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Déchets solides . Opérationnelle depuis deux ans seulement, la décharge de la Côte-Nord a été définitivement fermée.
La décharge de toutes les polémiques

Contre toute attente, le gouverneur d'Alexandrie a décidé la semaine dernière de fermer définitivement la décharge de la Côte-Nord, qui avait pourtant coûté à l'Etat la coquette somme de 150 millions de L.E. Une décision le moins qu'on puisse dire surprenante, d'autant plus que cette décharge, qui a été opérationnelle depuis 2002, a été construite dans le but de préserver l'environnement. Pourquoi donc un tel gaspillage, alors que l'on vantait ses mérites ? Qui est le responsable de cette catastrophe ? Est-ce l'agence de l'environnement qui a choisi le site ? Ou bien Onyx, la compagnie responsable de la gestion  ?

Les deux, semble-t-il. Un mauvais choix du site et une mauvaise gestion sont ainsi à l'origine de cette fermeture. En effet, les difficultés ont commencé en 2002 dès l'ouverture de la décharge. C'est surtout en été que les premiers problèmes sont apparus, lorsque les vacanciers qui fréquentent les villages touristiques de la Côte-Nord ont commencé à se plaindre, agacés par les proliférations d'insectes (surtout des mouches), et des odeurs nauséabondes résultant, selon eux, de la décharge située au kilomètre 53 sur la route Alexandrie-Matrouh. Dès lors, la presse nationale a commencé à lancer des campagnes virulentes contre Onyx, la compagnie française chargée du ramassage des déchets à Alexandrie et chargée de la gestion de la décharge.

Suite à ces problèmes, le premier ministre a décidé, pour l'été 2003, la fermeture temporaire de la décharge durant les trois mois où les vacanciers affluent vers la Côte-Nord, c'est-à-dire de juillet à septembre. Pendant cette période, une autre décharge près de la ville d'Al-Hamman est utilisée.

Mais en fait, les problèmes remontent à plus loin, bien avant que la décharge ne soit opérationnelle. Le site choisi ne figurait tout simplement pas parmi les 53 sites sélectionnés par les experts de l'environnement. « Nous avons opté pour d'autres emplacement, nous avions fait 53 propositions. Mais le gouvernorat d'Alexandrie voulait ce site-là et le gouverneur nous a demandé de faire une étude pour voir si le choix est convenable », explique un responsable de l'Agence Egyptienne pour les Affaires de l'Environnement (AEAE) ayant requis l'anonymat. Tout en ajoutant : « Notre étude a prouvé que le site ne convient pas car il n'est pas conforme aux normes que nous avions désignées. Mais la décision a été prise en dépit de nos recommandations ».

En fait, le gouvernorat avait opté pour cet endroit car il voulait à tout prix limiter les dépenses de la décharge. Le site choisi était une ancienne carrière de pierre. Le gouvernorat a ainsi voulu faire des économies car il n'avait pas à effectuer les travaux de forage. Pour finir, en voulant économiser, le gouvernorat a jeté en l'air 150 millions de L.E.


L'AEAE et Onyx se renvoient la responsabilité

Pourtant, certains experts estiment que le problème n'est pas lié à l'emplacement mais à la gestion. « En ce qui concerne l'isolement, le site respectait les critères environnementaux les plus stricts mais, à mon avis, il était mal géré », estime le Dr Samia Galal, professeur des sciences de l'environnement à l'Université d'Alexandrie.

Avis évidemment réfuté par la compagnie Onyx, qui se voit ainsi pointée du doigt. Hassan Abaza, responsable chez Onyx, se défend en affirmant que le fait de changer de site ne concerne en rien la compagnie, celle-ci se contentant de se débarrasser des ordures qu'elle collecte dans l'endroit que le gouvernorat lui désigne. « Il est vrai que les surveillants nous faisaient certaines remarques concernant les quantités de liquide dans la décharge durant les jours de pluie. Ce qui est normal, mais l'excès d'eau était dû à la pluie. Quant aux eaux contenues dans les déchets ménagers, elles sont absorbées par nos pompes puis traitées dans les unités de recyclage », indique Hassan Abaza. Ce dernier explique en outre que sa compagnie est experte en la matière, et capable de bien gérer et de régler les problèmes quand ils surgissent. « D'ailleurs, nous n'avons jamais reçu de plaintes officielles concernant une mauvaise gestion ». « Pour nous, cette décision ne pose aucun problème, ce sont des dépenses en plus que l'état va devoir assumer », ajoute Abaza. En effet, le gouvernorat a dû payer à la compagnie une compensation, vu que celle-ci devra désormais utiliser une décharge plus éloignée que celle qui vient d'être fermée.

Mauvaise gestion ou non donc ? Du côté de l'AEAE, on continue d'accuser la compagnie française de tous les torts. Pourtant, quand on leur demande de nous montrer les rapports concernant la gestion de la décharge, ils refusent. « Nous avons un rôle de surveillance, puis nous rédigeons des rapports concernant les travaux dans la décharge, mais on ne peut pas donner des détails à la presse. Les rapports sont dans les bureaux du gouverneur d'Alexandrie et du ministre de l'Environnement », se défend Mohsen Al-Diwani, directeur de la branche de l'AEAE à Alexandrie.

Quoi qu'il en soit, et quelles que soient les raisons véritables de cette décision, la fermeture de la décharge de la Côte-Nord est définitive. Un exemple de plus d'un gaspillage qui aurait pu être évité.

Dalia Abdel-Salam
 

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