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1er mai . Une manifestation qui devait avoir lieu sur la place Tahrir pour réclamer l'amélioration des salaires et des conditions de vie a été dispersée par les forces de l'ordre.

Grogne sociale

Les manifestants avaient l'intention de se rassembler sur la place Tahrir à l'appel des partis d'opposition, notamment de gauche, et d'organisations non gouvernementales. Ils entendaient réclamer une augmentation des salaires, pour compenser l'inflation, et une amélioration du niveau de vie des travailleurs. Parmi eux figuraient des membres de plusieurs syndicats ouvriers, des professeurs d'universités ainsi que des militants des droits de l'homme. Ils n'ont pas eu le temps de se réunir. Plusieurs centaines de policiers munis de matraques et protégés par des boucliers en plexiglas se sont déployés sur la place et dans les rues qui y mènent et les ont empêchés d'y arriver. Seuls quelques manifestants ont réussi à s'infiltrer sur la place. Les organisateurs de la manifestation dénoncent « la répression exercée par les forces de l'ordre ». Selon eux, le pouvoir « craint les revendications sociales de la population et protège en même temps les hommes d'affaires qui pillent les richesses du pays ».

Tareq Mohamad Sayed, professeur à l'Université du Caire, explique comment les manifestants ont été dispersés par la police alors qu'ils tentaient de se regrouper sur la place Tahrir. « Les forces de l'ordre m'ont violemment battu avec les matraques et m'ont retenu pendant 3 heures dans un café de la place Tahrir. Ils ont fait la même chose avec d'autres manifestants ». Khaled Ali, avocat au Centre Hicham Moubarak pour les droits de l'homme, a lui aussi été interdit d'accès à la place et détenu pendant plus de 2 heures dans un café. « Le même jour, un cordon de policiers a bouclé notre centre. De même, ils ont également bouclé le siège de l'Association de la Haute-Egypte où notre Centre organisait une fête pour célébrer la libération des ouvriers acquittés dans le procès du train d'Al-Ayat qui avait brûlé en février 2002 », critique Ahmad Seiffel-Islam, directeur du Centre Hicham Moubarak pour les droits de l'homme. Et d'ajouter : « C'est un message qu'on essaie de nous faire parvenir : la fermeture de votre centre est imminente ! », affirme Seiffel-Islam.

Les manifestants revendiquaient l'augmentation de 40 % des salaires dans le secteur gouvernemental, pour compenser les effets de la dévaluation de la livre égyptienne face au dollar.

En effet, la crise économique a atteint son summum depuis que le gouvernement a décidé en janvier 2003 de dévaluer la livre égyptienne face au dollar. Celle-ci a perdu 100 % de sa valeur face au billet vert en l'espace d'un an. Résultat : une hausse des prix des produits de consommation estimée à 40 % en moyenne. Ce n'est pas la première fois qu'une manifestation est organisée pour protester contre l'inflation. Une manifestation similaire avait eu lieu le 17 janvier devant l'Assemblée du peuple, organisée par la gauche.

Est-ce le début d'un mouvement de grogne sociale ? Ces manifestations ont certes une portée symbolique. Toutefois, elles reflètent l'état de malaise qui s'est emparé de la société. Le gouvernement sait que les risques d'un dérapage social sont accrus en raison de la crisse économique. C'est pourquoi il a pris plusieurs mesures, dont le rétablissement de la carte d'approvisionnement et la hausse des subventions destinées aux produits de première nécessité pour tenter de calmer l'opinion publique. D'autre part, le gouvernement a renforcé le dispositif de sécurité. « Le gouvernement est sur le qui-vive. Il craint une répétition des événements de 1977 lorsque des émeutes ont éclaté suite à la hausse du prix du pain. Le gouvernement semble incapable d'agir pour freiner la hausse des prix. L'option sécuritaire reste donc la seule valable pour lui », assure Al-Badri Farghali, député du parti du Rassemblement unioniste progressiste (gauche).

Ola Hamdi

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