation de la terre comme les satellites ou les ballons météorologiques afin d'améliorer les modes de production agricole et énergétique ainsi que la prévention des épidémies de malaria ou de fièvre du Nil occidental. Les participants ont signé un programme d'action décennal, qui devrait améliorer le niveau moyen de production en développant des modèles d'analyse du climat, des épidémies ou des besoins énergétiques.

Croissance des plantes
Un schéma de fonctionnement des végétaux, qui pourrait mesurer l'impact de l'environnement sur la croissance des plantes, vient d'être établi à partir de 2 250 espèces de plantes réparties sur toute la planète. Le modèle établi par une équipe internationale d'une trentaine de chercheurs peut relier variations de l'environnement et croissance végétale, une composante essentielle de la biomasse. Des scientifiques viennent d'élaborer, à partir de feuilles du monde entier, un schéma global de l'évolution des propriétés des plantes. Les études précédentes étaient dix fois moins complètes en termes d'espèces considérées et de sites géographiques couverts. La durée de vie d'une feuille, la quantité de protéines fixant le dioxyde de carbone et le rapport entre la masse et la surface foliaire donnent donc des renseignements sur le fonctionnement global de la plante, en particulier sa croissance. Les chercheurs espèrent pouvoir mesurer les effets de l'activité humaine sur les écosystèmes.

 

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