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« Le
scandale du siècle », « Le rêve
qui tombe à l'eau », « Profonde déception »,
« Fin de la comédie », « Ce zéro
est un choc qui mérite que l'on réclame des comptes »,
« Le scandale du siècle », « La
défaite de la FIFA », titrait la presse cette
semaine qui, s'éloignant de la politique, s'est largement
penchée sur la « défaite » de l'Egypte,
non seulement parce qu'elle n'a pas été sélectionnée pour
l'organisation de la Coupe du monde 2010, mais surtout
parce qu'elle n'a obtenu aucune voix.
Cette défaite
a provoqué une onde de choc, mais aussi une forte polémique
autant sur le coût des préparatifs, qui s'élèverait à
50 millions de dollars, que sur le dossier lui-même.
« Rendez-vous
compte, nous avons eu zéro ! », titre en
caractères gras le quotidien Al-Akhbar, qui tourne
le couteau dans la plaie en sous-titre : « Le
dossier égyptien n'a rien obtenu ! ».
L'éditorialiste
de l'hebdomadaire Al-Osboue, Moustapha Bakri, s'interroge :
« Comment est-ce possible ? C'est la première
fois dans l'histoire qu'un pays candidat n’obtient aucune
voix. Que penser lorsqu'il s'agit d'un pays qui a 7 000
ans de civilisation ». « Nous avons dépensé
des millions, et on nous dit plein de mensonges, cette
nouvelle défaite vient s'ajouter à tant d'autres. Quand
allons-nous nous remettre en question ... Les
défaites sont devenues notre langage quotidien »,
poursuit Bakri. « Même les plus pessimistes ne
s'attendaient pas à ce résultat choc », écrit
de son côté l'éditorialiste Salah Montasser dans Al-Ahram.
Adel Azam va plus loin et annonce dans l'hebdomadaire
Al-Arabi : « Avant le vote de la FIFA,
l'Egypte a refusé d'acheter 5 voix à 5 millions de dollars ».
Il est clair
que sport et politique se sont tous les deux entremêlés.
« Le jeu de la politique est-il entré avec tout
son poids dans le sport ? D'où des pressions ici
et là », souligne Samir Ragab, éditorialiste
du quotidien Al-Gomhouriya. « Tout le monde
s'imagine que le choix du pays organisateur est une pure
question sportive, qui se détermine sur des critères strictement
sportifs, mais la réalité est, hélas, toute différente :
la question relève de la politique pure, et en politique,
il n'y a aucun plafond infranchissable », a souligné
le chroniqueur sportif d'Al-Ahram Ibrahim Hégazi.
« Le
scandale est beaucoup trop grand pour le laisser passer,
il faut savoir qui est responsable des milliards dépensés
inutilement ». « Les failles du dossier
égyptien dévoilent la corruption ... Les responsables
ont trahi des millions de supporters, et ne cherchaient
que leurs profits personnels », écrit Aymane
Al-Mahdi dans le quotidien d’opposition Al-Wafd.
Par ailleurs,
la mise en place d'une commission d'enquête a été demandée
par le député du PND et directeur du cabinet présidentiel
Zakariya Azmi. « Il faut ouvrir d'urgence une
enquête sur l'utilisation des fonds publics dans le cadre
de la préparation du Mondial 2010 », a déclaré
Zakariya Azmi, qui a demandé que « des comptes
soient réclamés à toute personne qui aurait gaspillé des
fonds publics ».
Al-Sayed
Abdel-Karim, dans Al-Wafd, accuse « la
corruption du milieu sportif en Egypte comme étant le
premier responsable de cette défaite ». Abbass
Al-Tarabili, lui, crie haut et fort dans Al-Wafd :
« Pourquoi restez-vous là, partez, gouvernement,
ministère de la Jeunesse, comité du dossier, Assemblée
du peuple, partez tous ! ». L'affaire
va donc bien au-delà d'une simple défaite sportive, corruption
et politique se mêlent dans un débat qui ne fait que commencer.
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