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Cen-Sad .
Consacré au départ aux questions économiques et de sécurité,
le sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad)
a été dominé par la crise ivoirienne. |
Ferme
soutien à Gbagbo |
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sixième sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad
ou Comessa) s'est achevé dimanche à Bamako (Mali) avec un ferme
soutien apporté au président ivoirien, Laurent Gbagbo, dont
le pays vient d'être admis au sein de cette organisation régionale.
La Côte-d'Ivoire n'était jusqu'alors ni membre ni observateur
au sein de la Cen-Sad.
Le dirigeant libyen,
Moammar Kadhafi, et son homologue malien Amadi Toumani Touré,
dit « ATT », deux influents dirigeants de l'organisation,
ont marqué leur opposition aux interventions étrangères pour
résoudre la crise ivoirienne. La nécessité de compter sur la
« bonne volonté » des Ivoiriens pour trouver
une solution au conflit opposant adversaires et partisans du
président Laurent Gbagbo a été notamment défendue par Moammar
Kadhafi, à l'origine du Cen-Sad en 1998, et son homologue malien
ATT, en présence de M. Gbagbo lui-même.
Le dirigeant libyen
a notamment déclaré : « C'est le peuple ivoirien
qui a élu Gbagbo, donc c'est à lui de prendre la responsabilité
(...) Là-bas (en Côte-d'Ivoire), les fauteurs de troubles
sont des aventuriers ». « Je dis aux Ivoiriens :
Vous avez élu Gbagbo, laissez-le, sans intervention étrangère,
ramener la paix », a-t-il poursuivi. La mention d'« aventuriers »
dans le discours du colonel Kadhafi ayant surpris au sein de
certaines délégations et pouvant apparaître comme une critique
des rebelles ivoiriens, le secrétaire général du Cen-Sad, le
libyen Mohamad Al-Madhani Al-Azhari, a précisé : « Le
guide-frère (Kadhafi) ne pensait pas aux rebelles ivoiriens
quand il a parlé « d'aventuriers », il parlait
des puissances étrangères qui suscitent des troubles en Afrique ».
ATT, qui assure pour un an la présidence tournante de la Cen-Sad
a pour sa part affirmé, à l'issue du sommet, que « quelles
que soient les bonnes volontés qui veulent aider la Côte-d'Ivoire
à résoudre ses problèmes, il appartient aux Ivoiriens de faire
preuve eux-mêmes de bonne volonté ».
Le dirigeant ivoirien
avait fait le déplacement à Bamako pour « faire le point »
sur la situation en Côte-d'Ivoire devant ses pairs. En fait,
il était venu chercher un soutien face à la crise qui secoue
son pays au moment où un rapport de l'Onu sur des violences
à Abidjan, fin mars, accable les autorités ivoiriennes. Le Conseil
de sécurité a demandé vendredi que les responsables des violations
des droits de l'homme constatées lors des manifestations fin
mars à Abidjan rendent des comptes. « Les membres du
Conseil de sécurité notent que, pour résoudre la crise en Côte-d'Ivoire,
il est important de mettre un terme à l'impunité »,
a déclaré l'ambassadeur du Pakistan, Munir Akram, président
en exercice du Conseil de sécurité. « Ils insistent,
a ajouté M. Akram, pour que les responsables des violations
des droits de l'homme, particulièrement celles commises les
25 et 26 mars à Abidjan, rendent des comptes ». Cette
déclaration conclut l'étude à huis clos du rapport d'une commission
d'enquête qui affirme que les violences d'Abidjan, fin mars,
ont fait au moins 120 morts et sont le résultat d'une « opération
soigneusement planifiée » organisée par « les
plus hautes autorités de l'Etat ». |
Coopération régionale
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| Evoquant les
autres questions abordées lors du sommet, notamment en matière
de lutte antiterrorisme et dans le domaine économique, ATT a
estimé que « les bases de l'intégration (économique)
au sein de la Cen-Sad viennent d'êtres renforcées »
grâce à cette réunion. « Nous avons adopté plusieurs
conventions et protocole d'accord, sur la sécurité et le mécanisme
de prévention de gestion des conflits », a dit ATT.
Afin de résoudre « l'épineux problème » de
la rareté de l'eau dans l'espace Cen-Sad, qui « handicape »
l'agriculture, il a été décidé de la création d’une Autorité
de l'eau, a indiqué Amadi Toumani Touré, qui assure pour un
an la présidence tournante de cette communauté. « Nous
avons aussi exigé des pays (membres de la Cen-Sad), la
libre circulation des biens et des personnes, et nous allons
renforcer la sécurité dans la bande sahélo-saharienne, et lutter
contre toute forme d'extrémisme », a poursuivi ATT.
Outre la Côte-d'Ivoire,
le Ghana, le Liberia et la Guinée-Bissau, auparavant observateurs,
ont été admis comme membres de plein exercice, ont indiqué les
organisateurs du sommet qui a rassemblé 15 chefs d'Etat.
Le prochain sommet
de la Cen-Sad se tiendra au Burkina-Faso, à une date non encore
fixée. Créée le 4 février 1998 à Tripoli, à l'initiative du
colonel Moammar Kadhafi, la Cen-Sad regroupe 18 Etats :
le Bénin, le Burkina Faso, Djibouti, l’Egypte, l’Erythrée, la
Gambie, la Libye, le Mali, le Maroc, le Niger, le Nigeria, le
Centrafrique, le Sénégal, la Somalie, le Soudan, le Tchad, le
Togo et la Tunisie. |
Hicham Mourad |
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