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Le
soutien absolu et sans réserve des Etats-Unis à Israël est sans
doute la principale entrave à la lutte légitime du peuple palestinien
pour le recouvrement de ses droits et la libération de ses terres
occupées. Cet appui sans précédent dans l'histoire moderne a
atteint ces derniers temps son paroxysme avec les garanties
accordées par le président américain George W. Bush au plan
de séparation d'avec les Palestiniens présenté par le premier
ministre israélien Ariel Sharon.
Nous n'avons pas
besoin de démontrer que ce soutien et ces garanties sont contraires
aux résolutions des Nations-Unies et constituent une injustice
flagrante faite au peuple palestinien et à ses droits légitimes.
Pour les pays arabes,
la question n'est plus d'afficher leur rejet de ces garanties,
les capitales arabes l'ayant déjà fait, mais d'aller au-delà,
en élaborant une vision d'ensemble et un plan d'action pour
mettre en échec cette nouvelle position américaine. Pour y arriver,
les Etats arabes doivent agir en harmonie avec les autres puissances
internationales qui désapprouvent la position américano-israélienne.
Et en premier lieu, les autres membres du Quartette (Union européenne,
Russie et Onu).
Le danger que nous
affrontons actuellement ne se réduit pas aux garanties accordées
par Bush à Israël. Plus importante est l'intention des Etats-Unis
de mettre ces garanties en application. L'Administration américaine
entend en effet présenter prochainement au Conseil de sécurité
de l'Onu un projet de résolution pour officialiser sa nouvelle
position en faveur du plan Sharon.
Pour faire face
à ce danger, qui risque de faire perdre au peuple palestinien
plusieurs de ses droits essentiels, le monde arabe est appelé
à prendre une série de mesures. La première revient aux Palestiniens,
Autorité nationale et factions. Il s'agit de se mettre d'accord
sur un programme national qui définit l'objectif de la lutte
de libération. Celui-ci doit se limiter à réclamer les territoires
occupés en 1967. Parler de la libération de la Palestine historique,
celle de 1948, serait préjudiciable à la cause palestinienne
ainsi qu'à la position palestinienne et arabe sur le plan international.
La deuxième mesure
est du ressort des gouvernements arabes. Les dirigeants arabes
doivent surmonter leur incapacité d'agir et renoncer aux calculs
de courte vue. Ils doivent se hâter de formuler un agenda pratique
pour le prochain sommet arabe en vue d'offrir à la cause palestinienne
le soutien nécessaire, sans négliger l'élaboration d'une vision
applicable pour que le peuple iraqien retrouve son indépendance.
Enfin, les pays
arabes doivent mettre au point un plan d'action qui mettrait
en application leur vision entérinée par le prochain sommet.
C'est là le principal défi imposé aux dirigeants arabes dans
le prochain sommet. Seront-ils capables de traduire leur vision
en un plan d'action ?
La scène internationale
est aujourd'hui bien prête à accueillir tout effort opposé au
plan israélo-américain qui vise la liquidation de la cause palestinienne.
Nous avons tout intérêt à agir rapidement pour profiter des
positions internationales en général et européennes en particulier,
qui s'opposent à la vision américano-israélienne sur la question
palestinienne.
Si certains Etats
comme la France ou l'Allemagne s'opposent franchement à la politique
américaine au Moyen-Orient, il faut aussi reconnaître que le
gouvernement de Tony Blair en Grande-Bretagne qui soutient en
principe la politique américaine, témoigne d'une vision différente
à l'égard de la cause palestinienne. La diplomatie britannique
a refusé les garanties américaines accordées à Israël, les considérant
comme une menace à la paix et à la sécurité dans la région.
Si l'on ajoute
à la question palestinienne, les autres problèmes auxquels doivent
faire face les pays arabes, notamment la crise en Iraq et la
questions des réformes, l'on se rend compte qu'il est urgent
d'agir. Les dirigeants arabes, qui devraient se réunir en fin
du mois à Tunis, n'ont pas le choix. Ils doivent être à la hauteur
de leurs responsabilités. Le but étant de parvenir à un règlement
politique global et équitable de la cause palestinienne, trouver
une issue à la crise iraqienne ainsi qu'une formule modérée
pour l'application des réforme dans le monde arabe.
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