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Comment mettre en échec
les garanties américaines à Israël ?
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie Le soutien absolu et sans réserve des Etats-Unis à Israël est sans doute la principale entrave à la lutte légitime du peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits et la libération de ses terres occupées. Cet appui sans précédent dans l'histoire moderne a atteint ces derniers temps son paroxysme avec les garanties accordées par le président américain George W. Bush au plan de séparation d'avec les Palestiniens présenté par le premier ministre israélien Ariel Sharon.

Nous n'avons pas besoin de démontrer que ce soutien et ces garanties sont contraires aux résolutions des Nations-Unies et constituent une injustice flagrante faite au peuple palestinien et à ses droits légitimes.

Pour les pays arabes, la question n'est plus d'afficher leur rejet de ces garanties, les capitales arabes l'ayant déjà fait, mais d'aller au-delà, en élaborant une vision d'ensemble et un plan d'action pour mettre en échec cette nouvelle position américaine. Pour y arriver, les Etats arabes doivent agir en harmonie avec les autres puissances internationales qui désapprouvent la position américano-israélienne. Et en premier lieu, les autres membres du Quartette (Union européenne, Russie et Onu).

Le danger que nous affrontons actuellement ne se réduit pas aux garanties accordées par Bush à Israël. Plus importante est l'intention des Etats-Unis de mettre ces garanties en application. L'Administration américaine entend en effet présenter prochainement au Conseil de sécurité de l'Onu un projet de résolution pour officialiser sa nouvelle position en faveur du plan Sharon.

Pour faire face à ce danger, qui risque de faire perdre au peuple palestinien plusieurs de ses droits essentiels, le monde arabe est appelé à prendre une série de mesures. La première revient aux Palestiniens, Autorité nationale et factions. Il s'agit de se mettre d'accord sur un programme national qui définit l'objectif de la lutte de libération. Celui-ci doit se limiter à réclamer les territoires occupés en 1967. Parler de la libération de la Palestine historique, celle de 1948, serait préjudiciable à la cause palestinienne ainsi qu'à la position palestinienne et arabe sur le plan international.

La deuxième mesure est du ressort des gouvernements arabes. Les dirigeants arabes doivent surmonter leur incapacité d'agir et renoncer aux calculs de courte vue. Ils doivent se hâter de formuler un agenda pratique pour le prochain sommet arabe en vue d'offrir à la cause palestinienne le soutien nécessaire, sans négliger l'élaboration d'une vision applicable pour que le peuple iraqien retrouve son indépendance.

Enfin, les pays arabes doivent mettre au point un plan d'action qui mettrait en application leur vision entérinée par le prochain sommet. C'est là le principal défi imposé aux dirigeants arabes dans le prochain sommet. Seront-ils capables de traduire leur vision en un plan d'action ?

La scène internationale est aujourd'hui bien prête à accueillir tout effort opposé au plan israélo-américain qui vise la liquidation de la cause palestinienne. Nous avons tout intérêt à agir rapidement pour profiter des positions internationales en général et européennes en particulier, qui s'opposent à la vision américano-israélienne sur la question palestinienne.

Si certains Etats comme la France ou l'Allemagne s'opposent franchement à la politique américaine au Moyen-Orient, il faut aussi reconnaître que le gouvernement de Tony Blair en Grande-Bretagne qui soutient en principe la politique américaine, témoigne d'une vision différente à l'égard de la cause palestinienne. La diplomatie britannique a refusé les garanties américaines accordées à Israël, les considérant comme une menace à la paix et à la sécurité dans la région.

Si l'on ajoute à la question palestinienne, les autres problèmes auxquels doivent faire face les pays arabes, notamment la crise en Iraq et la questions des réformes, l'on se rend compte qu'il est urgent d'agir. Les dirigeants arabes, qui devraient se réunir en fin du mois à Tunis, n'ont pas le choix. Ils doivent être à la hauteur de leurs responsabilités. Le but étant de parvenir à un règlement politique global et équitable de la cause palestinienne, trouver une issue à la crise iraqienne ainsi qu'une formule modérée pour l'application des réforme dans le monde arabe.

 

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